Vendeurs installés en bordure des voies à Bobo : Un danger trop négligé !

Malgré la sensibilisation et l’avertissement donné par les autorités, l’occupation anarchique du domaine public, par les commerçants notamment, demeure un véritable embarras dans la ville de Bobo- Dioulasso. Un phénomène négligé de tous qui, pourtant, représente un grand danger de la circulation. Constat.

Le conseil municipal de la commune de Bobo-Dioulasso avait tenu sa première session extraordinaire de l’année 2019, les 11 et 12 mars 2019. Session pendant laquelle les conseillers municipaux avaient planché sur la création d’un comité chargé du déguerpissement des installations anarchiques sur le domaine public notamment sur les bordures des voies.

Si des efforts ont été faits durant ces dernières années, force est de reconnaître que le problème persiste toujours. Vivement que la commune passe vite à l’acte avant que le pire ne se produise.

En effet, parcourir une route bitumée ou non à Bobo-Dioulasso sans voir un commerce anarchiquement installé est quasiment impossible. Pour cause, les propriétaires de ces commerces évoquent le manque de moyens pour les uns et le manque de travail pour les autres. Ainsi, trouvent-ils cette manière comme solution pour gagner quotidiennement leur pain.

Tenez, sur la route bitumée qui mène à l’INSSA ! De part et d’autre, des étalages encombrent les bordures de cette rue où l’affluence des usagers est permanente. Il est 12h, ce mercredi 19 janvier 2022. Nous nous dirigeons vers l’étalage d’un vendeur d’habits communément “yougouyougou”, la friperie.

Entouré de clients qui scrutent par-ci pendant que d’autres discutent le prix de leur choix. Bien qu’illégalement installé, visiblement, ce vendeur qui a requis l’anonymat se frotte bien les mains.

Il est bien conscient du danger mais prétend n’avoir autre alternative que de se contenter de cette activité. « Je ne suis pas tranquille dans mon activité et je suis conscient du danger que nous courrons. Il y a qu’à voir les engins qui nous dépassent actuellement à toute vitesse. Je sais également que ce n’est pas sécurisé car en cas d’accident il peut y avoir de nombreux dégâts. Seulement, nous n’avons pas le choix, je dirai que je n’ai pas le choix, car je ne connais pas la situation des autres commerçants qui sont dans la même situation. Je n’ai pas de moyens adéquats pour me prendre un local. Alors je vends de cette manière. L’emplacement me permet d’ailleurs d’avoir beaucoup de clients», explique le jeune commerçant dont la marchandise est exposée sur le trottoir.

Si du côté de ce dernier, la situation est due au manque de moyen pour avoir un local, ce n’est sûrement pas le cas de cette commerçante, vendeuse de nourriture et de fruits, installée du côté du petit marché de Belleville. Elle est également consciente du fait que son espace n’est pas sécurisé.

Mais elle justifie sa présence dans les lieux par la proximité d’avec son domicile. Effectivement, le domicile de la commerçante est près de son lieu de commerce. Ce qui lui facilite beaucoup le déplacement. Elle souligne l’absence de locaux appropriés pour les acteurs de la zone. « En attendant d’avoir des moyens pour louer un local, je fais avec les moyens du bord. Quand j’aurai un local, je m’installerai là-bas et pour le déplacement je vais devoir gérer si c’est loin de mon domicile. C’est vrai que c’est dangereux et qu’un dérapage peut entraîner des problèmes, mais nous n’avons pas le choix», précise-t-elle.

Qu’importe les raisons, l’occupation anarchique des trottoirs dérange la circulation. Le problème n’a pas que pour victimes les commerçants seulement, mais également les usagers de la route. Et les commerçants installés en bordure des routes sont bel et bien conscients du danger.

Linda Maïssar Gueye/Stagiaire

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