Parrainage de cérémonies de réjouissance: « sport favori » de l’élite bobolaise

« Personne ne viendra développer Bobo-Dioulasso à notre place ». C’est la phrase qu’ils ont tous à la bouche, ces élites (politiques et/ou économiques) de la capitale économique du Burkina Faso. Si ce refrain sonne comme un appel aux filles et aux fils de Sya à œuvrer pour le développement de la cité, force est de constater que ces élites, en lieu et place d’actions concrètes de développement, sont plutôt des champions de parrainage de cérémonie de réjouissance et de loisir.

Des maires aux ministres en passant par les députés et les cadres de l’administration, ils ont tous ou presque, en commun, « un sport favori » : le parrainage de cérémonie de réjouissance et de loisir.

Les week-ends, surtout à l’orée des élections, Bobo-Dioulasso est leur point de convergence; pas pour le lancement de travaux de construction encore moins l’ouverture officielle d’une usine mais plutôt, pour parrainer un « Djandjoba » ou un tournoi de football généralement organisés par de jeunes diplômés (filles comme garçons) qui sans cesse, crient au chômage.

Cérémonies de réjouissance et de loisir au cours desquelles chacun, selon sa position sociale, tente de confirmer son assise financière. Griots, griottes, artistes musiciens sont alors submergés de billets de banque qu’ils distribuent à tue-tête et ce, devant caméra (s) et appareils photos.

Ces sommes souvent distribuées pourraient, dans une moindre mesure, permettre à un « jeune ambitieux et déterminé » de débuter une « petite affaire » (ou créer une petite entreprise) qui lui sortirait du chômage, donc de la « mendicité ».

Est-ce un manque de prise de conscience des jeunes bobolais quant à cette possibilité (pour façonner leur destin) ou une volonté manifeste de l’élite de maintenir cette frange de la population dans la misère en vue de l’utiliser à un moment pour assouvir ses ambitions électorales ?

En tous les cas, ce n’est pas dans le parrainage des cérémonies de réjouissance que l’on parviendrait à refaire de Bobo-Dioulasso une « vraie capitale économique » où l’activité économique bat son plein. Et comme l’a dit Michel Kafando en 2015, le vrai problème de Bobo-Dioulasso, ce sont les bobolais eux-mêmes.

Inutile donc de se comporter en victimes, arguant à longueur de journée que « Bobo-Dioulasso est délaissé ». La solution selon l’actuel maire de cette ville Bourahima Sanou, « ne viendra de nulle part sinon que des Bobolais eux-même».

Encore faut-il que les élites actuelles qui en principes, devraient coacher les jeunes se départissent du parrainage à longueur des cérémonies de réjouissance pour se pencher sur de véritables questions de développement.

Jack Koné

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