Nouveau code minier: son processus d’opérationnalisation rencontre beaucoup d’obstacles

Selon l’Organisation pour le renforcement des capacités de développement (Orcade), le fonds minier pour le développement local souffre dans son fonctionnement. La raison serait le non-respect du code minier en vigueur au Burkina Faso par les sociétés d’exploitations minières. Et pour exiger la bonne gouvernance dans ce secteur, la société civile demande aux communes minières de suspendre toute collaboration avec les sociétés minières. Ce vendredi 24 mai 2019 à Ouagadougou au cours d’une conférence publique la société civile a lancé un mot d’ordre dont sa levée serait conditionnée par le paiement intégral du fonds minier.

Le directeur des programmes de l’Ong Orcade, Jonas Hien a fait savoir que l’étude sur l’analyse du fonds minier de développement local indique que son processus d’opérationnalisation rencontre beaucoup d’obstacles dans sa mise en place sur la gouvernance du secteur minier en général.

Des participants à la conférence publique

A l’entendre, le comportement des sociétés minières au Burkina Faso ne facilite pas du tout la mise en place de ce fond minier. A l’en croire, si ce fonds était effectivement opérationnel et que les maires bénéficiaient des ressources issues de ce fonds pour mettre en œuvre les projets de développement, cela aurait un impact sur la qualité des vies des populations surtout celles qui vivent sur les sites miniers.

Comme  sommes à payer au fonds minier, selon M. Hien, sur un montant de plus de 3 milliards à payer, la société Essakane a versé 350 millions de francs. La société Semafo, sur un montant de plus d’un milliard, a versé 75 millions de francs Cfa. ‹‹Pour la société Somita qui doit plus de 829 millions n’a versé aucun franc de même que le même groupe qui opère à Bissa gold doitplus de deux milliards n’a encore versé aucun franc›› a précisé M.Hien.


Les lois de la nation bradées par les sociétés minières

Les OSC reprochent à ces sociétés minières de ne pas respecter les lois de notre pays. «Le code minier est une loi. Elle peut avoir des insuffisances. Mais en attendant qu’on ait une autre loi qui corrige ces insuffisance, cette loi doit être respectée» exige M. Hien.

Directeur des programmes de l’Ong Orcade, Jonas Hien

Il dit travailler à prendre le contrôle du secteur minier au Burkina Faso en ce sens que, avance M. Hien «ce qui va être décidé avec les sociétés minières, il faut qu’on soit au débat pour voir si on est tous sur la même longueur d’onde en terme de protection et de défense des intérêts du pays parce que, ce que nous constatons déjà, nous inquiète et nous pensons que nous ne pouvons pas laisser continuer ainsi. Il faut que nous nous assurons que les intérêts du pays sont bien protégés car pour nous, ces intérêts ne sont pas suffisamment défendus».

De son avis, «si elles payent intégralement ce qu’on leur demande au fond minier du développement local, il n’y aura plus de bagarre››. ‹‹Sinon, nous allons travailler désormais avec les communautés sur le site pour qu’il n’y ait plus de collaboration avec les sociétés minières, qu’elles ne donnent plus leurs terres. Cette fois-ci, nous n’allons pas reculer››.

La société civile compte, dans les jours à venir, constituer un large front pour mettre en œuvre cette décision. Elle entend internationaliser cette lutte. «Le Réseau mondial des Ong dans les industries extractives auquel nous appartenons, prendra le relai pour transmettre notre message aux gouvernements des pays d’origines des sociétés minières au Burkina Faso, à leurs partenaires et à leurs actionnaires» a conclut le directeur de programmes de l’Ong Orcade.

Wendlasida Savadogo, corespondant à Ouaga

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