Hausse du prix des agrégats à Bobo: les raisons évoquées par les acteurs…

Les chauffeurs de camions bennes qui évoluent dans le secteur des agrégats de construction à Bobo-Dioulasso observent un arrêt de travail d’une semaine depuis ce lundi 08 février 2021. Ils évoquent comme raison à leur « grève », la nécessité d’un gain plus élevé pour faire face aux nombreuses dépenses liées à leur activité.

Selon les chiffres du décompte de leur bureau, ils seraient au nombre d’environ quatre cents à observer l’arrêt de travail qui doit durer jusqu’au lundi 15 février prochain.

Soumana SANOU, le président du bureau des conducteurs de bennes de la zone de Bobo et ses collègues ont informé les autorités compétentes dont la mairie, la police et la gendarmerie pour insister sur le caractère pacifique mais déterminé de leur démarche corporatiste. Ils ont décidé de faire une « grève » préliminaire à une hausse des prix de chargement du sable et autres agrégats dans la localité de Bobo-Dioulasso.

Soumana SANOU, président du bureau des conducteurs de bennes de la zone de Bobo

Et pour cause, les tracasseries policières, les « taxes » payées aux gendarmes pour chaque camion qui passe et maintenant « la somme de deux cents mille qu’il faudrait payer aux agents des eaux et forêts si votre véhicule est pris au passage interdit de la bifurcation au niveau de la forêt classée de Kua. » Cela devient trop pour leur « petit revenu ».

 Ils ont donc décidé, en partie pour avoir de quoi « se mettre en règle vis-à-vis de l’administration et emprunter librement le goudron », de procéder à une augmentation des prix de chargement des agrégats qu’ils revendent sur les chantiers de construction.

Du lieu d’extraction du sable par exemple jusqu’à la livraison par camion à leur client, la route est parsemée de dépenses diverses notamment le passage aux postes de polices et gendarmerie où il faut payer des sommes d’argent, pour une raison ou une autre.

Si ce n’est un « papier du véhicule » qui manque, c’est peut-être l’affiliation à une caisse d’épargne-retraite qui fait défaut. Dans ce cas, il faut nécessairement payer avant de passer. La dernière difficulté, c’est les agents des eaux et forêts qui se montrent intransigeants dans leur domaine face à des conducteurs qui, pour contourner les barrières policières, emprunte une bifurcation qui « rentre en pleine forêt « classée ».

« C’est interdit. Tout véhicule qui sera pris sur cette voie devra s’acquitter d’une amende de deux cents mille francs cfa ! » C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Estimant que cela était de  trop, les chauffeurs-revendeurs de sable et autres agrégats décident alors de marquer un arrêt de travail et fixer de nouveaux prix.

Le sable passe de 30 000 FCFA à  40 000 FCFA le chargement de véhicule « six roues » et de 50 à 75 000 FCFA pour les camions « dix roues ».  Les autres agrégats subiront la même logique de hausse des prix selon les chargements et la capacité du camion. Il s’agit notamment des pierres sauvages, graviers, etc. Tous les agrégats que transportent ces contractuels du transport de matériaux de construction sont concernés par l’augmentation des prix des chargements à livrer.

Le prix des agrégats pourrait connaître une hausse à Bobo-Dioulasso

Certains de ces transporteurs-revendeurs louent le camion, achètent le sable sur les sites d’extraction des villages environnants, le transportent sur des kilomètres, pour le revendre à des tiers sur divers chantiers.

Le nombre de chargement par jour peut varier, mais pas le prix du chargement sur le lieu d’extraction. Le chargement fait 6000 FCFA sans compter ce qu’il faut payer aux ouvriers chargeurs et aux propriétaires des lieux.

Après avoir payé la location du véhicule le cas échéant, il faudra aussi compter avec l’essence et la réparation en cas de panne. Alors, pour avoir de quoi faire face à toutes ces dépenses et espérer un bénéfice conséquent en fin de journée, les conducteurs de bennes n’ont pas eu le choix.

L’augmentation des prix est programmée, et cette grève en est le signal fort. Si la grève a été généralement  suivie après des hésitations aux premiers jours, reste à savoir si la nouvelle tarification sera respectée par tous sur le terrain.

Thomas Niger

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