Fonds minier de développement local: les maires des communes minières exigent son opérationnalisation

Issaka Yaméogo, président du réseau des maires des communes minières du Burkina Faso

Le réseau des maires des communes minières du Burkina était face à la presse le vendredi 12 avril 2019 à Ouagadougou pour dénoncer le silence du gouvernement sur la-non opérationnalisation du fonds minier de développement local.

Mis en place en 2015 à la faveur de la relecture du code minier du Burkina, le Fonds minier de développement devrait être alimenté à hauteur de 1% du chiffre d’affaire annuel de chaque mine et par les redevances proportionnelles que reçoit l’Etat burkinabè auprès des sociétés minières, à en croire le président du réseau des maires des communes minières, Issaka Yaméogo, par ailleurs maire de Yalgo. C’est finalement le 23 janvier 2017 que le décret d’application de ce fonds a été adopté et jusqu’à présent n’est pas opérationnel, déplorent les conférenciers.

Saïdou Maïga, maire de la commune de Falangoutou

Ils estiment que ce dysfonctionnement relève de la responsabilité de l’Etat burkinabè et des sociétés minières. ‹‹Ce qui bloque est plus une question de mauvaise foi que toute autre chose. En effet les miniers en 2015, avaient accepté d’aller au code minier parce que le rapport de force ne leur était pas favorable. Mais après, certains d’entre eux ont voulu reculer prétextant qu’ils étaient en exploitation avant l’adoption du nouveau code minier. Ils disent aussi ne pas avoir confiance en l’Etat burkinabè et vont même jusqu’à dire qu’ils ont fait des investissements et qu’il faut déduire ces investissements dans le Fonds miniers qui du reste, est une obligation légale», a expliqué Saïdou Maïga, maire de la commune de Falangoutou.

A entendre Issaka Yaméogo, président dudit réseau, les réalisations faites par les sociétés minières dans le cadre de la Responsabilité sociale des entreprises (RSE) sont insignifiantes face aux pertes en tous genres des communautés. De même, poursuit-il, les réalisations faites dans le cadre des obligations légales ne seraient pas toujours de bonne qualité, ce qui compromet le développement local. En outre, dit-il, en dehors d’une partie des taxes superficiaires que l’Etat alloue à certaines collectivités territoriales pour appuyer le fonctionnement de ces collectivités et dont la plupart des maires ignorent qu’il s’agit de l’argent provenant de ces taxes, les communes ne bénéficieraient d’aucun avantage particulier du fait d’abriter un projet minier.

                                                             Les maires haussent le ton

C’est pourquoi, ces maires ont décidé à travers cette sortie médiatique, de rompre le silence pour réclamer ce qui revient de droit aux populations. A cet effet, ils exigent l’opérationnalisation rapide du fonds minier de développement local et la mise à disposition des ressources de ce fonds pour accélérer l’exécution des Plans communaux de développement, ce qui viendra contribuer à l’atteinte des objectifs du Plan national de développement économique et social (PNDES); le paiement intégral des sommes dues par chaque société minière soumise à la contribution au fonds minier de développement local; le paiement intégral des sommes dues par l’Etat au titre du fonds minier de développement local.

Une vue de maires à la conférence de presse

Toutefois, ces maires rejettent toute idée de déduction d’un montant quelconque pour les motifs que les sociétés minières auraient fait des investissements dans les communes dans la période de 2015 à 2019. «Le code minier n’a pas prévu un tel scénario et les autorités locales que nous sommes ne sauront participer à la violation des lois du pays›› soutien M. Yameogo et le maire Saïdou Maïga de conclure que ‹‹ce n’est pas parce qu’ils nous aiment que ces sociétés viennent vers nous et ce n’est pas parce que nous les aimons aussi que nous allons vers elles. C’est un partenariat gagnant-gagnant».

Wendlasida Savadogo, correspondant à Ouaga

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