Promotion des filières porteuses : des réformes audacieuses pour booster leur développement

Le 3 juin 2020, à Ouagadougou, le Ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat (MCIA) a partagé sa vision sur les principales réformes entreprises ces deux dernières années en matière d’industrialisation, d’organisation des marchés des produits des filières porteuses, en matière de contrôle relatif à la transformation structurelle de l’économie. Par ailleurs, la situation des prélèvements de recettes sur les exportations de produits a été abordée par les cadres du MCIA. C’était au cours d’un déjeuner de presse.

Dynamiser les secteurs porteurs pour une économie et les emplois. C’est la quintessence de l’axe 3 du Plan national de développement économique et social (PNDES) dont l’ambition est d’améliorer les conditions de vie des populations. La promotion des produits des filières porteuses, à travers leur transformation et leur consommation, occupe une place de choix dans ce dispositif.

Des difficultés, et non des moindres, compromettent l’essor de ces produits des filières porteuses. Toute chose qui a conduit le MCIA, sous le leadership du ministre Harouna Kaboré, à entreprendre des réformes audacieuses.

Celles-ci ont permis la mise en place du Conseil Burkinabè de l’Anacarde (CBA), de la Brigade Mobile de Contrôle et de la Répression des Fraudes (BMCRF).

Seydou Ilboudo, directeur général du commerce

Ces initiatives visent à améliorer le cadre institutionnel d’encadrement, d’appui et d’accompagnement des filières cibles. D’où l’intérêt du présent déjeuner de presse, organisé 3 juin 2020, à Ouagadougou, dirigé par Seydou Ilboudo, Directeur général du commerce.

Stratégie d’industrialisation

Pour corroborer les axes du PNDES, le Burkina Faso a entrepris de jeter les bases d’une industrialisation pour relever les défis de l’accroissement annuel de la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière, d’environ 5% en moyenne d’ici 2023.

C’est pourquoi le pays s’est doté en avril 2019, d’une Stratégie nationale d’industrialisation. A terme, elle permettra de disposer d’un secteur industriel dynamique, compétitif et durable qui accroit sa contribution à la transformation structurelle de l’économie.

Nul doute que la réalisation de cette stratégie passe par la transformation des matières premières locales et les produits des filières porteuses.

Selon Sa Sylvanus Traoré, Directeur général du développement industriel, cette stratégie dans son opérationnalisation, connait de nombreuses réformes pour mieux encadrer les acteurs.

Conseil Burkinabè de l’Anacarde

Créé en mai 2019, le CBA a pour missions et attributions la régulation, le suivi et le développement des activités de la filière anacarde.

La régulation permet entre autres ; de contribuer à la mise en place d’un mécanisme de fixation de prix bord champ minimum garanti aux producteurs et veiller au respect de l’application de ces prix ; d’élaborer et faire respecter des codes de bonne conduite au sein de la filière anacarde ; d’instruire des demandes d’agréments des acteurs de la filière ; de veiller au respect des principes et règles régissant les activités de la filière notamment en matière de commercialisation.

Le suivi a pour rôle de faire procéder à l’audit et au suivi des services concédés au sein de la filière ; de suivre les demandes d’agréments des acteurs, de collecter et gérer les informations techniques, agronomiques, économiques ou financières.

Le développement des activités permet de fournir à produire l’appui-conseil dans le domaine de la production, de la transformation et de la commercialisation ; de contribuer à la formulation de la politique nationale de la stratégie de l’industrie en matière de production, de recherche et de formation et de participer à l’élaboration, à la validation et au suivi du respect des normes de qualités.

Pour l’instant, les ressources du CBA sont constituées des prélèvements effectués en 2018, 2019 e 2020. La filière connait une rentabilité certaine. Sur la période 2018-2019, le montant recouvré est de 5 684 853 095 F CFA. Pour 2020, à la mi-mai, le montant est estimé à 714 080 350 F CFA.

Le Directeur général du CBA, Joseph Zerbo et ses collaborateurs entendent encadrer la filière. Pour ce faire, ils sollicitent l’accompagnement des acteurs.

Prélèvements sur les produits des filières porteuses

De l’avis de Seydou Ilboudo, le processus d’instauration des prélèvements sur les exportations fait suite au souhait des acteurs. A ce jour, ces prélèvements concernent la filière sésame et l’anacarde ; et ce avec la bénédiction des faitières membres de ces inter-professions.

Yacouba Bila, directeur du BMCRF

Instaurés depuis 2018, ces prélèvements ont permis de mobiliser 6 398 933 444 F CFA pour la filière anacarde. La filière sésame a enregistré un prélèvement de 1 266 023 662 F CFA. Ces prélèvements ont pour but de contribuer au développement des filières.

Des mesures ont été entreprises pour lutter efficacement contre la fraude, la contrefaçon et les pratiques illégales et illégales de concurrence. C’est pourquoi le MCIA a procédé à la création de BMCRF et la Direction générale de la règlementation et du contrôle des prix.

Selon Yacouba Bila, directeur de la BMCRF, les actions de contrôles se poursuivent en vue d’assainir le milieu des affaires.

Cheick Traoré

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