Transport de personnes par tricycle à Bobo: Un phénomène à la peau dure

A Bobo-Dioulasso, le transport de personnes par tricycle est de plus fréquent malgré la répression et les moyens alternatifs mis en place la municipalité. Ainsi, certaines personnes préfèrent le taxi-moto au bus ou au taxi ordinaire. Qu’est-ce qui explique la persistance de ce phénomène qui comporte beaucoup de risques pour les usagers. Ouest-info s’est penché sur la question et des acteurs expliquent leur choix.

L’utilisation du tricycle comme moyen de transport de personnes à Bobo-Dioulasso est devenue un constat à faire tous les jours. Une situation qui s’explique par plusieurs raisons. Si les propriétaires et conducteurs de ces tricycles ont leurs raisons, les usagers ont les leurs.

Les uns évoquent l’utilisation de l’engin à trois roues comme moyen de transport de personnes afin d’en faire leur gagne-pain. Quant aux usagers, ils parlent de la proximité de la proximité de l’engin avec les populations.

Ainsi pour pouvoir faire face à sa retraite de fonction et subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, Sayouba Bamogo à acheter deux (02) tricycles.

Contrairement à leur vocation qui est le transport de marchandises, les tricycles sont…..

Pour lui, après son admission à la retraite, il fallait trouver une alternative pour arriver à joindre les deux bouts car la pension trimestrielle ne vaut pas grande chose. A-t-il confié ses deux (02) engins à des jeunes conducteurs.

L’objectif était de transporter des marchandises. Mais la réalité était toute autre. Pas assez de marchandises à transporter. Ils se donc résolus au transport de personnes qui est selon eux beaucoup plus rentable.

Grâce à ce business, Sayouba Bamogo tire son épingle du jeu. Il se félicite par ailleurs d’avoir sorti au moins deux (02) jeunes du chômage. Du reste, le sexagénaire rassure que ses deux tricycles sont toujours en règle dans les aspects techniques et mécaniques et ce, pour la sécurité de ceux qui les empruntent comme moyen de transport.

Abordant l’aspect dangereux de ce moyen de transport, Sayouba Bamogo dire croire au destin. « Si Dieu t’a créé pour que tu sois écrasé par un tricycle, même étant à pied ou assis tranquillement chez toi, l’accident peut arriver. » en est-il convaincu.

Pour Zoumana Traoré conducteur de tricycle, depuis qu’il a commencé ce travail, il n’a jamais eu d’accident en circulation.

Tout comme Sayouba Bamogo, il dit être conscient des dangers liés au transport des personnes mais sans emploi, il est selon lui, difficile de faire autrement. « Grâce à ce travail, je gagne ma vie et j’envoie souvent des enveloppes à ma maman et de petits cadeaux aux frères du village » a-t-il fait remarqué les avantages qu’offre ce petit métier même s’il semble être dangereux.

Zoumana Traoré n’entend pas se limiter à gagner juste sa vie dans ce petit métier. Il caresse des ambitions à partir de la conduite de l’actuel tricycle dont il n’est pas propriétaire.

Il fait savoir qu’il épargne également de l’argent espérant s’acheter un jour son propre tricycle pour mettre en circulation et créer plus tard avec la volonté de Dieu une compagnie de transport.

Alima Millogo est vendeuse de condiments dans son quartier. Elle est sûre que tout le monde aimerait emprunter le bus et être dans le confort, mais la difficulté dit-elle, le bus ne transporte pas des marchandises et ne circule pas dans les quartiers. Elle se voit donc obliger de louer les services d’un tricycle qui conduit ses marchandises jusqu’à domicile.

Harouna Zongo est employé de commerce au marché central de Bobo-Dioulasso. Il n’a pas de moyen transport personnel. Il emprunte le tricycle pour se rendre au marché depuis qu’il a quitté l’école pour envisager devenir un commerçant.

……devenus des moyens de transport de personnes à Bobo-Dioulasso

Tout comme dame Millogo, il aimerait bien se faire plaisir en empruntant le bus pour se rendre à son lieu de travail mais le bus n’est pas selon lui, pratique comme le tricycle.

Harouna Zongo, un autre usager de tricycle sait bien que l’usage du taxi-moto comme moyen de transport comporte des risques et des dangers, mais il se dit obliger car c’est pratique et il n’y a pas de restriction dans les destinations.

La difficulté pour lui, c’est qu’il y a des horaires fixes pour les bus qu’il faut retenir. En cas de retard, il faut attendre la prochaine heure. « Le patron ne va pas admettre cela et le client ne peut pas t’attendre non plus. C’est comme dans tous les services, tu répètes le retard plusieurs fois et tu es remplacé » s’est-il justifié. Mais avec les tricycles, à peine tu stoppes un tricycle et voilà un autre qui le dévie. C’est donc un moyen de transport pratique.

Autant de raisons sont avancées par les différents acteurs pour justifier l’utilisation du tricycle comme moyen de transport de personnes. Que faire donc face à cette situation quand on sait qu’il existe un arrêté du maire de la commune qui interdit le transport des personnes par tricycle.

C’est d’ailleurs pour mettre fin au phénomène que les bus ont été introduits à Bobo-Dioulasso. D’autres stratégies sont à trouver pour limiter cette pratique qui fait beaucoup de victimes à Bobo-Dioulasso.

Lass/Ouest-info.net

Abonnez-vous à notre newsletter
Entrez votre e-mail pour recevoir un récapitulatif quotidien de nos meilleures publications.
Copy link
Powered by Social Snap