Grève à Twellium industrie : Un consensus trouvé, le travail reprend demain matin à 6h

Les travailleurs de Twellium industrie en grève ont été matés par la Police nationale dans la soirée du samedi 16 juillet 2022. Deuxième jour de ce mouvement d’humeur, cette répression policière a fait des blessés dont certains ont été évacués à l’hôpital Souro Sanou.

Débuté le 15 juillet 2022, la grève des travailleurs de Twellium Industrie est réprimée dans la soirée du samedi 16 juillet par des éléments de la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS). Cette répression a fait au moins quatre blessés.

Causes de la grève

Les travailleurs de l’unité de production de la boisson de marque “Planet” réclament de meilleures conditions de travail. Cette revendication a été précédée de démarches infructueuses avec les responsables de l’industrie selon Mahamadou Dao, délégué du personnel. 

Pour lui, les conditions de travail au sein de l’usine sont catastrophiques. Ce qui les pousse à cette grève illimitée avec une plate-forme revendicative comportant 22 points. De cette plate-forme, les travailleurs demandent entre autres une augmentation de salaire ; un traitement équitable entre employés sans distinction de race ; des vestiaires ; une infirmerie ; une cantine.

Mahamadou Dao souligne que le droit du travail n’est pas du tout respecté. “Il y a des gens qui travaillent 12h dans cette usine. D’autres même travaillent de 6h à 6h c’est-à-dire 24h. Et dans tout ça, on n’a pas droit aux primes des heures supplémentaires.

Pour le délégué du personnel, l’inspection du travail et la confédération générale des travailleurs (CGTB) de Bobo ont abandonné les travailleurs de Twellium industrie à leur triste sort.

Nos tentatives pour entrer en contact avec la direction de la société pour confirmer ou infirmer les dires du délégué du personnel furent vaines.

Répression de la grève avec des blessés évacués à l’hôpital Souro Sanou

Déterminés à obtenir gain de cause, les travailleurs ont fait le pied de grue près de 48h au sein de l’entreprise. Au cours de cette période des tentatives de rencontres d’échange entre les responsables du personnel et la direction ont avorté. En effet, les travailleurs tenaient à aller jusqu’au bout pendant que la direction tablait sur un caractère illégal de la grève.

Au fur et à mesure que le temps passait, l’atmosphère devenait de plus en plus lourde entre les protagonistes. Tiraillé entre intimidations, menaces et pression de toute sorte, Mahamadou Dao est resté droit dans ses bottes. C’est dans ce bras de fer visiblement engagé entre les deux camps que la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS) est arrivée sur le site aux environs de 18h30 du 16 juillet.

Leur mission est claire. Vider l’usine de ses travailleurs grévistes. Ces derniers restent campés sur leur position. S’engage alors une répression de la part des éléments de la CRS. Les grévistes sont mis hors de l’usine à coup de gaz lacrymogène.

Dans les courses poursuites, des travailleurs sont blessés. Ces derniers sont transportés au centre hospitalier universitaire souro Sanou pour une prise en charge. La répression ne démobilise pas les travailleurs. Ils restent mobilisés devant l’usine. Ils se concertent et décident de se disperser avec le mot d’ordre de se retrouver le lendemain matin devant l’usine pour poursuivre la lutte jusqu’à obtenir gain de cause.

Un consensus trouvé et le travail reprend demain matin

La matinée du dimanche 17 juillet 2022 a vu une mobilisation de travailleurs plus déterminés que jamais. La direction décide d’entamer de sérieuses négociations avec les représentants des travailleurs en présence de deux inspecteurs de travail.

De ces négociations, un consensus est trouvé. Des 22 points de revendication, ce sont seulement deux (02) points qui n’ont pas eu satisfaction notamment la transformation des contrats à durée déterminée (CDD) de certains travailleurs en contrat à durée indéterminé (CDI) et le cas du personnel sous-traitant auquel l’entreprise dit ne pas pouvoir donner de contrats.

Ainsi un procès-verbal de conciliation a été signé et Twellium industrie s’engage à appliquer dans les meilleurs délais les points de négociation accordés aux travailleurs. Le travail reprend donc dans la matinée de ce lundi 18 juillet 2022 à 6h00.

Abdoulaye Tienon/Ouest-info.net

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