Génération Yacouba Isaac Zida pour la patrie : “Nos objectifs ont été atteints à 50%”, Sayouba Ouédraogo

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Coordonnateur national de la « génération Yacouba Isaac Zida pour la patrie », il a, en 2019, avec d’autres camarades, sillonné le Burkina Faso pour non seulement appeler au retour de l’ancien premier ministre (de la transition) mais aussi souhaiter sa candidature à la présidentielle de 2020. Qu’est devenu ce mouvement ? Quelles sont les relations avec le MPS ? Quels sont ses projets ? Dans cette interview réalisée à Bobo-Dioulasso, Sayouba Ouédraogo, puisque c’est de lui qu’il s’agit, répond ! Lisez plutôt !

Ouest Info : Que devient le mouvement Yacouba Isaac Zida pour la Patrie?

Sayouba Ouédraogo : Le mouvement est toujours actif.  Toujours présent dans les 45 provinces du pays. Mais vue la situation de notre leader, on a essayé de prendre un peu de recul après les élections, pour mieux rebondir afin de se fixer de nouveaux objectifs. Actuellement, nous sommes en train de réactiver nos bases pour d’éventuels mots d’ordre de soutien à notre leader Yacouba Isaac Zida.

Ouest Info : Initialement, vous aviez pour objectif le retour au bercail de votre leader, Yacouba Isaac Zida. Ce qui ne fut pas. Etes-vous déçus ?

Sayouba Ouédraogo : Déçu ? Non. Nous avons compris sa position. Du reste, il faut rappeler que nous avions deux objectifs. Qu’il revienne au pays mais aussi être candidat aux élections présentielles. Il n’est certes pas venu mais il a été candidat. On peut donc dire que nos objectifs sont atteints à 50%. Il n’y a donc pas de raison d’être déçu. Nous nous préparons donc pour notre ultime objectif, à savoir son retour. Et nous avons foi quant à son retour, vue l’évolution de la situation, notamment la position actuelle du MPS.

Ouest Info : Au lancement du mouvement, vous aviez fait savoir que votre leader était la solution au terrorisme dont est victime le Burkina Faso depuis des années. Votre position a-t-elle évolué sur la question ?

Sayouba Ouédraogo : Nous sommes d’ailleurs confortés dans notre position au regard de la persistance du phénomène car nous sommes convaincus qu’il peut apporter beaucoup au pays au regard de son expertise sur les questions de sécurité. Avec les nouvelles alliances, nous pensons que notre leader va apporter sa touche à la recherche de la solution au problème. Ce serait encore mieux s’il est au pays.

Ouest Info : Alors que vous appeliez au retour de votre leader au pays pour se présenter à la présidentielle, un parti politique qui va naitre dans la foulée (MPS), va porter cette candidature que vous souhaitiez de tous vos vœux. Mais apparemment, vous n’avez jamais milité dans le parti.  Pourquo cela, quand on sait que vous aviez le même objectif.

Sayouba Ouédraogo : Bien sûr que nous avons milité. Juste que j’ai voulu être un simple militant qui n’occupe pas de poste de responsabilité. En restant dans la société civile, je peux continuer ma mission de veille citoyenne. Ce qui me permet de critiquer même le MPS si toutefois, on sent des dérapages. Sinon que je suis militant du MPS. Sauf qu’en âme et conscience, j’ai décidé de ne pas occuper de poste de responsabilité au sein du parti.

Ouest Info : On sait que vous n’avez pas été tendre avec le parti au pouvoir, le MPP. Aujourd’hui, vous êtes de la majorité présidentielle. Qu’est-ce que cela vous fait ?

Sayouba Ouédraogo : Ce sont des jeux politiques. Si cette alliance peut permettre de trouver une solution aux problèmes des burkinabè, tant mieux. Sinon effectivement, nous n’avons pas été tendres avec le pouvoir à un moment donné. Mais en politique, les alliances se font et se défont. Mais cela ne nous empêche pas de critiquer et nous allons continuer de le faire. La présence de notre parti dans la majorité nous pousse même à plus de critiques pour que les uns et les autres sachent que le combat que nous menons, c’est pour le bien du peuple et non pour un camp. Et nous pensons que notre présence à la majorité, ne sera pas un coup d’épée dans la mer.

Ouest Info : MPS/Unir-PS, que pensez-vous de cette fusion ?

Sayouba Ouédraogo : Nous souhaitons un bon vent à cette fusion. Nous espérons que de cette fusion, va naitre un grand parti qui pourra véritablement porter les aspirations du peuple burkinabè. Connaissant les deux leaders, à savoir Me Sankara et Yacouba Isaac Zida, nous pensons et nous avons la ferme conviction que cela est possible.

Ouest Info : Pensez-vous avoir eu raison de lancer ce mouvement ?

Sayouba Ouédraogo : Bien sûr. A part que nous n’avons pas atteint à 100% nos objectif, nous ne regrettons aucunement cette initiative. Du reste, au regard de l’engouement de la jeunesse burkinabè autour du mouvement, nous sommes convaincus que nous ne nous sommes pas trompés. Nous avons réussi à mobiliser la jeunesse autour d’un idéal. Et pour nous, cela est une fierté !

