Joseph Zerbo, DG du CBA à propos du prix de la noix de cajou : “nul ne doit vendre ou acheter en dessous de ce prix…”

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Le conseil burkinabè de l’anacarde (CBA) est un établissement public de l’Etat à caractère économique (EPEC), créé le 9 mai 2019. Conformément à sa mission de régulation, de suivi et du développement de la filière anacarde au Burkina Faso, cette structure, à travers son directeur général, a pris part au lancement de la campagne de commercialisation de la noix de cajou, édition 2021, tenue à Banfora le samedi 13 mars dernier. A l’issu de la cérémonie, nous avons tendu notre micro à Joseph Zerbo, puisque c’est de lui qu’il s’agit, afin qu’il se prononce notamment sur les préoccupations soulevées par les acteurs au cours de l’activité.

Les ambitions du CBA pour cette campagne de commercialisation.

Notre ambition, c’est de travailler à faire respecter le prix plancher qui est fixé à 300fcfa/kg. Le prix plancher c’est un prix en dessous duquel il est interdit d’acheter ou de vendre la noix de cajou.

Comment y parvenir ?

Avec la brigade mobile de contrôle économique et de la répression de la fraude (BMCERF), nous allons intensifier les contrôles sur le terrain afin de faire respecter ce prix. Les contrevenants feront face à la loi en la matière.

Le montant du prélèvement à l’exportation

Ces prélèvements qui sont effectués sur les exportations de la noix brute de cajou (25fcfa/kg), sont des ressources qui seront réinjectées dans la filière à travers le CBA. 

Ces prélèvement sont importants en ce sens que ce sont eux qui sont utilisés pour accompagner les producteurs, les transformateurs et les commerçants et ce, pour le bonheur de la filière.

Le vieillissement des anacardiers. Que faire ?

Le CBA est une nouvelle structure. Et comme on le dit, gouverner c‘est prévoir. Et prévoir, c’est connaître. C’est pourquoi nous devons avoir la situation exacte sur le terrain de l’ensemble des éléments qui nous permettrons de prendre des décisions éclairées.

C’est dans ce sens que nous avons déjà entrepris une étude au niveau de la production qui va nous permettre à terme, d’avoir une cartographie des vergers. C’est ce qui va nous permettre d’entreprendre des actions plus sérieuses sur la base des données exactes.

La « lenteur » dans le décaissement de la subvention accordée par le CBA

Avant tout, il faut indiquer que les ressources que le CBA utilise pour accompagner les acteurs sont des ressources publiques dont la gestion obéit à des règles qui ne sont pas propres seulement au CBA.

C’est la nature même des ressources qui impose ces règles.  C’est une situation à laquelle on doit s’adapter pour le moment.

L’accès au marché international

Il faut indiquer que la noix de cajou du Burkina Faso a des vertus et des avantages comparatifs qui ne sont pas assez mis de façon claire à l’attention des acheteurs.  Comparativement à d’autres pays comme la Côte d’Ivoire où l’humidité est très forte, la noix de cajou du Burkina Faso est très bien appréciée parce que la teneur en humidité est très faible et cela améliore la qualité des amandes.

En fonction de ces deux (02) paramètres, le marché est très intéressant.  Notre préoccupation aujourd’hui c’est de travailler à inverser la tendance au niveau de l’exportation qui est faite de façon globale par des étrangers.

Inverser cette tendance veut dire qu’il  faut amener nos grossistes à aller sur le marché international pour comprendre un peu comment l’exportation s’y fait et voir dans quelles mesures le CBA peut accompagner ces derniers à aller signer des contrats importants à l’extérieur.

Toute chose qui va permettre de raccourcir la chaîne de distribution mais aussi d’avoir des gains supplémentaires en termes de revenus. Ce sont des éléments sur lesquels nous allons travailler pour que nous puissions avoir, à l’image d’autres pays, un groupement d’intérêt économique (GIE) qui sera constitué des acteurs de la filière et le CBA peut les accompagner à signer des contrats avec des acheteurs à l’international  au lieu d’attendre que ces derniers viennent ici.

L’agrément

L’agrément n’est pas seulement pour les exportateurs. L’agrément permet d’identifier l’ensemble des acteurs. Elle permet aussi de faire en sorte que les règles que nous nous sommes fixés, nous puissions les respecter.

Avec l’agrément, les achats bord champ sont  interdits. Ce qui va nous permettre de prendre toutes les dispositions pour que les unités de transformations locales puissent disponibiliser permanemment de la matière première. 

Vous n’êtes pas sans ignorer qu’il arrive des moments où nos unités de transformation manquent de la matière première pour tourner au regard du prix parfois très élevé car, dicté par l’extérieur.

Donc, c’est un ensemble d’éléments que nous pouvons mettre en place  à travers l’agrément qui permet le développement durable de l’ensemble des acteurs de la filière afin qu’ils puissent tous tirer leur compte.  C’est ça l’agrément !

Instruction nous a été donnée par le ministre du commerce de faire le tour des régions productrices pour expliquer le bien-fondé  de l’agrément parce que certains acteurs pensent que l’agrément va permettre de les « taxer ». Non ! Ce n’est pas le but de l’agrément. Le but de l’agrément, c’est le développement mais aussi et surtout, la professionnalisation de la filière anacarde.

Jack Koné/Ouest-info.net

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