La liane : Un fruit aux mille vertus

Produits saisonniers et présents dans plusieurs localités du Burkina, les fruits de la liane sont très prisés par maintes personnes à Bobo- Dioulasso. En cette période de l’année,  on retrouve beaucoup de ces fruits sur le marché. La liane, encore appelé zaban en jula, est reconnue pour ses vertus nutritives et thérapeutiques ; sans oublier que sa commercialisation est aussi une source de revenus assez consistante pour ses promoteurs.

Il est 10h48 ce jeudi 02 juin 2022 lorsque nous arrivons à Baré, un village situé à quelques kilomètres de Bobo- Dioulasso, sur la route de Gaoua. Mais durant notre trajet, nous avons surtout été marqué par cette présence constante de tas de lianes exposés aux abords de la route, de la sortie de Bobo jusqu’à ce village situé à près de 25 km.

En effet, la liane, de son nom scientifique Saba senegalensis, est une espèce écologique appréciée par de nombreux Burkinabè. Son fruit contient des graines enrobées de pulpe jaune orangé très moelleuse, juteuse, acidulée et sucrée. On peut déguster le fruit tel quel ou l’assaisonner.

La liane est une plante qui contient de multiples vertus nutritives. Ses fruits sont transformés en une gamme de produits comestibles très variés. Certains les transforment en jus pour le dessert après le repas, mais souvent aussi à des fins commerciales. C’est le cas de l’entreprise Trans-Co Aliments.

Les vertus des lianes

Pour le responsable de cette société, Moussa Gué, la liane est un produit qui incarne beaucoup de vertus et de nutriments, riche en fibres, en vitamine C et en acide malique. Ainsi avec son équipe, ils transforment les fruits de la liane en jus, essentiellement du jus de liane pure, d’eau et de sucre. Ces fruits sont aussi transformés en d’autres produits tels que le vin, la confiture, le concentré du jus de liane et le vinaigre.

« Les lianes sont des produits déjà conservateurs, nul besoin d’ajouter des additifs lors de la transformation », dixit le responsable de Trans-Co Aliments.

Des fruits de liane prêts à être cueillis

Ces produits sont ainsi distribués dans les marchés, boutiques et autres alimentations au grand plaisir des consommateurs qui apprécient vivement ces produits et chacun à ses préférences.

Comme affirme ce jeune étudiant, Moussa Traoré : « J’aime bien le jus de liane parce qu’il est naturel et a un goût un peu aigre. On peut le boire à tout moment ».

« Moi j’en consomme parce que ça m’apporte de l’énergie et je fais plaisir à mes papilles gustatives », dit un autre usager. Ce fruit est aussi utilisé par les femmes dans la préparation du to.

Non seulement la Saba senegalensis regorge de valeurs nutritionnelles, mais elle a aussi une vertu thérapeutique pour l’homme. Selon les agents du service régional de l’environnement, les plantes séquestrent du carbone et rejette de l’oxygène.

En médecine, les racines de cette espèce sont utilisées dans les soins de la stérilité féminine et la tisane obtenue des feuilles permet de lutter contre les vomissements et les maux de ventre, la gomme extraite de ses tiges est utilisée contre la toux et la tuberculose.

Dans la pharmacopée africaine, les feuilles, les rameaux et les fleurs sont utilisés pour la teinture.

De la cueillette à la commercialisation

C’est une plante grimpante herbacée ou ligneuse à la tige particulièrement souple qui utilise d’autres végétaux comme les arbres mais aussi d’autres supports verticaux, pour monter vers la canopée bénéficiant d’un meilleur ensoleillement. La récolte des fruits se fait pendant la saison des pluies entre mai et août, l’on peut les trouver dans le Grand Ouest du pays, au Sud-ouest, au Centre-ouest aussi.

A Bobo, la récolte se fait dans des villages environnants et dans les périphéries.

Mais c’est aux risques de morsures de serpents, de chutes ou même de blessures que certains hommes du village vont faire la cueillette en brousse. En effet, ils prennent tout ce risque dans le seul but de se faire un peu d’argent et nourrir leur famille. « Ici à Baré, nous cueillons la liane de gaieté, pour soutenir nos femmes dans leur cuisine et nous faire un peu d’argent nous-mêmes », confie Sansou Sanou, un cultivateur du village.

A Bobo, les commerçantes s’en procurent dans les villages environnants à moindre coût pour les revendre dans les marchés et aux abords des voies pour gagner leur pain quotidien.

En ces périodes, la liane constitue une source de revenus pour plusieurs personnes

D’après Mariam Soura, commerçante au marché de fruits et légumes : « nous achetons d’abord les lianes à 1500 f CFA le sac dans les villages, ensuite nous payons des gens pour les rassembler et les mettre dans le car à 250 f FCA et enfin arrivés à Bobo nous vendons le sac à 2000 f CFA ». Elle arrive à se faire un bénéfice de 250 f CFA/ sac et elle vend également en détail, au moins 2 à 3 sacs par jour.

Non loin du hangar de cette commerçante, nous rencontrons Sita Koté, une jeune fille vendeuse de jus qui affirme : « J’achète les lianes au marché pour faire mes jus et les revendre à 500fr le bidon de 1,5L. je ne me plains pas trop car c’est ce petit commerce qui me permet de subvenir à mes quelques besoins ».

Pour protéger et pérenniser la liane et bien d’autres espèces végétales, le gouvernement dans son programme de valorisation des PFNL entend renforcer la capacité des acteurs sur les PFNL et pratiquer des reboisements.

Astride Faouzia Sanou & Aminata Djamila YE/stagiaires  (Ouest-info.net)

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