Une nuit de couvre-feu avec la police nationale à Bobo : la sensibilisation comme méthode

Dans la soirée du jeudi 26 mars 2020, une équipe de Ouest-Info a été autorisée à suivre la mission de la police nationale chargée de faire respecter le couvre-feu dans la ville de Bobo-Dioulasso. Une partie de patrouille qui a permis de découvrir le travail herculéen qu’abattent les forces de défense et de sécurité parfois défiées par des populations récalcitrantes. Ce qui a retenu notre attention au cours de cette mission, ce sont les enfants et adolescents aperçus dans les rues de certains quartiers du centre-ville pendant l’heure du couvre-feu.

Il est 18h45mn ce soir du jeudi 26 mars 2020 au commissariat central de Bobo-Dioulasso quand nous y faisions notre entrée. Karim Dao, commissaire central de Bobo est face à ses hommes.

Les consignes sont données après bien sûr des encouragements pour l’excellence du boulot abattu. Les ayant surtout invités à la sensibilisation de la population plutôt qu’à la répression, les hommes embarquent dans trois véhicules pick up estampillés ‘’Police Nationale’’.

Il est 19h00 et c’est le début de la mission de ce 6ème jour de couvre-feu. Et nous embarquons avec l’équipe du lieutenant Kassoum Tiendrebeogo.
La mission est de faire respecter le couvre-feu dans la zone du centre à l’ouest de la ville de Bobo-Dioulasso. De 19h à 21h, ce sont les quartiers du centre-ville qui sont sillonnés par le lieutenant Kassoum Tiendrebeogo et ses hommes.

Dans des quartiers comme Koko, Farakan, Dioulassoba, des enfants et des adolescents pullulaient dans les rues pendant l’heure du couvre-feu. Ce fut donc une partie de ronde dans ces quartiers du centre-ville jusqu’environ 21h pour maintenant voir à quelques rares exceptions les rues totalement déserte.

Sur les principaux axes, plusieurs personnes sont interpellées. La présence de la plupart de ces cas est justifiée soit par la possession d’un document tel un laissez-passer ou par des cas urgents.

Pour les quelques cas injustifiés, le chef d’équipe lieutenant Kassoum Tiendrebeogo joue la carte de la sensibilisation. Cette nuit aux côtés de ces hommes qui veillent à la quiétude des populations nous ont imprégnés du boulot abattu sur le terrain.

Sans incident majeur constaté au cours de cette partie de nuit de couvre-feu, le lieutenant Kassoum Tiendrebeogo fait savoir que les gens commencent à se plier aux heures du couvre-feu contrairement aux premiers.

Et c’est aux environs de 22h que nous allons rompre les rangs après que cette partie de la ville soit totalement passée sous le contrôle des éléments du commissaire Dao qui sillonnaient tous les coins et recoins de la zone pour dissuader les indélicats.

Abdoulaye Tiénon & Abdoul-Karim Etienne Sanon

Laisser un commentaire