Gestion du marché central de Bobo : les textes « violés par le maire » selon des commerçants

Des commerçants, membres du comité de gestion, organe délibérant de la structure de gestion des marchés (SGM) de Bobo-Dioulasso ont animé, ce jeudi 15 août 2019, une conférence de presse pour disent-ils, dénoncer ce qu’ils qualifient de velléités du maire Bourahima Sanou à vouloir contrôler la gestion du marché.

Ils sont sortis pour exprimer leur adhésion aux propos tenus par les conférenciers

Pour preuve, ils brandissent la délibération nº 2019-0018/CB/M/SG/DAG/Questure, de la commune portant création d’un Etablissement Public Local à caractère économique dénommé Structure de Gestion des Equipements et Infrastructures Marchands (SGEIM) en lieu et place de la SGM.

Une situation qui selon eux, viole les textes fondateurs de la SGM, structure en charge de la gestion du marché jusqu’en 2026. « A la réhabilitation du marché central de Bobo-Dioulasso en 2001, les commerçants de Bobo-Dioulasso que nous sommes, avons mobilisé la coquette somme de 1,6 milliards de fcfa et 50 millions comme capital social. C’est ainsi que l’AFD (Agence Française de Développement) et la commune de Bobo-Dioulasso ont décidé de créer une structure autonome avec une gestion concessionnaire de 25 ans qui coure de 2001 à 2026 » ont-ils rappelé.

De ce fait, ces commerçants disent ne pas comprendre la position du maire qui selon eux, tente par tous les moyens « de contrôler » la gestion de cette structure et ce, « en dépit des contrats qui lient cette structure à la commune ».

« Il est le maire de la commune et par conséquent, peut donner une orientation à la gestion de la chose publique. Mais pour le moment, qu’il attende 2026 pour reprendre sa chose » a signalé Moustapha Léga pour qui, la condition qui a prévalu à la matérialisation de la concession est que, « la mairie ne puisse pas s’ingérer dans la gestion de la structure ».

Pour lui, cette structure est la leur en aucun cas, le maire ne devrait, du moins pas avant 2026, la dissoudre. « Au sein de cette structure qui compte 17 membres, il ya 12 commerçants, 2 conseillers municipaux, un représentant du ministère du commerce, un représentant de la chambre de commerce et un représentant des finances. Au regard de la composition de la structure, il est clair qu’elle est la propriété des commerçants apporteurs de capital social, notre propriété » s’est-il insurgé.

Les « raisons » de la discorde

Pour les conférenciers, cette situation est la conséquence de leur volonté à vouloir comprendre la gestion financière de la boîte (SGM). « Le marché de Bobo engrange près de 300 millions par an. Depuis notre élection en 2017, l’ex directeur de la SGM, le sieur Barry Hamadou et son acolyte de maire de la commune de Bobo-Dioulasso, ont fait des pieds et des mains, pour nous empêcher de voir clair dans la gestion de cette manne financière » a martelé Moustapha Léga.

Moustapha Léga est aussi le SG de la CGM, l’organe délibérant de la SGM

Conscients des conséquents de ce bras de fer, les conférenciers tiennent à prendre l’opinion publique à témoin que si d’aventure, la SGM est dissoute au profit de la SGEIM, le maire Bourahima Sanou et son conseil municipal prendront l’entière responsabilité de ce qui découlera de cette « énième tentative de vouloir coûte que coûte saper l’activité commerciale dans la ville de Sya ».

Tout en invitant les plus hautes autorités du pays à prendre des mesures idoines pour éviter des troubles au sein du marché central de Bobo-Dioulasso (chose qui pourrait porter un sacré coup à cette paix déjà fragile au Burkina Faso), ces derniers n’excluent pas des manifestations si toutefois leur cri de cœur n’est pas entendu.

Jack Koné

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