Vente du Sucre à Bobo : Les commerçants se foutent-ils du gouvernement !

Certains commerçants bobolais continuent de narguer le gouvernement, en augmentant à dessein le prix du sucre dans leurs boutiques. Ce, malgré le communiqué du gouvernement qui fixe les montants au détail qui sont de 600 et 750 respectivement pour le kilo du sucre en poudre et en carreaux.

Le mois de ramadan est là. Mois de pénitence pour les musulmans, en même temps, elle est propice pour les commerçants qui vendent le sucre. Tout simplement parce que c’est aussi la période où les gens consomment beaucoup ce produit qui du reste, est de première nécessité.

Sauf que cette année, à Bobo Dioulasso, la surenchère est vraiment de trop. Les commerçants véreux, comme si eux n’étaient pas aussi enfants du Dieu Tout-puissant, profitent pour piller leurs clients en augmentant à leur guise les prix du sucre.

Or, rien que le 16 mars dernier, le gouvernement a publié un communiqué dans lequel il met en garde contre toute surenchère. D’ailleurs, le même communiqué fixe les prix du sucre : 600 f CFA le kilo de sucre en poudre et 750 f CFA le kilo de sucre en carreaux. Et même que pour faire respecter cette disposition, la brigade mobile de contrôle économique et de la répression de la fraude est également sur le terrain.

7 points de vente de sucre pour 4 prix différents

Jeudi 31 mars 2022 à Bobo-Dioulasso.  A cette date précise, le prix du paquet de sucre de 1 kg est variable d’une boutique à une autre.

Vendu à 750 FCFA dans certaines boutiques, il est à 800 voire 850 FCFA ailleurs, le carton de 25 paquets de la SN SOSUCO,  lui,  se retrouve entre 18 750 FCFA et 20 000 FCFA. Visiblement, 1250 FCFA séparent les deux extrémités des différents prix que les commerçants ont fixés à la vente du sucre.

Dans une première boutique située au secteur 17 de Bobo, le carton de sucre coûte 20 000 FCFA et 850 FCFA pour le paquet au détail. Selon le propriétaire qui a requis l’anonymat, la hausse du prix du sucre n’est pas le seul fait des commerçants.« Pour mon cas par exemple, mon grossiste a été victime d’un retard de livraison de la part de la SOSUCO. Du coup ce retard lui a empêché de respecter ses engagements auprès de sa banque. Cela a eu une incidence sur son prêt. Pour rattraper ce gap, il dit être obligé de vendre sa livraison légèrement à la hausse, sinon il ne s’en sortirait pas. Ce qui fait que ça se répercute sur nous qui sommes détaillants », a expliqué le sexagénaire.

A environ 2 km de ce premier boutiquier, un autre plus d’âge vend le carton de sucre SN-SOSUCO à 19 000 FCFA et le paquet à 800 FCFA. Sur ces nouveaux prix du sucre, le boutiquier n’a pas souhaité faire de commentaire.

Dans trois (03) autres boutiques et deux (02) supermarchés de la ville, les prix du même produit ne cessent de varier. 19 500 FCFA et 18 750 FCFA sont deux (02) autres prix du même carton de 25 paquets, appliqués aux clients de ces points de vente. Au détail, les paquets sont vendus entre 750 FCFA et 850 CFA.

Si certains commerçants sont irrespectueux des mesures du gouvernement, il y en a qui s’inscrivent dans la logique

Dans certains points de vente, les gérants disent simplement à leurs clients que leur stock est épuisé. « Il y a du flou autour du prix du sucre en ce moment. C’est pourquoi quand notre stock est fini, nous avons préféré attendre que le gouvernement fixe les prix avant que nous ne fassions notre prochaine commande », a fait savoir le gérant d’une boutique qui dit être en rupture de stock.

Un client visiblement remonté contre la hausse des prix ne croit pas à cette thèse. Pour lui, les commerçants font des stocks pour faire manquer le sucre sur le marché et pouvoir augmenter les prix comme ils veulent.

Pour Ousmane Sanou, un gros consommateur de sucre pendant le ramadan, la hausse des prix des produits n’est pas chose nouvelle mais pour ce qui est du prix du sucre cette année, il trouve cela trop exagéré. Il souhaite que l’Etat procède à un contrôle des prix ou à défaut, mettre en place des boutiques témoins dans toutes les localités du pays. Sinon à cette allure, soutient-il, la bourse du citoyen moyen ne pourra pas supporter ces prix qui évoluent au gré des principaux acteurs du marché.

Pour avoir plus de précisions sur cette variation de prix autour du sucre SN-SOSUCO, nous avons essayé de rentrer en contact avec la direction de la société mais nos tentatives furent vaines.

Abdoulaye Tiénon/Ouest-info.net

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