Secteur 29 de Bobo: Les populations s’opposent à la mise en valeur d’une parcelle

Ce mardi 05 avril 2022 a été une journée  particulière pour les habitants du non loti du secteur 29 de Bobo.

En effet, un monsieur, du nom de Didier Toe, propriétaire d’une parcelle acquise dans la Zone a voulu mettre sa parcelle en valeur mais les résidents s’opposent catégoriquement. Ils estiment qu’il y a plusieurs décennies, ils ont fait face aux serpents et aux scorpions pour mettre en valeur cette zone  tout en espérant être prioritaires au moment du lotissement. Mais à leur grande surprise, sur un total de 4408 parcelles dégagées dans la zone, seuls 500 résidents  ont bénéficié de parcelles. Le reste a été vendu à des non-résidents.

Excédés par cette situation, les résidents de cette zone désormais considéré comme des « cabris morts » ont décidé d’empêcher par tous les moyens des non-résidents de mettre en valeur leurs parcelles tant qu’eux les résidents ne seront pas satisfaits.

C’est une situation qui existe depuis 2015

A cette époque le gouvernement à travers l’Autorité Supérieure de Contrôle d’État avait entrepris des audits sur les opérations de lotissement dans les différentes villes du Burkina dont la ville de Bobo.

C’est ainsi que dans l’attente des résultats de ces audits, le Président de la délégation spéciale de la Commune de Bobo, a fait un communiqué radiodiffusé demandant la suspension de toutes les opérations de mise en valeur de parcelles dans les zones loties  contestées de la ville de Bobo. C’est un communiqué qui date du 05 mars 2015.

C’est sur ce communiqué  que ces résidents se basent pour continuer à empêcher les non-résidents qui n’ont pas partagés les  souffrances du non lotie avec eux, de venir construire sans se soucier de leur situation.

Après maintes tentatives pour construire sa parcelle, Didier Toe  s’est résolu à porter l’affaire devant les juridictions compétentes. Toujours pas de solutions. C’est alors qu’il a décidé de faire appel à un groupe de jeunes pour un passage en force.

Mais c’était sans compter sur la détermination des résidents. Les jeunes, les vieux, les femmes munies de spatules et de balais et même leurs enfants sont sortis pour empêcher le groupe de jeunes de construire. La situation était très tendue et finalement Didier Toe s’est vu obligé de faire appel à la CRS qui est arrivée sur les lieux à temps. Le pire a ainsi été évité. Les policiers tentent une médiation en vain. Les esprits s’échauffent de nouveau. La tension monte et c’est dans ce tohu-bohu indescriptible qu’une femme donne un coup de spatule à un policier.

L’affaire devient compliquée. L’équipe de la CRS utilise les gaz lacrymogènes ; c’est le sauve qui peut. Les meneurs du camp des résidents sont pourchassés et vite maîtrisés. On revient encore à la négociation et finalement un terrain d’entente est trouvé.

La construction suspendue

Le problème demeure toujours et il appartient au gouverneur de la région de prendre à bras le corps cette situation qui peut sérieusement perturber la paix sociale dans cette zone.

En tout cas les tensions sont très vives et l’absence d’autorités communales habilitées, appelle nécessairement l’implication du gouverneur de la région des Hauts-Bassins.

On ne le dira jamais assez, la véritable bombe qui menace le Burkina Faso c’est bien le problème foncier.

Ben Idriss/Ouest-info.net

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