Henriette Kaboré : Une des rares femmes conductrice de bus à Bobo

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Agée de 38 ans, Henriette Kaboré est l’une des rares femmes conductrices de bus dans la ville de Bobo-Dioulasso. Entre passion et envie de s’imposer dans un métier jadis pratiqué par les hommes, la jeune dame fait parler d’elle (en bien) tant au niveau de sa hiérarchie que des usagers qui quant à eux, apprécient la prudence avec laquelle elle manie le volant.

Conduire un bus est en effet,  la concrétisation d’un rêve d’enfance pour elle. « Depuis le bas âge, j’apprécie ce métier » lance-t-elle avec enthousiasme.

C’est en 2020 que cette jeune dame de niveau de la classe de 3ème, décide de vivre son rêve. Elle se lance ainsi dans la formation en vue d’obtenir le permis de conduire, et l’obtient avec brio (catégorie D).

Un pas de franchi donc. Et rien ne l’arrête. Elle sollicite et obtient un stage à la Sotraco/Bobo (société de transport en commun).  Un stage qu’elle effectue d’ailleurs avec « dévouement ». Les compliments de sa hiérarchie convainc cette dernière quant à sa capacité à faire carrière dans ce métier.

Suite à un test de recrutement lancé par la société dans laquelle elle a effectué son stage, la jeune dame est admise. Et depuis 2020, elle a le statut de conductrice de bus, une des rares femmes d’ailleurs dans ce domaine au niveau de la capitale économique du Burkina Faso. Et c’est avec passion qu’elle exerce son métier. « Conduire un bus est un plaisir pour moi » soupire-t-elle.

« Henriette est une conductrice exemplaire…. »

Le travail d’Henriette est apprécié par plus d’un. Du responsable de la société au niveau de Bobo-Dioulasso à ses collaborateurs directs, tous  admirent son dévouement. « Henriette est une conductrice exemplaire. Exemplaire pour son assiduité, son engagement, sa motivation dans le travail » nous confie Luc Mano, directeur régional de la Sotraco/Bobo.

En plus d’être assidu ajoute-t-il, Henriette est très à l’écoute de sa hiérarchie et met en pratique (à la lettre) les consignes d’exploitation. « Chez nous à la Sotraco, la vitesse est limitée. Les horaires de départ et la durée d’arrêt au niveau des arrêts sont bien fixes. Henriette les respecte à la lettre. Avec les collègues, elle  entretien de bonne relation. Ce qui permet d’avoir un bon climat au travail. Henriette est une conductrice prudente. Depuis qu’elle travaille dans la société, je n’ai pas encore entendu une plainte de la part des usagers à son égard » lui a-t-il complimenté.

Assidu et prudente, Henriette bénéficie aussi de la confiance de son directeur au niveau des recettes. « Sa sincérité au niveau des recettes fait d’elle également une conductrice exemplaire »  confie-t-il avant de saluer son dévouement dans le travail. « Souvent quand Henriette finit sa ligne, elle embarque avec d’autres conducteurs pour faire le tour » a-t-il ajouté pour témoigner de l’engagement de la jeune femme. Du côté de ses collègues, c’est le même son de cloche. « Henriette est une femme travailleuse » lance un d’entre eux.

Ce que pensent les usagers du travail de la jeune conductrice….

Le directeur régional de la Sotraco/Bobo et les collègues de la jeune dame ne sont pas les seuls à apprécier son travail. Du côté des usagers, sa prudence sur la route est saluée.

Et pour constater cela de visu, nous embarquons avec elle le 10 août dernier. Comme d’habitude, la dame commence le travail à 6h pour finir à 13h dans la matinée. Et les soirs, de 13h à 21h30. Ce jour-là (le 10 août 2021), elle était au volant du bus n°03.

Avec ce bus, elle a en charge,  le transport des passagers désirant se rendre à Bobo 2010 ou tout autre secteur se trouvant sur le tronçon « gare Sotraco-Bobo 2010 ». Sur son trajet, une dizaine d’arrêts pour permettre aux passagers de descendre ou d’embarquer.

A l’intérieur du bus, les quelques passagers ne manquent pas de mots pour congratuler le travail de la jeune dame et ce, au regard de sa prudence mais aussi de son respect du code de la route. « Hummmm ! Elle au moins », s’exclame une femme âgée qui compare le travail de la jeune conductrice à celui d’un autre avec qui elle a embarqué 3 jours avant.

Et un homme assis à côté de cette dernière de corroborer ses dires. « Plusieurs fois,  je suis monté avec elle. Je puis dire qu’elle est vraiment professionnelle. Elle ne fait pas de vitesse et respecte à la lettre le code de la route » confirme-t-il et sa voisine de répliquer : « Les femmes sont toujours meilleures dans tout ce qu’elles font ». Tous éclatèrent de rire et c’est dans cette ambiance que nous arrivons à destination.

Sur la route, des difficultés n’en manquent pas. Comme tout autre métier, le métier de conductrice de bus en rencontre également. « A Bobo, les voies sont étroites. Les gens circulent mal. Voir une femme au volant, pousse certains à me rendre la tâche difficile » explique-t-elle.

Difficultés certes, mais rien ne peut entraver l’engagement de la conductrice à vivre sa passion. « Rien ne peut arrêter une personne déterminée mais surtout passionnée. C’est ce qui me permet d’avancer » rassure-t-elle. Avec son salaire de conductrice, Henriette est financièrement indépendante et mieux, arrive à venir en aide à ses parents. Henriette est donc l’illustration d’une femme battante qui doit inspirer les plus jeunes.

Esther Toé/stagiaire (ouest-info.net)

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