Instauration d’agréments professionnels dans la filière anacarde : le CBA lance une campagne d’information

Le top de départ de la tournée d’information et de sensibilisation des acteurs directs et indirects de la filière anacarde sur l’instauration des agréments professionnels dans la chaine de la filière anacarde au Burkina Faso, a été donné ce mardi 1er juin 2021 dans la commune de Léo. C’était au cours d’une cérémonie qui a connu la participation des autorités régionales et communales, des responsables des structures professionnelles des acteurs de la filière anacarde, des acteurs directs et indirects et des responsables du Conseil burkinabè de l’anacarde (CBA). 

L’anacarde est devenu au fil des années une filière porteuse pour le Burkina Faso. En 2019 en effet, les autorités burkinabè dans leur volonté de mieux organiser ce secteur et lui permettre accroître son apport à l’économie nationale, ont décidé de la création du Conseil burkinabè de l’anacarde (CBA).

Cette structure est ainsi élevée au rang d’Etablissement public de l’Etat à caractère économique (EPEC) avec pour mission principale de réguler, de suivre et d’accompagner le développement des activités de la filière anacarde. Il est doté d’un Conseil d’administration et d’un Direction générale basée à Bobo-Dioulasso.

Apport de La filière à l’économie nationale

L’apport de la filière anacarde à l’économie nationale est important. En 2018, ce sont 117,11 milliards de FCFA qui ont été générés par l’exportation des noix de cajou. Au regard du potentiel réel de cette filière, des acteurs estiment que ces recettes pourraient être optimisées si les difficultés qui minent le secteur étaient résolues.

Les acteurs fortement mobilisés pour prendre part à la rencontre d’information

Ces difficultés qui sont d’ordre structurel se résument  l’inorganisation de la filière qui entraîne souvent le non-respect du prix planché fixé. Pour les responsables du CBA, ce manque d’organisation de la filière a fait chuter les recettes liées à l’exportation  de l’anacarde à 55,78 milliards de FCFA en 2019, soit une baisse de 52,36%.

Il apparaissait donc nécessaire aux yeux du CBA de contenir cette mauvaise performance et permettre à la filière anacarde d’impacter comme il se doit le développement socio-économique du Burkina Faso.

L’instauration des agréments

Dans le but de mieux organiser la filière, le CBA a initié un projet d’instauration d’agréments professionnels pour la commercialisation de la noix brute de cajou au Burkina Faso. Un projet qui n’a toutefois pas été suffisamment compris par les acteurs directs et indirects de la filière. Toute chose qui a jeté un froid dans les rapports entre le CBA et certaines organisations professionnelles des acteurs de la filière anacarde.

Face à cette situation, le CBA et ses partenaires, sur instruction du Premier ministre Christophe Joseph Marie Dabiré, ont décidé de conduire une tournée de sensibilisation des acteurs directs et indirects de la filière anacarde sur l’instauration de ces agréments. Et cette mission va concerner les quatre principales régions productrices d’anacarde au Burkina Faso. Et ce sont les acteurs de Léo qui ont été les premiers à accueillir le CBA et ses partenaires pour des échanges autour du projet d’agréments.

Des échanges francs et directs pour un meilleur avenir de la filière

.Et pour cette première étape de la tournée, le CBA et ses partenaires ont échangé avec les acteurs directs et indirects de la région du Centre-Ouest à Léo.

Pour le choix porté sur sa commune, le maire de Léo a salué le CBA et ses partenaires. Il a rappelé l’importance de la filière anacarde dans le développement économique de sa commune. Pour ce faire, il a invité les acteurs de la filière à participer activement aux échanges afin d’harmoniser les points de vue et trouver la meilleure formule qui permettra au Burkina Faso d’assainir le circuit de commercialisation de l’anacarde.

Joseph Zerbo est le DG du CBA

Après avoir suivi une présentation générale du CBA ; ses missions, son fonctionnement et ses objectifs ; les acteurs participants à la rencontre ont pu par la suite mieux comprendre le fond de l’avant-projet de l’instauration d’agréments dans la filière anacarde. Directeur général du CBA, Joseph Zerbo et ses collaborateurs ont fait savoir à leurs interlocuteurs que les agréments n’ont autre but que d’assainir le circuit de commercialisation de l’anacarde afin d’éjecter du circuit,  les acteurs véreux.

L’agrément sera donc un début de réponse à l’anarchie qui existerait dans la commercialisation de l’anacarde, selon Joseph Zerbo. Ainsi trois types agréments sont proposés dans le projet. Il s’agit de l’agrément de catégorie A destiné aux exportateurs d’anacarde; l’agrément de catégorie B pour les grossistes et l’agrément de catégorie C à l’endroit des transformateurs locaux.

La procédure et les conditions d’acquisition de l’agrément ne sont pas encore fixées mais le CBA a précisé qu’il auront une durée de validité d’une année.

Les échanges directs qui ont suivi la présentation de l’avant projet ont permis aux producteurs et aux commerçants d’exprimer leurs inquiétudes sur certains aspects de cet avant-projet.

Entre autres, certains estiment que le coût, les procédures et les conditions d’acquisition de l’agrément devraient être proposés pour appréciation. D’autres quant à eux craignent que les agrément ne puissent lutter efficacement contre ceux qu’ils visent à écarter.

Des commerçants, en général, ont émis plusieurs insuffisances à prendre en compte pour adapter ce projet au contexte réel, sans quoi le projet court le risque de ne pas bénéficier de soutien de la part des acteurs.

Au terme des échanges, le CBA et ses partenaires ont témoigné leur satisfaction quant à la bonne tenue de l’étape de Léo et surtout de la qualité des échanges. Ils ont indiqué avoir pris bonne note et que le 15 juin prochain, un rapport détaillé sera fait et apprécié par l’ensemble des acteurs à Bobo-Dioulasso.

Cheick Traoré/Ouest-info.net

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