Jonas Bayoulou, DG de la Sofitex : « Une année sans coton au Burkina, c’est un manque à gagner de plusieurs dizaines de milliards de FCFA … »

Le gouvernement burkinabè a annoncé vendredi 06 mai 2022, la subvention des prix des engrais pour la culture du coton au titre de la campagne agricole 2022-2023, pour une enveloppe de plus de 72 milliards de FCFA (115 000 000 de dollars) afin de soulager les producteurs confrontés à une flambée des prix des engrais « à cause de la crise en Ukraine ».

Cette nième subvention de la filière coton par le gouvernement Burkinabè, avait suscité des gorges chaudes au sein d’une partie de l’opinion qui estime que le coton bénéficie plus que les autres cultures notamment céréalières, de la part de l’Etat.

Face à la presse le vendredi 08 juillet dernier, le nouveau directeur général de la Sofitex a tenu à se prononcer sur la question et ce, suite à une question soulevée par un journaliste. « Avant d’investir, l’Etat procède toujours par avantage comparatif. Et s’il investit chaque année dans le coton c’est parce que ce produit a des retombées bénéfiques pour toute la nation », fait-il savoir.

Pour défendre « l’importance » de la culture du coton dans l’économie du pays, Jonas B. Bayoulou a fait un exposé imaginaire d’une année ‘’n’’ sans coton au Burkina Faso.

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Il a ensuite mis ce vide de production en rapport avec l’apport du coton en termes de devises à l’économie nationale. « Chaque campagne, c’est au moins 70 milliards de FCFA qui circulent dans l’économie rurale grâce à la culture du coton. Sans ce produit, quelle autre spéculation peut combler ce vide ? Grâce au transport du coton, c’est plus de 15 milliards de FCFA que gagnent les transporteurs et c’est plus de 7 milliards de FCFA qui alimentent les caisses de l’Etat. Vous pouvez continuer la chaîne avec les produits du coton tels que l’huile alimentaire, le tourteau et vous verrez l’importance du coton au Burkina » a illustré Jonas B. Bayoulou pour retenir l’attention des Burkinabè qui ignorent encore l’importance du coton dans la vie de la nation.

Subventionner la filière coton, c’est booster aussi la production céréalière selon lui car, « les zones cotonnières sont les meilleures zones productrices de céréales ». « Si l’on se fie aux statistiques, on se rend compte que les zones de production cotonnière sont les meilleures zones productrices de céréales. Cela veut dire que nous mettons aussi à la disposition des producteurs de coton des intrants pour la culture des céréales. Pour chaque trois (03) hectares de coton, nous donnons au producteur un hectare d’intrants pour la culture céréalière. Je pense que les gens doivent mieux s’informer par rapport à ces questions avant de les aborder. Ce que nous disons ici est vérifiable auprès des producteurs de coton » a expliqué le directeur général de la SOFITEX.

Par ailleurs, il invite tous ceux qui hésitent encore à embrasser la culture du coton à s’engager car ses bénéfices sont non seulement profitables aux producteurs mais servent aussi l’ensemble des Burkinabè.

AT/Ouest-info.net

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