Mémorial Thomas Sankara : Pourquoi le site du Conseil de l’Entente ?

Le samedi 2 mars 2019, a eu lieu la cérémonie officielle de découverte de la statue de Thomas Sankara et des 12 bustes de ses compagnons d’infortune. La cérémonie de découverte de la statue et des 12 bustes a eu lieu en présence du chef d’État burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, rwandais, malien et l’ancien chef d’État ghanéen John Jerry Rawlings.

A écouter le président du comité du mémorial Thomas Sankara, Bernard Sanou, le choix du site du Conseil de l’Entente a été retenu au regard de son caractère fortement symbolique. Il précise qu’il apparait à toute évidence psycho-sociale et politique l’endroit le plus parlant, le plus chargé d’histoire concernant la révolution burkinabè. «Son emplacement géographique en plein cœur du monde universitaire et surtout de quartiers populaires dont son quartier d’enfance Paspanga, paraissent pertinent pour le caractère de l’œuvre», a-t-il expliqué.

A l’entendre, ce site autrefois craint par les citoyens ne doit pas rester «hanté et craint» et mérite de devenir un lieu populaire pour dire que le peuple a triomphé des tortures, des pleurs, des assassinats, des angoisses et a recouvert son statut d’antan. C’est pourquoi, a affirmé le président du comité du mémorial, l’image de Sankara permettra de laver toutes les souillures des horreurs qui y ont été commises.

Et pour le président Roch Kaboré, cette cérémonie montre qu’au-delà de l’homme, ce qui est important, ce sont les idées que nous développons. «C’est le fait que ces idées traversent des âges, des générations, des pays parce que, ce que ces idées véhiculent, c’est l’intérêt des peuples de façon générale. Et, aujourd’hui, nous devons être fier qu’au-delà de tout partout dans le monde, les idées de Thomas Sankara demeurent: c’est un acquis fondamental pour les peuples du monde» a-t-il expliqué.

Le second aspect selon le président du Faso, c’est que la révolution démocratique et populaire a permis de positionner le Burkina sur le plan de l’échiquier. Cela a permis également d’augmenter et d’accroitre l’image de notre pays. «Nous devons, à travers l’ensemble de ses œuvres et l’engagement populaire de sa vie, tirer l’ensemble des leçons pour nous même et pour les générations à venir» a souhaité le président Kaboré.

De ses dires, 33 ans après «l’assassinat» de Thomas Sankara, la recherche de la justice est en cours et il a affirmé qu’il «y a espoir que ce dossier puisse être enfin jugé et que les responsables soient connus même si beaucoup ont perdu la vie entre temps pour différentes raisons».

Le ministre en charge de la Culture, Abdoul Karim Sango, et le gouvernement burkinabè se félicitent de telles initiatives et encourage l’ensemble des acteurs à persévérer pour l’aboutissement du processus de réhabilitation de la mémoire de Thomas Sankara et de ses compagnons d’infortune.

A noter que, cette activité de découverte de la statue du père de la Révolution est la première étape d’un ensemble d’infrastructures qui seront érigés en sa mémoire.

Géante de cinq mètres en ronde bosse, entièrement réalisée en bronze patiné à partir de la technique de la cire perdue, symbolise le capitaine Thomas Sankara, la statue est montée sur un socle en béton de trois mètres de haut en forme pyramidale à quatre faces comportant sur chacune de ses quatre faces, trois des douze bustes en haut du relief, symbolisant les douze camarades fauchés du père de la Révolution, a expliqué le concepteur, l’artiste Jean Luc Bambara.

Wendlasida Savadogo, correspondant à Ouaga

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