Leadership des femmes en politique : le Procab sensibilise à Boromo

Le contexte politique au Burkina Faso n’est pas du tout favorable aux femmes. Peu représentées au sein de l’Assemblée nationale et des conseils municipaux, elles constituent pourtant la plus grande population électorale. De ce constat et en vue de susciter davantage de leadership des femmes en politique, l’Assemblée nationale a initié une série d’ateliers de formation à leur endroit dans plusieurs provinces du pays. Elle est soutenue par le Programme Commun d’Appui à l’Assemblée Nationale du Burkina (Procab) mis en œuvre par le Centre Parlementaire Canadien. L’étape des Balé a eu lieu les 1er et 2 juillet 2020 à Boromo et a regroupé une quarantaine de femmes leaders.

Deux allocutions ont marqué la cérémonie d’ouverture de l’atelier du Procab à Boromo. D’abord celle du représentant du maire pour qui l’organisation d’une telle rencontre est une initiative louable.
Le conseil municipal de Boromo ne compte aucune femme. Aussi le conseiller invite-il les femmes à changer d’attitude et à s’engager davantage en politique.

La seconde allocution qui a également été le discours d’ouverture de l’atelier a été celui du député Luc Yé. Celui-ci a commencé par expliquer les raisons de l’absence du député Kassoum Traoré. Ce dernier étant membre de la commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale ne pouvait pas prendre part à la rencontre, tout simplement parce que l’Assemblée nationale est en session budgétaire.

Les femmes sont sous-représentées dans les instances décisionnelles au Burkina Faso, a remarqué le député Luc Yé. L’Assemblée nationale ne compte que 15 femmes sur les 127 membres. Egalement sur les 370 communes, il n’y a que seulement 09 femmes maires. D’où l’intérêt d’organiser ce genre de rencontre en vue du renforcement des capacités des femmes en politique, a-t-il soutenu.

C’est présentement la période des travaux champêtres, mais cela n’a pas empêché les femmes de la province de venir à la rencontre de sensibilisation en faveur de l’engagement des femmes à la vie politique. « Votre présence atteste donc l’intérêt que vous portez au thème de cet atelier », les a donc encouragées le député Yé .

Dans la province des Balé il n’y a que deux femmes maires, à Pâ et à Bana. Et pour le député il faut faire avancer les choses.

Le député Yé n’a pas non plus manqué de reconnaître que les femmes jouent un rôle important dans le développement économique du pays.

Il a clos son intervention avec ces termes, quand bien même amusantes mais qui sont en fait une critique : « lorsqu’une femme est à l’aise financièrement, sa famille biologique en profite. Alors que les hommes préfèrent investir dans la famille de leur épouse ».

La formation au cours de cet atelier a été assurée par un consultant expert dans le domaine du genre, David Béhi. Avec les participantes, il a entre autres fait l’état des lieux et un diagnostic des difficultés d’accès des femmes à la vie politique, suivis d’une feuille de route contenant des propositions de solution adressée à l’assemblée national et au Procab.

Mamounata Tien invite les femmes prendre leur destin en main

A tout seigneur, tout honneur. Alors au deuxième et dernier jour de l’atelier du Procab, le 2 juillet, les échanges ont été enrichis avec la participation de la députée Rokya Rouamba venue partager son expérience avec les femmes de Boromo.

Les raisons du faible engagement des femmes dans la vie politique sont liées aux pesanteurs socio culturelles, a-t-elle fait remarquer. Elle a indiqué que la loi sur le quota genre adoptée par l’Assemblée nationale vise à obtenir une meilleure représentativité des femmes dans la sphère politique. Comme conseil aux femmes leaders des Bâlé, la députée leur a demandé de faire fi des préjugés.

Les connaissances des femmes des Balé en politique ont été renforcées au cours de cet atelier a l’issue duquel elles ont pris l’engagement de lutter contre les obstacles à leur participation à la vie politique.

C’est ainsi qu’une des participantes, Mamounata Tien, tout en appréciant positivement l’organisation de l’atelier, invite les femmes « à se battre, à prendre leur destin en main ».

Elle les appelle donc à s’intéresser à la politique, « à bannir la peur et les préjugés ». Car « il est temps pour les femmes de se réveiller », s’insurge-t-elle.

Wourodini Sanou

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