Production à grande échelle et transformation du Curcuma au Burkina : Samiratou Zongo veut en être la pionnière

Samiratou Zongo est ingénieure agronome de formation. Promotrice d’une entreprise de transformation et de promotion du gingembre, elle a découvert le curcuma, une plante exotique de la même famille que le gingembre mais qui possède beaucoup plus de vertus thérapeutiques. Ainsi en a-t-elle décidé d’expérimenter la culture de cette plante qu’elle envisage produire à grande échelle et si possible, procéder à sa transformation. Pour ce faire, Samiratou Zongo a mis en place un champ expérimental de plusieurs méthodes de production du curcuma dans la vallée du Kou à Bama.

Le curcuma, une plante aux vertus sédatives incontestables est prisé dans l’alimentation des personnes atteintes de certaines maladies comme le diabète, l’hypertension, les ulcères et autres. Cependant, cette espèce végétale utilitaire se fait rare au Burkina Faso bien qu’elle soit convoitée.

Et c’est Samiratou Zongo, jeune ingénieure agronome formée à l’Institut de Développement Rural (IDR) de l’Université Nazi Boni (UNB), qui s’est engagée à expérimenter la culture de cette plante en vue de sa vulgarisation au Burkina Faso.

Son objectif, maîtriser d’abord les exigences de production de cette espèce végétale. Pour ce faire, elle a usé de plusieurs techniques de production sur sa parcelle expérimentale avec des méthodes de fertilisation différentes.

Le curcuma, une plante aux vertus sédatives incontestables

Et c’est en juin 2021 que le champ a été mis en place avec un strict respect de l’itinéraire technique de production de ces espèces végétales. Le cycle du curcuma étant de 6 mois, il fallait attendre au moins le mois de décembre pour la récolte. Mais elle a attendu un peu plus avant de récolter.

Dimanche 6 février 2022, c’est jour de récolte dans le champ expérimental de production de curcuma de Samiratou Zongo sur une superficie d’environ 500m2. L’expérimentation de cette plante d’origine indienne dans la vallée du Kou vise sa production à grande échelle par la jeune ingénieure agronome qui dispose d’une petite entreprise de transformation et de valorisation de produits issus du gingembre et du curcuma.

Pour ce faire, elle a utilisé deux méthodes de production (sur billon et sur plancher) et deux types de fertilisation (fiente et bouse de vache) sur sa parcelle expérimentale. Ces différentes techniques de production permettront à la jeune agronome de comparer les résultats afin d’adopter la meilleure pour une production à grande échelle.

Comment est née l’idée de la production du Curcuma chez Samiratou Zongo ?

Quand Samiratou Zongo mettait en place son entreprise SAVIZ, c’était pour valoriser seulement le gingembre à travers ses produits dérivés. Et c’est dans cette aventure que la promotrice de SAVIZ va découvrir le curcuma, une plante de la même famille que le gingembre mais plus généreuse en vertu que le gingembre. « Quand on a mis en place SAVIZ, l’objectif était de valoriser le gingembre pour que les gens puissent bénéficier de ses différentes vertus miraculeuses. Avec le temps, on a découvert que le gingembre et le curcuma sont de la même famille et ont tous des vertus. Mais il s’est avéré que le curcuma possède plus de vertus que le gingembre. On déconseille par exemple aux personnes qui souffrent d’ulcères de manger des aliments pimentés notamment le gingembre. Par contre le curcuma est un épice qui soigne les ulcères. Aussi, un essai clinique a démontré qu’un fumeur qui consomme 1,5 gramme de curcuma par jour va contribuer à diminuer les composés cancérigènes de son organisme. Et c’est compte tenu de toutes ces raisons que nous avons décidé de valoriser le curcuma qui se fait encore rare au Burkina Faso », vante-t-elle les valeurs sédatives du curcuma.

L’objectif de Samiratou Zongo, c’était de transformer le curcuma

 L’objectif de Samiratou Zongo, c’était de transformer le curcuma dès qu’elle a découvert ses vertus mais elle a eu une inquiétude. « Quand on a découvert les vertus du curcuma, on a tout de suite pensé à sa transformation. Mais on s’est rendu compte qu’on pourrait être confronté à un problème de matière première car les producteurs de cette espèce végétale sont rares au Burkina. C’est pourquoi, j’ai décidé d’expérimenter sa production afin de pouvoir le produire à grande échelle à l’avenir. A partir de cette production, on pourra envisager la transformation sans se soucier de la disponibilité de matière première » a-t-elle dévoilé ses ambitions en souhaitant avoir un partenaire financier qui accompagnera son projet de production et de transformation du curcuma au Burkina Faso pour améliorer la santé des burkinabè. Sorte de concrétisation partielle de son rêve manqué de devenir pharmacienne.

Abdoulaye Tiénon/Ouest-info.net

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