Siaka Traoré : L’homme qui lutte contre la dégradation de la route Dandé-Kourouma

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Peiné de voir chaque année l’état défectueux de la route Dandé-Kourouma, cet homme s’est résolument engagé à l’entretien et à la réparation de ce tronçon en ces périodes de fin d’hivernage. Traoré Siaka puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un natif de Kourouma, par ailleurs agent de la société des fibres textiles (Sofitex) de la localité. A travers cet acte, l’homme veut apporter sa contribution à l’entretien de la route  mais aussi et surtout, au développement de sa commune.

C’est en 2017 que monsieur Traoré a eu l’idée et la volonté de s’intéresser à la question de l’état défectueux de cette voie qui, bien que souvent arrangée par les autorités communales, se dégrade une fois que l’hivernage s’installe.

C’est pourquoi chaque année à partir du mois de septembre, quand les travaux champêtres diminuent, au lieu de rester à la maison « siffler le thé avec ses amis », le sieur Traoré monte sur son chantier de réparation de la route.

Muni d’une pelle, d’une pioche et d’une daba, il creuse et ramasse du gravier et même des cailloux sauvages qui lui servent à remplir les grands trous.  Il nivelle ensuite les parties bosselées de la voie. Ainsi, travaille-t-il toute la journée pour rendre le voyage agréable aux usagers. Une manière pour lui d’apporter sa pierre à l’édifice.

A la question de savoir s’il attend quelque chose de ce service, sa réponse est sans équivoque.  « Je n’ai jamais été motivé par la question pécuniaire.  Ma seule ambition c’est de voir ma commune prospérer et que dans l’histoire en tant que citoyen,  qu’on puisse retenir que moi aussi j’ai apporté ma modeste contribution au développement de ma commune »  indique-t-il.

Néanmoins certains usagers de passage lui filent quelques pièces d’argent en guise d’encouragement. Et ces gestes ne passent pas inaperçu car cet argent dit-il, est économisé en vue d’améliorer sa condition de travail. Et c’est d’ailleurs grâce à cette action qu’il s’est acheté une brouette qui lui permet de couvrir une longue distance par jour.

 Ainsi, TPR qui signifie « travailler pour rien » est le nom de cette brouette. Comme quoi, ce travail est un sacerdoce et lui n’attend rien de quelqu’un. Pour ce «  patriote engagé », chaque citoyen peut apporter son soutien pour le rayonnement de son pays si seulement la volonté y est. « Souvent c’est le manque de volonté qui nous fait attendre tout de l’Etat », a-t-il soutenu.

Dans la  commune l’homme n’est plus à présenter car son action lui a valu cette réputation. Et le souhait de ce citoyen engagé est que chaque burkinabè s’inscrive dans la logique d’apporter sa pierre à l’édification de sa localité « sans toujours tout attendre des pouvoirs publics ».

Boureima Konaté/stagiaire(Ouest-info.net)

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