Quota genre sur les listes électorales au Burkina: a-t-on besoin d’une loi en faveur des femmes?

L’assemblée nationale burkinabè a adopté, ce mercredi 22 janvier 2020, une loi portant fixation de quota et modalités de positionnement des candidates ou candidats aux élections législatives et municipales au Burkina Faso.

Cette nouvelle loi vise à promouvoir une plus grande participation politique des hommes et surtout des femmes et à accroître leur taux de représentation dans les postes électifs.

Cette nouvelle loi apporte une innovation dans le système électoral en imposant un quota de 30% de femmes sur les listes de candidatures présentées par les partis politiques lors des élections législatives et municipales.

A priori, cette décision de l’assemblée nationale est salutaire en ce sens qu’elle apparaît comme un rétablissement d’une injustice sociale envers les femmes qui représentent 52% de la population mais sont à moins de 9% à la représentation nationale.

En rappel, aux élections législatives de 2015, sur les 127 sièges, 11 femmes ont été élues, soit 8,66%. Après les élections municipales de 2016, sur un total de 18 602 conseillers municipaux élus, 2 359 étaient des femmes, soit 12,68% des élus.

Il est donc clair qu’avec cette nouvelle disposition légale, les femmes devraient être plus représentatives dans les sphères de décision.

Mais la question qui mérite d’être posée est celle de savoir si la loi à elle seule, suffit pour que la femme burkinabè occupe la place qui est la sienne dans ces sphères ? Evidemment pas. Ce qui s’impose, c’est la prise de conscience des femmes de ce qu’elles peuvent et doivent participer au développement du pays en se rendant incontournables là où se décide l’avenir du pays.

Cette prise de conscience suppose qu’elles ne doivent plus se contenter seulement de chanter, applaudir et de danser pour les hommes politiques mais plutôt s’imposer de sorte à ce que ces derniers soient obligés de composer avec elles.

Elle suppose également leur refus de servir de bétail électoral tout en se démarquant du « riz gras fumant » qui leur est servit par les hommes politiques lors des campagnes électorales car, l’assemblée nationale où elles devraient siéger en nombre important, n’est pas un lieu pour applaudir, chanter, danser et encore moins manger du riz.

L’assemblée nationale, c’est là où se décide et se dessine principalement le développement socio-économique du pays et l’on ne saurait la confier à des personnes incapables de cerner des enjeux politiques afin de participer utilement aux prises de décisions.

Il est donc tant que les femmes, au lieu de laisser la défense de leur cause à une loi qui n’a d’ailleurs pas de caractère contraignant se ressaisissent tout en se mettant au travail car, c’est un impératif pour elle de participer activement à la vie de la nation compte tenu du taux de l’effectif féminin sur la population totale du Burkina. Sans quoi une loi ne peut en aucun renverser la tendance qui a quasiment un visage mondial.

La rédaction

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