Valorisation des produits locaux: le Burkina Faso veut dynamiser son économie à travers « l’Infrastructure qualité »

La qualité des produits « made in Burkina » est une des conditions qui puissent favoriser leur écoulement sur les marchés national et international ; et garantir du même coup leur compétitivité. C’est pourquoi, le Burkina Faso a adopté le 14 mars 2012, la Politique nationale de la qualité. Cette politique a été révisée en 2016 avec pour objectif de doter le pays d’une Infrastructure nationale qualité, moteur de l’économie nationale, à l’horizon 2025. Ce jeudi 16 juillet 2020, le Ministre en charge du Commerce, Harouna Kaboré a fait une communication relativement à cette infrastructure nationale de qualité. C’était au cours d’un déjeuner de presse à Ouagadougou.

Le ministre Harouna Kaboré et ses proches collaborateurs

Structure chargée de la mise en œuvre de l’Infrastructure qualité, l’ABNORM est constituée de 9 comités techniques de normalisation. Depuis sa création, elle a pu élaborer 732 normes dont 222 normes de produits alimentaires, 51 normes de produits chimiques, 48 normes de textile, 32 normes Covid-19 entre autres.

Elle est l’organe qui certifie de la qualité des produits locaux, selon les critères de normalisation burkinabè. Et les produits, par elle certifiés, sont estampillés du sceau «NBF».

Convaincues que la certification des produits locaux de qualité constitue un début de réponse aux difficultés liées à leur écoulement et à leur compétitivité ; et conscientes des réalités économiques des petites et moyennes entreprises burkinabè, les autorités burkinabè ont pris des engagements visant à accompagner la certification de certains produits locaux.

C’est dans ce sens que l’Initiative 100 produits à certifier a été lancée sous le magistère du ministère en charge du Commerce. La mise en œuvre de ce programme a été possible grâce à l’Etat burkinabè et de nombreux partenaires techniques et financiers.

Ce programme a permis notamment l’inscription de 315 produits, appartenant à 199 entreprises, sur la liste des produits à certifier. La réalisation des audits de 168 produits agro-alimentaires ; la subvention du Programme d’appui à la compétitivité de l’Afrique de l’Ouest (PACAO) pour la réalisation de l’audit diagnostic de 40 entreprises de la filière huilerie et leur mise à niveau par rapport aux référentiels de certification, l’appui à la mise en place des systèmes de traçabilité, du système HACCP et à la démarche qualité de 20 huileries et la certification des huiles produites par 20 unités ont également été possibles grâce à ce programme.

Aussi, les actions engagées dans le cadre de l’Initiative 100 produits à certifier ont permis la certification de plusieurs produits, selon le Ministre Harouna Kaboré.

Il s’agit des eaux minérales, des huiles alimentaires, du beurre de karité, du miel, les viandes de volailles, des farines alimentaires infantiles, des graines de  »mung bean » et ses produits dérivés, l’attiéké, la poudre de moringa, etc.

Ces produits certifiés sont frappés du sceau « NBF » (Norme Burkina Faso), car répondant aux normes de qualité édictées par le Burkina Faso.
Le Ministre Harouna Kaboré a donc invité les unités de transformation de produits locaux à s’inscrire dans la démarche qualité afin de pouvoir bénéficier de tous les avantages y afférant.

De la labellisation

Toujours dans le cadre de son engagement à inscrire les produits du terroir dans la démarche qualité, le Burkina Faso a initié un projet pilote visant à labelliser quatre produits nationaux. Il s’agit du Faso Dan Fani, du chapeau de Saponé, du Beurre de karité et des produits de cuirs et peaux de Kaya.

Des produits locaux

Le processus pour l’atteinte de ces objectifs est enclenché et des résultats probants ont déjà été engrangés avec notamment la finalisation du processus de labellisation du Faso Dan Fani ; la conception et le dévoilement du label du Chapeau de Saponé et le démarrage effectif du processus de labellisation du beurre de karité.

Les efforts devraient se poursuivre et s’intensifier pour que très vite des résultats puissent être atteints selon le ministre, Harouna Kaboré.

Ce dernier a, pour ce faire, insisté sur la nécessité de promouvoir la culture de la qualité afin de permettre au Burkina Faso de tirer toutes les retombées utiles pour son développement.

Il a expliqué que 70% des problèmes rencontrés par les exportateurs sont liés aux mesures non tarifaires et concernent des obstacles techniques au commerce (OTC) ainsi que des mesures sanitaires et phytosanitaires.

Et il n’y a que la mise en place de l’Infrastructure qualité qui puisse permettre la levée de ces barrières non tarifaires, à en croire Harouna Kaboré.

Hamed Traoré/Ouaga

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