Saint Valentin 2022 à Bobo: Les vendeurs de cadeaux “n’ont pas fait de bonnes affaires”

Célébrer la Saint Valentin, dite fête des amoureux, le 14 février, c’est une occasion de prouver son amour à son partenaire et beaucoup de personnes sont prêtes à investir pour offrir le plus beau des cadeaux. Et qui parle d’investir parle de dépenser de l’argent. Cette année, l’aspect économique de la Saint Valentin n’était pas très reluisant pour les commerçants de Bobo-Dioulasso. Constat sur le terrain par une équipe de Ouest info.

Le 14 février de chaque année est l’occasion pour certains amoureux de renforcer leurs liens sentimentaux à travers cadeaux et symboles. Et tout cela a besoin d’argent. Et cette année 2022 est toute particulière car les différentes crises que vit le pays n’ont pas offert les moyens nécessaires à une fête qui est considéré par certains comme du superflu.

En effet, les années précédentes les vendeurs de gadgets d’amour profitaient de la Saint Valentin pour faire de bonnes affaires. Mais cette année le marché semble n’avoir pas été au rendez-vous. Jusqu’à la mi-journée de la Saint Valentin, certains commerçants de Bobo-Dioulasso espéraient encore avoir des clients. Mais c’est le lendemain, ce jour 15 février qu’ils se sont rendu compte que la célébration 2022 de la Saint Valentin est toute particulière.

Si autrefois nombreuses gens raffolaient de cadeaux pour cette journée de “l’amour” ou de soirées-diners entre amoureux, cette année, cela semble ne pas être une préoccupation majeure, du fait de la cherté de la vie.

L’argent des cadeaux fait défaut. Du côté des marchés, les clients sont rares. Barakissa Sawadogo ne dit pas le contraire. Elle constate qu’il n’y a pas assez de mouvements. Les gens n’achètent pas de cadeaux et l’ambiance des années passées est absente. « Certains clients viennent mais n’achètent pas comme avant. Cela est dû au fait qu’il n’y a pas l’argent dans les poches. Actuellement pour avoir les marchandises, ça prend trop de temps et le coût de revient est très élevé. A cause de la fermeture des frontières certains clients ne peuvent plus se déplacer », a-t-elle souligné.

Barakissa Sawadogo commerçante au grand marché de Bobo

Parkeur au grand marché de Bobo, Zakaria Traoré n’est pas un adepte de la célébration de cette journée dédiée aux amoureux. Mais il reconnaît tout de même que le 14 février de cette année est inédite. « La Saint Valentin est un non évènement. A tout moment lorsqu’on a de l’argent, on peut acheter un cadeau pour son ou sa bien-aimée. Je constate tout de même que ceux qui avaient l’habitude de cette fête l’ont laissé tomber cette année au regard de la situation économique du pays», a indiqué le parkeur.

Juste à côté de lui, nous essayons d’arracher quelques mots à un passant. « Très sincèrement, je trouve que c’est inutile. Déjà que ladite fête ne cadre pas avec notre culture et nos mœurs, même si certains s’efforcent à vouloir l’adopter. Qu’on le veuille ou pas, la Saint Valentin a été mise en place pour un but commercial. On tente d’inculquer aux gens que la remise de cadeau est obligatoire. Chose que je désapprouve fortement. On n’a pas besoin d’attendre une fête pour faire un cadeau à sa tendre moitié », soutient-il à propos de la célébration de la Saint Valentin.

Pour Safiatou Traoré, vendeuse de gadgets, « cette année le marché est un peu mou. Les autres années, on avait beaucoup de gadgets à proposer mais nous constatons que cette année, les gens cherchent d’abord à se nourrir. Ce qui fait que nos produits ne sont pas assez vendus cette année ».

Situation nationale oblige

L’inflation aurait donc démotivé beaucoup d’adeptes de la Saint Valentin de ma ville de Bobo-Dioulasso. La situation sécuritaire du pays a occasionné des centaines de personnes déplacées internes qui vivent présentement dans la précarité.

Le marché des fleurs n’a pas été rendez-vous

« Cette année concernant la Saint Valentin, la fête est mal placée car les gens n’ont pas la tête à faire la fête compte tenu de tout ce que le pays traverse et la cherté de la vie. Tout augmente. Au lieu de dépenser de fortes sommes dans des cadeaux où des invitations, je pense que donner cet argent à des familles déplacées qu’on croise tous les jours aux feux tricolores serait encore plus bénéfique. En plus de cela tous les circuits pour avoir l’argent sont bloqués. Les affaires sont lentes donc c’est difficile de penser à une fête actuellement », soutient un usager de la route que nous avons interrogé à un feu tricolore.

Même si les commerçants arrivaient quand même à avoir quelques clients, la Saint Valentin de cette année n’a pas vraiment été aux mille feux comme les années précédentes car les priorités sont désormais nombreuses au Faso avec un spectre d’une crise alimentaire qui s’annonce.

Astride Faouzia SANOU /stagiaire (Ouest-info.net)

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