Grippe aviaire au Burkina: Les aviculteurs souhaitent l’indemnisation de “tous les acteurs touchés”

Le coup d’Etat du 24 janvier 2022 est arrivé dans un contexte marqué par la réapparition de l’Influenza Aviaire Hautement Pathogène (IAHP) communément dit grippe aviaire dans l’élevage de volaille du Burkina Faso. L’assiette globale d’indemnisation décidée par le gouvernement déchu ne satisfait pas le Syndicat national des éleveurs du Faso (SNEF), car selon eux, elle ne vaut même pas 4 milliards de F CFA. Ni même la procédure d’éligibilité des élevages touchés par ce problème. Ce que les responsables du syndicat national des éleveurs ont présenté comme problème aux nouvelles autorités du pays, lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 3 février à Bobo- Dioulasso.

Par la voix du président du syndicat national des éleveurs du Faso (SNEF), les éleveurs de volaille du Burkina, disent ne plus savoir à quel saint se vouer ; leurs élevages n’ont jamais été autant menacés. Pire, le régime déchu n’avait prévue « aucune perspective » pour faire face à l’épidémie de grippe aviaire officiellement déclarée le 13 janvier dernier dans le pays.

A l’heure où le MPSR est en pleine concertation avec les forces vives en vue d’un redressement du pays, le SNEF a voulu en même temps signifier un certain nombre de difficultés, en rapport à ce problème de santé publique et même animal, aux nouvelles autorités.

Primo : le syndicat estime que les conditions citées par l’ancien régime pour prétendre à une indemnisation sont restrictives. Cette procédure ne prend pas en compte les cas où les poulets “meurent” d’eux-mêmes, même s’il s’agit des cas de grippe aviaire. Ainsi, tous ceux dont les poulets n’ont pas été abattus par les services techniques ne pourraient prétendre à aucune indemnisation.

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Les acteurs souhaitent donc la prise en compte de tous les acteurs qui seront touchés par la pandémie. Toutefois, proposent-ils des voies et moyens pour barrer la route aux esprits malins qui voudraient profiter de la situation. Il s’agit pour eux, de faire constater toute mort de volailles par les services techniques qui confirmeraient s’il s’agit effectivement de la grippe aviaire.

Secundo, les éleveurs jugent dérisoire l’assiette d’indemnisation arrêtée à moins de 4 milliards de F CFA « car insusceptible de couvrir les besoins de toute la chaine de valeur intervenant dans la filière ». 

Pour le syndicat, il y a comme, vu l’attitude du gouvernement qui vient de tomber, « un manque d’intérêt », voire « une désaffection de nos plus hautes autorités envers le secteur de l’élevage », quoique ce secteur soit la deuxième source de recettes d’exportation du Burkina, avec 18% de contribution au PIB.

Au Burkina le secteur avicole, singulièrement, vaut 46 millions de têtes, avec une consommation moyenne de 6 000 tonnes d’œufs par an, selon la FAO en 2018. L’aviculture vaut, selon la même étude, environ 6% du PIB agricole.

Jack Koné/Ouest-info.net

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