Réalisation du barrage de Samendeni: La plate-forme multi-acteurs pour le foncier rural sur les traces des personnes affectées

La réalisation du barrage de Samendeni a touché quelques sept (07) villages qui ont dû être déplacés par le projet piloté par le programme de développement intégré du barrage de Samendeni (PDIS). Ces populations déplacées et réinstallées par le PDIS ont aussi perdu une partie de leurs terres agricoles contre indemnisations. Ainsi après la mise en eau suivie de l’inauguration de cet important projet de développement, l’initiative « Land for life » en collaboration avec la confédération paysanne du Faso et et l’ONG « Welthungerhilfe » ont organisé une immersion avec une partie de sa plate-forme multi-acteurs pour le foncier rural dans la localité du barrage de Samendeni. Objectif, toucher du doigt la réalité de vie des populations rurales déplacées à l’occasion de la construction du barrage notamment sur le plan des terres cultivables. C’était les 19 et 20 mai 2021.

L’initiative Land for life est une organisation qui milite pour la protection du foncier rural. Ainsi, elle a, en collaboration avec la confédération paysanne du Faso(CPF) mis en place une plate-forme multi-acteurs dédiée au foncier rural.

Et après des formations théoriques sur la question, la plate-forme notamment les journalistes membres, s’est intéressée au cas des populations affectées par la construction du barrage de Samendeni.

C’est dans cette dynamique que Land for life et la CPF ont organisé cette sortie d’immersion afin de permettre aux journalistes de la plate-forme d’échanger avec ces populations déplacées du barrage de Samendeni.

Et c’est dans le village de Mangafesso situé dans la commune rurale de Karangasso Sambla que la mission se rendra,  accompagnée d’une délégation du PDIS. En ces lieux, les échanges ont été directs avec les populations.

Le ressenti des populations après leurs indemnisations

C’est une population sortie nombreuse pour accueillir la mission dont l’arrivée leur avait été annoncée. Après avoir pris langue avec ces populations, elles ont souligné le problème de terres cultivables vu qu’elles ont perdu leurs terres contre indemnisations.

Certains d’entre elles ont même dénoncé des promesses non tenues par le PDIS et d’autres quant à eux reconnaissent des efforts consentis par le projet car se disent-ils conscients de l’importance du projet qui est d’envergure et d’intérêt nationaux.

Ce dernier groupe  se réjouit du fait que leur nouveau village ait bénéficié d’infrastructures  notamment des écoles et des routes. En plus, elles reconnaissent que sur les plans de l’eau et de l’énergie, le village a bénéficié d’électricité et de l’eau potable.

De leurs positions quelque peu divergentes, ces populations souhaitent toutes cependant que le PDIS ou toute autre structure pouvant plaider leur cause pour qu’elles puissent bénéficier de projets de développement au profit de leur localité.

Le PDIS recadre certains témoignages des populations

Après l’entretien avec les populations, la mission de la plate-forme multi-acteurs a souhaité une rencontre avec les premiers responsables du PDIS. Avant les échanges sur le projet de réalisation du barrage, nous avons été d’abord conduits sur le terrain pour constater de visu les réalisations faites par le PDIS à travers son plan de gestion environnemental et social (PGES).

Selon le premier responsable du suivi-évaluation de ce plan, Aboubacar Gnamou ce sont au total sept (07) villages qui ont été déplacés à cause de la réalisation du barrage. Et les populations de ces villages ont été réinstallées sur 10 sites aménagés par le PDIS dans son volet PGES.

Ainsi, des CSPS, des pistes de désenclavement, des écoles, des adductions d’eau potable simplifiées ont été réalisées après que les populations aient été indemnisées de leurs biens affectés par la construction du barrage.

Il fait savoir que chaque hectare de champ affecté a été indemnisé à 425 000 FCFA et chaque maison a été indemnisée au moins à 253 000 FCFA sans oublier les tombes indemnisées à hauteur de 50 000FCFA par tombe. Les vergers ont quant eux été indemnisés par plante. Et la liste n’est pas exhaustive.

Tête-à-tête entre le PDIS et les caravaniers

Pour les responsables du PDIS, les indemnisations des terres cultivables visaient à acquérir de nouveaux champs en lieu et place de ceux perdus. Chose que beaucoup des populations affectées n’ont pas compris bien que cela leur ait été bien expliqué.

Toutefois, le PDIS reconnait qu’il y a eu des ratés dans la mise en œuvre du PGES mais qui du reste sont selon eux de moindre importance par rapport aux acquis et aux avantages du barrage.

16000 hectares de terre perdus pour 21000 hectares de périmètre aménagé une fois le projet terminé

Selon les premiers responsables du PDIS, la cuvette du barrage de Samendeni a nécessité un peu plus de 16000 hectares de superficie. Et ce sont ces terres que les populations des sept (07) villages affectés ont perdu.

Mais le projet du barrage une fois à terme, c’est 21000 hectares qui sont prévus d’être aménagés autour du barrage au profit des populations des localités environnantes.

C’est donc dire que la réalisation du barrage apporte un plus aux activités agricoles dans la zone du barrage. Toute chose qui a réjoui le coordonnateur de Land for Life, Blaise Bama, parr ailleurs chef de la mission qui est allée à la rencontre des différents acteurs. Il a cependant posé au PDIS une inquiétude.

Celle de connaître le statut foncier des populations qui ont été affectées par le projet de réalisation du barrage. Et à ses interlocuteurs d’être prudents sur la question vu que les modalités d’attribution des futurs périmètres aménagés ne sont pas encore déterminées.

Ils lui ont néanmoins rassuré que dans tous les cas, ils seront prioritaires à tout autre demandeur de ces périmètres pour exploitation. Sur les 21000 hectares à aménager, ce sont 1500 hectares répartis sur trois sites qui sont en cours de travaux. Et c’est de manière progressive que cette phase du projet sera mise en œuvre.

A terme, le barrage de Samendeni va permettre d’accroître et de diversifier la production agricole. Aussi l’activité de la pêche sera développée sans oublier que le barrage a une vocation hydroélectrique.

Pour rassurer Land for life et la confédération paysanne du Faso, les responsables du PDIS ont échangé en long et en large avec les missionnaires sur tous les aspects du projet surtout sur son volet foncier qui intéresse les deux structures responsables de la mission. Toutefois, le PDIS dit être toujours ouvert à toute sorte d’immersion pour une meilleure compréhension de la mise en œuvre du projet du barrage de Samendeni.

Abdoulaye Tiénon/Ouest-info.net

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