Mise en garde du colonel Bationo : Va-t-on encore nous couper Facebook ?

Disons-le tout net, la mise en garde du colonel major Omer Bationo, ministre de la sécurité, hier 15 mars 2022, n’est pas raisonnable. Même si nous lui concédons que quelque part, publier ou partager des informations, voire des images, en rapport aux attaques terroristes, sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, c’est aussi rendre service à ces fous.

Mais, quoi qu’il en soit, les réseaux sociaux se sont également imposés comme désormais des puissants vecteurs d’information. Tant et si bien qu’il est inimaginable de s’en passer.

Que le colonel n’y pense même pas. Les gens ne vont pas obtempérer. D’ailleurs, ce communiqué du ministre de la sécurité ressemble quelque part à une fuite en avant, si ce n’est tout simplement pas un aveu d’impuissance, face aux agressions terroristes.

Qu’on n’accuse donc pas les facebookeurs. Sinon, que va faire l’armée ? Nous couper encore Facebook au Burkina Faso ? Comme c’était le cas en novembre et en janvier derniers. Dieu seul sait les difficultés que cela a occasionnées chez les utilisateurs. Et pas que seulement au sein des civils…

Sans Facebook, c’est l’hypnose. Hé oui. Ce serait nous mettre le bâillon et bander nos yeux, pour nous empêcher de savoir et dire ce que nos parents dans les campagnes subissent sous le joug des terroristes, tandis que, justement, nos chefs de guerre passent leur temps à surfer (…) sur Facebook.

En refusant aux citoyens la liberté d’informer leurs concitoyens, serait-ce via Facebook, c’est aussi leur récuser un droit fondamental.

Wourodini Sanou

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