Réouverture du marché de Bobo : une reprise difficile pour les commerçants une semaine après

Une semaine après la réouverture du marché central de Bobo, nous y avons fait un tour pour nous enquérir de l’état de la reprise des activités commerciales dans ledit marché. A l’issu de notre passage, le constat est général. Pas de marché pour les uns et un marché au ralenti pour les autres. C’était le 28 avril 2020.

Dans le cadre de la lutte contre la maladie à coronavirus, le gouverneur de la région des Hauts-Bassins avait ordonné la fermeture des marchés de la région dont le marché central de Bobo-Dioulasso.

Depuis le 30 mars 2020, ce marché a été rouvert le 21 avril soit trois semaines sans activités commerciales sur le site de ce marché. Une semaine après la réouverture du marché, les commerçants dénoncent une reprise difficile. Pour les uns, le marché est lent et pour les autres, il n’y a même pas de marché.

Pour Drissa Sanou, boucher de son état au marché central, la reprise des activités est morose. « Après la réouverture du marché, tout est lent. Concernant le marché, ça ne bouge plus. Cela peut s’expliquer par le fait que la maladie a restreint les libertés. Nos meilleurs clients qui sont les restaurateurs de nuit n’arrivent plus à vendre comme il se doit à cause du couvre-feu. Ils sont donc obligés de baisser leur commande. Avant on pouvait vendre 150 à 200 Kg de viande par jour. Mais maintenant on peine même à vendre 100 Kg de viande. Nous souhaitons donc que la quarantaine et le couvre-feu prennent fin pour que nos activités reprennent normalement sinon en toute sincérité, ça ne va plus » nous a-t-il confié.

Selon Gnaman Traoré, commerçante de légume, il n’y a pas de marché. Elle estime que la clientèle se fait rare car l’accès au marché depuis sa réouverture est soumis à certaines conditions. « Depuis la réouverture du marché, son accès est conditionné par le port de masque. Cela fait que lorsque certains clients se présentent sans masque de protection, on leur interdit l’accès et ils repartent dans les petits marchés pour se ravitailler. Ce qui fait que nous écoulons actuellement nos produits au compte-gouttes. Sincèrement, ça ne va pas et nous prions Dieu pour que les choses rentrent dans l’ordre le plus rapidement possible sinon on se dirige vers la misère » a expliqué Gnaman Traoré.

Des propos que sa voisine commerçante Sarata Sanou corrobore en ajoutant qu’une éventuelle aide des autorités serait la bienvenue car celle déjà reçue est insignifiante.

Commerçant de produits divers, Abdoul Ganiou Touma dit ne jamais connaitre une telle période de mévente. Il explique la situation par la cessation ou tout au moins par le ralentissement des activités économiques dû au coronavirus. Il espère que très bientôt, la maladie sera vaincue et les activités se relanceront de plus belle.

Abdoulaye Tiénon et Abdoul Karim Etienne Sanon

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