Instauration du couvre-feu : une mesure diversement appréciée par des populations de Banfora

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré dans un message à la nation a pris un certain nombre de mesures dont l’instauration d’un couvre-feu sur toute l’étendue du territoire national de 19h à 5h et ce, sur deux semaines. Cette mesure entrée en vigueur le samedi 21 mars 2020 entend endiguer la propagation de la pandémie du coronavirus qui sème la désolation à travers le monde. À Banfora, capitale de la région des cascades, cette mesure est diversement appréciée.

Pour la première nuit de cette mesure à Banfora, les principales artères de la ville se sont vidées progressivement à la tombé de la nuit. Les commerces se sont fermés plus tôt que d’habitude.

Les bars, restaurants, maquis, ciné clubs ont également baissés les rideaux bien que leurs activités connaissent du succès la nuit. Pour les habitants de cette localité, cela va fortement impacter l’économie. Safialba Hema, employé de commerce reconnaît que cette mesure vise à protéger la population mais trouve l’heure du couvre-feu très tôt.

Pour lui, les autorités auraient dû reculer l’heure jusqu’à minuit afin de permettre aux citoyens lambda qui vivent du jour au lendemain grâce à des activités nocturnes de pouvoir continuer « leur business », car dit-il » le Burkina est un pays pauvre et il est compliqué d’opérer un couvre-feu à partir de 19h. « Cela n’arrange pas du tout le secteur informel » clame-t-il.

Quant à Sansade Hien, gérant de maquis, il s’interroge sur la possibilité pour un couvre-feu de pouvoir aider à limiter la propagation du coronavirus. Selon lui, il faut procéder à une vaste campagne de sensibilisation au bonheur du grand public.

Aussi, pense-t-il que le gouvernement a trainé les pas avant de prendre des mesures. « Quand on parle de gouvernement, il s’agit de tout un État qui doit savoir anticiper quand il s’agit de l’intérêt de la nation. Quand on regarde à l’étranger, certains pays avaient fermé leurs frontières aux pays durement touchés et nos dirigeants ont attendu que le pays soit frappé avant d’agir, ce n’est pas sérieux » s’est-il offusqué.

Pour Édouard Tapsoba, résidant de la cité de Sya de passage à Banfora, « le couvre-feu c’est bien, mais l’on pouvait procéder autrement ». Il déplore en effet la répression en cas de non respect de la mesure du couvre-feu.

Du reste, pense-t-il que c’est parce que certaines personnalités du pays ont été frappées que le Président du Faso a enfin décidé de prendre des mesures qui selon lui, sont très sévères.

LD

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