Maison de la Culture de Bobo: Sonorisation et acoustique, seuls maillons faibles de la chaine de qualité

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Après dix ans de fonctionnement sans discontinuer, la maison de la culture Anselme Titiama Sanon de Bobo-Dioulasso mérite une remise à niveau « comme un engin a besoin de maintenance après un certain temps de service », affirme l’actuel directeur technique de la maison. En cela, il rejoint les préoccupations du directeur général de l’établissement. Dans l’ensemble, pas de soucis majeurs dont le joyau architectural aurait à se plaindre, en dehors de l’acoustique et de la sonorisation pour les prestations musicales notamment. Sa première vocation étant d’ordre culturel.

La maison de la culture de Bobo-Dioulasso est une des principales infrastructures de la capitale économique et de la région des Hauts Bassins au plan culturel. L’établissement a un statut national, avec une vocation d’accompagner les actions de promotion culturelle de l’Etat. Mis en service le 24 mars 2012, il constitue une réponse logique à un manque criard d’infrastructures adéquates à la hauteur de la ville qui accueille des évènements majeurs comme la semaine nationale de la culture (SNC).

Ce cadre professionnel accueille régulièrement aussi bien des activités à caractère culturel qu’extra-culturel. Construit sur fonds propres de l’Etat à environ 7 milliards de FCA, la Maison de la culture Anselme Titianma Sanon a été érigée en Etablissement Publique Administratif (EPA) en 2015 et jouit d’une autonomie de fonctionnement coiffée par un Conseil d’Administration, explique son actuel directeur général, Etienne Lompo. Une autonomie de fonctionnement qui permet à l’établissement de s’auto-financer à environ 45 pour cent (45%), avec un taux de fréquentation « appréciable ».

Si la maison bénéficie d’une attraction architecturale vue du dehors, son importance réside surtout dans l’offre d’espaces dont il dispose à l’intérieur : de nombreuses salles de qualité professionnelle en plus de la salle principale de spectacles et de conférences dénommée Sotigui Kouyaté, artiste comédien de renom.

10 ans de fonctionnement après….

Mais après dix ans de fonctionnement continu, les signes du temps se font relativement sentir. Le directeur général Etienne Lompo affirme en ce sens : « cela fait dix ans que l’infrastructure est en exploitation. Il y’a des équipements qui sont amortis ; d’autres sont devenus vétustes avec l’évolution technologique.  Par ailleurs il est à signaler que depuis la mise en fonction, la grande salle ne remplissait pas toutes les conditions acoustiques. Il y’a des réverbérations que nous sommes en train de traiter. Cela porte évidemment un coup à la qualité des prestations surtout musicales ».

Les autres difficultés « minimes » d’entretien des locaux sont traitées régulièrement pour garder les lieux propres et en perpétuel état de fonctionnement afin de satisfaire les nombreuses demandes.

Et faire face aux dégradations dues à la non-maîtrise de l’usage de certaines installations par les usagers qui n’en sont pas avertis ou n’en connaissent pas le fonctionnement s’ils ne sont pas assistés.

A propos des préoccupations acoustiques qui faisaient objet de « réserves » depuis la réception de l’infrastructure, la direction technique affirme que des démarches sont en cours au niveau de la direction générale, pour y remédier et pour apporter ce qui manque à la sonorisation.

Si le niveau est plus ou moins satisfaisant dans l’ensemble, cette sonorisation a effectivement besoin d’être remise à niveau surtout dans la grande salle de conférence ou le système des enceintes connait quelques avaries.

Que faire sans un budget d’investissement…

Il faudrait une unité de sonorisation fixe qui soit plus performante. Mais ne disposant que d’un budget de fonctionnement, sans un budget d’investissement, la maison doit attendre la bonne volonté des décideurs en ce sens, la gestion financière de l’infrastructure relevant du ministère en charge des finances de l’Etat. « Et vous savez qu’en la matière c’est une question de ligne budgétaire et de priorités ». 

Mais des visites comme celui du directeur du CENASA, Seydou Zongo dit Zêdess (venu partager son expérience en la matière concernant la salle de conférence du CENASA remis à niveau au plan acoustique) et d’autres spécialistes du domaine (comme l’ingénieur du son et directeur général de l’ISIS Dr B. Frédérik Kaboré) attendus dans les prochaines semaines, permettront sans doute de convaincre les décideurs.

« Cette infrastructure vaut trois fois d’autres structures du genre au plan national », fait remarquer, Héma wehamba, ingénieur du cinéma et de l’audio-visuel, actuel directeur technique de la Maison de la Culture de Bobo-Dioulasso depuis novembre 2020.

Signifiant ainsi qu’il lui faut un traitement adéquat et que la Maison devrait faire objet d’une prise en compte prioritaire en matière de remise à niveau d’infrastructures nationales. « Il s’agit avant tout,  de rattraper à temps les détériorations minimes au départ mais qui finissent par occasionner de plus grosses dépenses si elles ne sont pas traitées assez tôt. Tout professionnel de la scène qui rentrera dans cette salle se rendra compte de cette défaillance acoustique ».

Ce serait la principale cause qui repousse certains artistes qui voudraient se produire à Bobo-Dioulasso à la Maison de la culture.  « Or l’infrastructure, en termes d’importance, tient valablement la comparaison avec d’autres du même type dans la sous-région ouest africaine ».

L. Dô Sanon/Ouest-info.net

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