Lutte contre la drogue : les limites de la répression selon REVS PLUS

Pour l’ONG REVS PLUS, il faut changer de regard à l’endroit des consommateurs de drogues. Les politiques de répressions et la stigmatisation ont montré leur limite dans la lutte contre le phénomène, selon l’ONG. C’est le message que cette structure a voulu passer à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’abus des drogues célébrée le 26 juin de chaque année. Une journée que REVS PLUS a commémorée, pour la sixième fois consécutive, à Bobo-Dioulasso.

Charles Somé, chargé de plaidoyer de l’ONG REVS PLUS

C’est la sixième année consécutive que l’ONG REVS PLUS commémore la journée mondiale de lutte contre l’abus des drogues.

Cette année, à Bobo-Dioulasso, sous l’initiative de l’ONG, la commémoration a plutôt été sportive, à travers un cross populaire couronnée par une séance d’aérobic qui a regroupé non seulement les acteurs communautaires, les forces de défense et de sécurité ainsi que le personnel de l’antenne régionale du SP/ CNLS (Secrétariat permanent du Comité national de lutte contre le VIH Sida).

L’après-midi il y a eu un match de football entre les acteurs communautaires et les forces de défense et de sécurité, notamment les élèves de l’école nationale des sous-officiers de la gendarmerie. L’ambiance joviale a permis de découvrir la symbiose et la fraternité entre civils et hommes de tenues d’une même nation.

A travers cette journée, l’ONG REVS PLUS s’inscrit dans la campagne internationale qui a été initiée par International drug policy consortium. Cette structure vient sous le programme « support, don’t punish » (supportez, mais ne punissez pas, en français), interpeller l’opinion à changer son regard sur les personnes consommatrices de drogue, de sorte à ne plus les stigmatiser, mais plutôt que l’on puisse les accompagner sous l’angle de la santé publique.

Selon les organisateurs du cross, il s’est agi d’une journée de promotion des droits des personnes consommatrices de drogue, pour non seulement faire la promotion pour le respect de leurs droits humains, mais aussi interpeller les décideurs pour que de plus en plus il y ait des programmes de réduction des risques. Aussi Charles T. Somé, responsable plaidoyer de l’ONG REVS PLUS, soutient-il que la thématique de drogue touche tout le monde et qu’il est temps d’aller vers une réforme soucieuse de la santé publique des usagers, respectant les droits de l’homme.

« La politique de la répression a montré ses limites. Plus on va les stigmatiser, plus il y aura des politiques répressives à l’endroit des usagers de drogue, plus ils auront du mal à accéder aux services de santé. Ce qui fera que la fin de l’épidémie d’ici à 2030 ne sera pas une réalité, parce qu’il y aura une couche de la population qui n’est pas prise en compte dans les programmes de santé », Charles T. Somé.

Par ailleurs, actualité oblige, le chargé de plaidoyer de REVS PLUS relève aussi que dans le contexte délétère d’aujourd’hui, il est établi le lien entre le grand banditisme, et même le terrorisme, et la consommation de drogue. « Les terroristes qui endeuillent notre nation sont souvent sous l’effet de certaines substances pour pouvoir accomplir leur salle besogne », soutient-il.

Tout compte fait, conclut Charles T. Somé, « les consommateurs de drogue sont des patients qu’il faut accompagner » et réduire la stigmatisation et la discrimination à leur endroit leur permettrait de contribuer également au développement de leur pays.

Wourodini Sanou

image_pdfEn PDFimage_printImprimer le contenu

Laisser un commentaire