Protection des berges du fleuve Mouhoun : bilan de la mission d’information et de sensibilisation des populations riveraines

Dans le cadre de la libération et du recalibrage du fleuve Mouhoun de la zone d’intervention du PDIS, il a été organisé des rencontres d’information et de sensibilisation des populations riveraines. Ainsi, après ces activités de rencontre, un atelier d’échanges a réuni les différents acteurs notamment les décideurs en vue de trouver une feuille de route pour un processus inclusif de protection des berges et du plan d’eau du fleuve Mouhoun. La rencontre de concertation entre acteurs de la région sur la question s’est tenue à Bobo-Dioulasso, le mercredi 19 août 2020.

Echanger sur la conduite à tenir pour la libération des berges du Mouhoun sur les 96 km à calibrer est l’objectif de la rencontre entre les différents acteurs en charge de la gestion et de la protection de cet important fleuve du pays.

Ainsi, les résultats des travaux de la mission d’information des populations riveraines et des exploitants des rives du fleuve ont été présentés.

De ces résultats, l’on peut retenir que l’action humaine a fortement dégradé les berges et le lit du fleuve de la zone d’intervention du programme de développement intégré de la vallée de Samendeni (PDIS).

Sur les 96 km concernés, ce sont 18 villages qui sont touchés par le projet de libération des berges. Des résultats de la mission, il est ressorti que 12 des 18 villages ont adhéré au projet en souhaitant un accompagnement pour délocaliser leurs activités agricoles.

Les six (06) autres villages se sont montrés réticents. Au cours de la rencontre, les décideurs locaux tels les préfets et maires ont été chargés de travailler à l’adhésion de l’ensemble de ces populations au projet.

Aussi, une des difficultés relevées par la mission est qu’il y a des exploitants des berges du fleuve qui possèdent des titres de propriété. A cette situation, le gouverneur de la région Antoine Attiou qui était le président de la rencontre du jour s’est voulu clair. « Tous ces titres sont nuls car ils ont été délivrés par des autorités locales. Et il est clair que les décisions locales ne peuvent pas primer sur des règles qui leur sont supérieures. C’est donc dire qu’il faut voir global avant de décider local » s’est-il opposé à ces documents de propriété qui ont été brandies.

Coordonnateur du PDIS, Abdoulaye Ouédraogo fait savoir que le déguerpissement des berges du fleuve sera suivi de plusieurs actions dont un reboisement dans le but d’obtenir une forêt galerie.
Pour ce faire, il a invité tous les acteurs à s’impliquer car le projet vise, dit-il, à sauver le fleuve qui se trouve actuellement dans un état de dégradation avancé. « C’est dans l’intérêt de tous que ce cours d’eau soit protégé et sauvegardé. Sinon, telle que l’action humaine s’intensifie autour du fleuve, il risque d’être totalement ensabler et ceux qui exploitent ces zones actuellement perdraient définitivement leurs activités » a-t-il prévenu.

C’est pourquoi, à l’issue des échanges, il a été décidé de continuer les échanges avec toutes les parties prenantes avec la mise en place d’un cahier de charges à la réalisation du projet.

Le délai retenu pour le déguerpissement des occupants des berges a été maintenu au 30 novembre 2020 avec une possibilité d’accorder un délai supplémentaire aux exploitants en attente de récolter leurs produits.

Abdoulaye Tiénon

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