Journées du groupe parlementaire UPC : Alliance et cohabitation politiques pertinentes en temps de crise sécuritaire

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Ce sont des journées parlementaires actualisées en faveur d’une démocratie apaisée et consensuelle que le groupe parlementaire UPC a tenues ce samedi 11 septembre à la Maison de la culture de Bobo-Dioulasso. Ce qui en fit des temps de paroles des élus, de communications des experts et d’échanges des participants teintés de responsabilité sociale du parlementaire. En témoignent les cérémonies d’ouverture et de clôture.

Prenant la parole à tour de rôle, les présidents et représentants des groupes parlementaires présents à l’ouverture de l’évènement ont tu leurs critiques et divergences éventuelles pour se focaliser sur l’essentiel, à savoir les luttes et préoccupations communes contre les maux et fléaux qui assaillent en ce moment la société burkinabè.

Tous ces soucis auxquels ne peut qu’être sensible le responsable politique transparaissent surtout dans les prises de parole de l’hôte du jour dont le propos a rejoint et élargi les interventions de ses invités. Le Président du groupe Parlementaire UPC, Diamdoba Amadou Dicko a ainsi débuté son discours d’ouverture par un rappel du difficile contexte sécuritaire dans lequel se tient la rencontre.

Les attaques obscures qui prévalent dans certaines régions du pays, faisant des centaines de victimes parmi les civils et les militaires « interpellent la conscience collective à une union sacrée de tous les filles et fils du Faso. », a affirmé ce doyen des députés qui en est à son cinquième mandat de député.

Même si la réserve de sa charge de ministre d’Etat chargé de la réconciliation et de la cohésion sociale l’ont tenu loin du micro, le Docteur Zéphirin Diabré a fait acte de présence et les diverses interventions n’ont pas fait économie du bien-fondé de la création de ce ministère par le Chef de l’Etat et du choix de Zéphirin Diabré pour l’occuper en cette période délicate.

Renforcer l’Etat de droit

Quant aux thèmes abordés, ils ont manifestement été choisis en raison des exigences de l’actualité sécuritaire au plan national et comme un défi à relever : réfléchir sur la consolidation de la cohésion sociale par le renforcement de la gouvernance, la cohabitation et le jeu des alliances en démocratie.

Car aussi sérieux soit-il et concurrentiel entre partis politiques, il s’agit avant tout d’un « jeu », pour produire le meilleur et non le pire. Pourquoi des journées parlementaires de réflexion sur de telles thématiques ? Cela est dû à un constat : « Le député a certes un rôle constitutionnel à jouer mais il a des missions à mener dans le cadre de la construction et la consolidation de la démocratie. Car, une fois les élections terminées, le parlement devientautomatiquement le centre des débats démocratiques. D’où la nécessité due aux députés de s’outiller conséquemment pour apporter leur contribution aussi infime soit-elle pour l’édification et le renforcement de l’Etat de droit ».

Ce rôle devient crucial dans le grave contexte sécuritaire actuel de recrudescence des attaques dans plusieurs localités du pays, mettant à rude épreuve le vivre-ensemble, « il est plus que nécessaire de trouver des voies et moyens pour éviter l’effritement du tissu social ».

Il s’est agi pour les participants de trouver à travers ce cadre de réflexion, des solutions à ces maux dont les populations n’ont que trop souffert. Dans cette optique, la nécessité d’un compromis en politique devient essentielle selon les règles du jeu démocratique.

La tâche d’animer les deux panels a été confiée à deux experts : Docteur Thomas Ouédraogo du centre pour la gouvernance démocratique et Abdoul Karim Saïbou, du centre de formation de l’UPC. Par la présentation de leurs communications et des débats, les parlementaires ont nourri leurs réflexions sur la cohabitation en politique en tant que système de gouvernance et les alliances en politique comme moyens de conquête et de gestion du pouvoir d’Etat.

Mieux cerner les concepts de cohabitation et d’alternance politique

Selon le Président du groupe Parlementaire UPC Diamdoba Amadou Dicko, « la cohabitation pose le problème de la gestion d’un corps bicéphale, produit par deux forces antagoniques qui ont tendance à s’équilibrer (opposition-majorité).  Elle peut être aussi le produit de plusieurs partis en alliance ayant obtenu une majorité qualifiée à l’Assemblée Nationale ».

« Quant à l’alliance en politique, elle pourrait se définir comme un moyen de conquête et de gestion du pouvoir d’Etat. Pour y parvenir, les acteurs ayant les mêmes visions ou défendant les mêmes intérêts mettent en communs leurs forces et leurs intelligences. », a-t-il ajouté. Les deux panels animés par les experts ont permis de se pencher largement sur les tenants et aboutissants de ces concepts clés en démocratie.

Aussi, les participants ont-ils exprimé leur satisfaction d’ensemble dans le rapport lu en fin de journée.

L. Dô Sanon

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