Mois de ramadan en pleine crise sanitaire: les commerçants digèrent mal la situation

La décision de la reouverture des marchés dans la région des Hauts-Bassins a coincidé avec le mois de ramadan, une période de grande consommation de certains produits. Pour ce faire, une equipe de Ouest Info a sillonné le marché central de Bobo-Dioulasso dans la matinée du 28 avril 2020 pour constater comment les commerçants vivent cette période où les ressources financières se font rares.

La reouverture des marchés de la région des Hauts-Bassins a coincidé avec le mois de ramadan, période de grande consommation de certains produits en temps normal.

Mais avec la situation de la maladie, tous les acteurs du commerce sont unanimes que le mois de ramadan 2020 n’est pas comme les autres. Pour Awa Tionou, vendeuse de dattes et d’autres produits prisés pendant le ramadan, le marché de ses produits de commerce ne se passe comme les années antérieures.

« Les années passées, à l’approche du ramadan et même pendant ce mois, on pouvait vendre au moins un sac de 100 kg de dattes par semaine. Mais cette année là, ça ne se passe pas comme on l’aurait souhaité. Depuis la reouverture du marché, il y a une semaine aujourd’hui, on n’a même pas encore pu vendre la moitié du sac de 100 kg. Mais on peut imputer cela à la maladie qui a limité les mouvements des populations. On a beaucoup de clients qui venaient des provinces pour s’approvisionner mais avec la quarantaine, ils ne peuvent pas venir actuellement à Bobo. Mais on espère que la situation trouvera une issue heureuse pour que la vie reprenne normalement de même que nos activités » a-t-elle fait savoir.

Vendeuse de gingembre, de pois sucré, de mil et autres, Mariam Kassamba fait cas d’une situation déplorable car le manque de clients à ces produits en temps de carême musulman était jusque-là inimaginable. Elle ajoute que le peu de clients qui se leur présentent n’ont aussi pas souvent assez d’argent et souhaitent un rabais.

Toute chose qui selon elle, ne les arrange pas. Le souhait de Mariam Kassamba, c’est de voir la vie reprendre son cours normal avant la fin du jeûne afin qu’elle puisse écouler certains de ses produits qui ne se vendent mieux qu’en ces périodes.

Vendeur de sucre, produit prisé en période de ramadan, Abdoul Ganiou Touma trouve le marché de cette année très lent car dit-il, les années antérieures, il pouvait vendre plusieurs cartons de sucre par jour en ces périodes.

Mais avec la situation, il souligne que les gens n’ont plus d’argent surtout que le marché vient de rouvrir. « Le mois de ramadan est la période où l’on vendait mieux le sucre. Mais cette année-là, c’est compliqué. C’est rare même de voir quelqu’un venir prendre un carton comme les années passées. C’est sûr que les gens veulent bien mais la situation leur impose le contraire de leur volonté. Mais nous restons quand même optimistes car on fonde l’espoir que si la maladie finit, on pourra rattraper ce qu’on aura perdu » a-t-il fait savoir.

Notons que le souhait de tous ces acteurs, c’est de voir la fin de la maladie au Burkina Faso afin qu’ils puissent redorer leur blason même après le mois de ramadan.

Abdoulaye Tiénon et Abdoul Karim Etienne Sanon

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