Ouest Info : Et si c’était à refaire ?

Sayouba Ouédraogo : Si c’était à refaire, on le referait à 100%.

Ouest Info : En 2019, vous avez crié haut et fort, la nécessité pour les gouvernants de trouver des solutions aux attaques. 3 ans après, la situation ne semble pas avoir évolué. Quelle lecture en faites-vous ?

Sayouba Ouédraogo et ses camarades lors des tournées

Sayouba Ouédraogo : Trop de laxisme. Cela est en partie, la résultante du fait qu’on ne met pas les hommes qu’il faut à la place qu’il faut. Il faut aussi doter les FDS de moyens conséquents à la hauteur de la situation. Nous sommes au regret de constater que dans certaines zones, les forces du mal prennent le dessus. Nous souhaitons vivement que le gouvernement prenne conscience de la situation pour trouver des solutions idoines qui passent par la nécessité de mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. La lutte contre le terrorisme passe aussi par la lutte contre la corruption. La bonne gouvernance, le désenclavement des zones touchées peuvent à mon humble avis, participer à la lutte contre les forces du mal.

Ouest Info : Du laxisme s’il y en a, ne pensez-vous pas en être aussi comptables quand on sait que vous êtes désormais de la majorité ?

Sayouba Ouédraogo : Oui, on peut le dire ainsi. Mais ne perdez pas de vue le fait que notre présence à la majorité ne date que de quelques mois seulement. Pas une manière de nous dédouaner mais c’est aussi une réalité. En si peu de temps, il est difficile que nous puissions contribuer à changer grande chose. Mais il y a lieu de critiquer pour qu’il y ait une prise de conscience. Si notre mouvement doit rester silencieux parce que le parti de notre leader est à la majorité, c’est aller à l’encontre de nos engagements. Nous souhaitons donc que le président du Faso fasse honnêtement appel au général Zida pour ses compétences que nous connaissons tous. Sans nier le fait que le parti de notre leader sera comptable de la situation du pays, nous allons toujours critiquer pour qu’on ne dise pas un jour, que nous avons failli à notre engagement.

Ouest Info : Est-ce à dire qu’on devra s’attendre à des actions de la part de votre mouvement dans les jours à venir ?

Sayouba Ouédraogo : En effet oui. Dans les jours à venir, il y aura des actions de la part de notre mouvement. Notre objectif principal actuel, c’est le retour de notre leader. Et pour cela, nous allons dans un bref délai, mener des actions dans ce sens. Nous allons ainsi mobiliser la jeunesse autour du mariage Unir-PS/MPS pour que nous puissions aboutir à cela.

Ouest Info : Quel bilan faites-vous, après quelques mois, de votre présence à la majorité ?

Sayouba Ouédraogo : Notre présence à la majorité a amené l’idée de la création d’un grand parti politique qui pourra réunir les burkinabè. C’est déjà une satisfaction pour nous, jeunes militants du parti. Nous attendons avec impatience la naissance de ce grand parti qui, pour nous, saura porter les aspirations des populations.

Ouest Info : On a pu constater que parallèlement à ce mouvement, vous venez de lancer un autre mouvement qui lui, est virtuel ! C’est quoi ce mouvement et quels sont ses objectifs ?

Sayouba Ouédraogo : C’est le BEM (Burkina en marche). C’est une plateforme que nous avons créée et qui regroupe des jeunes de toutes les couches sociales et de toutes les sensibilités. L’idée, c’est de permettre à ces deniers d’échanger entre eux pour voir quel pourrait être leur apport à la quête du bien-être des burkinabè. Pour le moment, nous sommes virtuels. Mais ce n’est pas exclus que nous devenons une association en vue de constituer une force de proposition.

Ouest Info : un mot de fin ?

Sayouba Ouédraogo : Oui. Mais je vais commencer par m’adresser à la jeunesse YIZP. J’en appelle à toutes celles et à tous ceux qui sont membres ou sympathisants de la génération Yacouba Isaac Zida pour la patrie de se tenir prêt car des mots d’ordre vont être lancés bientôt. Le silence étant une arme, nous allons les uns et les autres se tenir prêts  car un mot d’ordre sera bientôt lancé pour de nouveaux objectifs!

A l’endroit des autorités ; nous les encourageons à prendre des décisions qui pourront soulager le peuple burkinabè. Nous voulons d’une gouvernance vertueuse, qui va dans la vision de l’insurrection populaire. Il ne faudrait pas que le gouvernement nous amène à regretter notre insurrection.

A la jeunesse en général, nous invitons les uns et les autres à se donner la main. De l’opposition, de la majorité ou de la société civile, nous devrons comprendre que l’avenir de ce pays nous appartient et nous devons œuvrer de sorte à léguer un Burkina où il fait bon vivre à nos enfants et même à nos petits-enfants.

Propos recueillis par Jack Koné/Ouest-info.net

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