Les fausses fesses : Nouvelle arme de séduction des bobolaises

Les « fausses fesses » ! Tant on sait l’attirance pour les grosses fesses chez les hommes en Afrique, il est plus aisé de comprendre pourquoi les filles de Bobo font recours à ce genre de sous-vêtements. Evasion dans l’intimité des bombes humaines artificielles de cette ville carrefour de l’Afrique de l’ouest!

Poussées par la mode, l’exotique et surtout attirées par les parures et autres maquillages des femmes occidentales, les jeunes filles africaines, bobolaises en particulier, ont tendance à ressembler à celles-ci. Aux côtés des mèches en plastique, les femmes des grandes villes d’Afrique ont abandonné le pagne au profit du pantalon ; sans compter d’autres artifices comme le crayon, le rouge à lèvre, les fond de teint, etc. Autres phénomènes nouveaux, les faux cils, les faux ongles, les piercings et tatouages ; une liste qui est loin d’être exhaustive, mais à laquelle il nous a semblé intéressant de comprendre ce qu’il en est des « fausses fesses ».

Contrairement à leur propension à copier les femmes occidentales, cette fois-ci, le phénomène semble avoir pris racine chez des femmes africaines. Les fausses fesses sont dans le vent et prend de l’ampleur chez les jeunes filles de la ville de Sya. Devenues une amie inséparable pour une partie de la gente féminine, les fausses fesses sont devenues du même coup un bon business pour les commerçants qui en vendent.

Dans la ville de Sya, elles ne manquent pas, ces filles qui, pour la plupart sont sveltes ou minces, comme on le dit, qui se procurent les fausses fesses pour se donner une autre apparence physique et «se sentir dans sa peau » ; mais avec de l’artificiel. Mais ces gadgets sont-ils appréciés par tous de la même manière?

Pour un postérieur bien lourd !

Ces fesses sont artificielles ; des culottes remplies avec de la mousse ou de l’éponge et que les femmes utilisent pour avoir une belle corpulence et être attirantes.

Nombreuses sont ces filles qui les utilisent pour masquer leur “disgracieuse forme”, en donnant du volume à leur postérieur. Et au pays des hommes intègres, avoir un postérieur charnu est loin d’être un désavantage pour les femmes. Il s’agit d’un signe de beauté. Dès lors, les filles sveltes sont plus disposées à son utilisation, dans le but de se faire remarquer.

Les fausse fesses permettent également de donner plus de charme à la corpulence et mettent en valeur le style vestimentaire. « Depuis 2020, j’utilise les fausses fesses pas parce que je n’ai pas une belle forme mais parce que ça donne de la valeur à certains de mes habillements », nous confie Aicha Traore, une porteuse de fausses fesses.

Les fausses fesses s’achètent comme de petits pains (photo internet)

Si pour les utilisatrices il s’agit de paraître pour séduire, il faut aussi reconnaitre que la vente des fausses fesses constitue un grand business pour les commerçants qui se remplissent les poches. Ainsi, un vendeur de ces articles au marché central de Bobo confie être dans un business rentable compte tenu de l’engouement des jeunes filles et femmes autour de ces produits. « La vente des fausses fesses est un bon business pour nous puisqu’elles sont beaucoup utilisées de nos jours par la gente féminine, donc l’achat est rapide, ce qui est très bon pour notre chiffre d’affaire », nous a-t-il confié.

Pour s’en procurer, ces bonnes dames n’hésitent  pas du tout à débourser entre 7 500 F CFA et 15 000 F CFA, selon la qualité de la marchandise.

Seulement, comme tout produit nouveau, la mode des fausses fesses dégoûte certaines personnes, hommes comme femmes. Pour Lassina Drabo, « Les fausses fesses sont un moyen de tromper la vigilance de son entourage. Lorsque tu essaies de sympathiser avec une fille à cause de sa belle corpulence et que tu te rends compte par la suite qu’elle utilise cet accessoire, c’est vraiment décevant. Cela fait que de nos jours, les hommes se méfient beaucoup des filles qui ont un physique trop parfait ».

Mais, quoique la question soit très liée à l’intimité même de son usager, allant même jusqu’à choquer la pudeur des traditionalistes, cette hostilité envers ces artifices tend à disparaître progressivement aussi bien dans les rangs des femmes que chez les hommes.

Choisir le moindre des maux…

C’est désormais un phénomène sans tabou, avec une adhésion massive de la gente féminine. « Il y a eu un temps où les femmes ne pouvaient  même pas nous approcher pour demander le prix des fausses fesses, à plus forte raison acheter, de peur d’être pointées du doigt. Je me contentais de faire la livraison à domicile pour celles qui étaient intéressées par ces articles », témoigne un autre commerçant du marché central de Bobo-Dioulasso. « Maintenant, elles ne sont plus complexées, que ce soit pour des renseignements concernant le prix ou pour l’achat », souligne notre interlocuteur.

Elles en portent dans presque toutes les circonstances, en tout lieu et en tout temps, surtout lorsqu’il s’agit de sortie en bonne compagnie et/ou de fêtes. L’usage des fausses fesses est devenu un quotidien pour une certaine catégorie de femmes qui ont leurs raisons à elles. Du reste, Aïcha Traoré nous confesse ceci : « personnellement je ne suis pas complexée lorsque j’en porte du moment que ça ne dérange pas mon entourage ». 

De toute façon, Aïcha Traoré a opté pour l’usage des fausses fesses plutôt que de s’inoculer des hormones nocives, dit-elle, dans le corps ou de recourir à une quelconque méthode chirurgicale. « Il est préférable d’avoir recours aux fausses fesses que d’aller se faire injecter des produits qui pourraient être plus tard nuisibles pour la santé », se défend-t-elle.

Amsatou Coulibaly/stagiaire (Ouest-info.net)

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