Filière coton : le gouvernement prend des mesures « salvatrices »

Le conseil d’administration de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB) a animé, le lundi 10 juin 2019 à Bobo-Dioulasso, une conférence de presse en vue d’informer les producteurs de coton du Burkina et l’opinion publique des mesures d’accompagnement prises par l’Etat afin de soutenir les acteurs de la filière cotonnière et ce, dans une perspective de relance de la production cotonnière au Burkina Faso.

Ils ont dévoilés les mesures prises le gouvernement pour la relance de la filière coton au Burkina Faso

La filière coton se porte mal au Burkina Faso. Contrairement aux ambitions des producteurs de coton burkinabè, qui visaient 800 000 tonnes de coton graine, la production pour 2018-2019 s’établit à 434 717 tonnes, soit une baisse de 29% par rapport à la campagne écoulée. Ce qui conduit le Burkina Faso, 1er producteur de coton africain pendant plus d’une décennie, à occuper la 4ème place des producteurs sur le continent derrière le Bénin, le Mali et la Côte d’Ivoire.

Si cette situation de contreperformance a occasionné des impayés internes et externes et une forte baisse des revenus des producteurs, le gouvernement burkinabè, saisi par les acteurs de la filière, s’est vu obligé de venir au secours de cette importance filière qui contribue fortement au produit intérieur brut (PIB).

Bihoun Bambou, président de l’UNPCB

Après un travail en amont, il a donc été organisé à Ouagadougou du 11 au 13 mars dernier, l’atelier sur la « relance durable de la production cotonnière au Burkina ». « Après avoir passé en revue les principaux problèmes de la filière qui sont à la fois internes et externes, les échanges ont aussi permis de faire le diagnostic de la baisse de la productivité et de la production cotonnière », a Dao Sibiri Yaya, secrétaire général du conseil d’administration de l’UNPCB.

A la sortie de l’atelier, les principales recommandations se sont résumées autour des points suivant, selon le SG de l’UNPCB : mettre à la disposition des producteurs de la semence de qualité ; approvisionner les producteurs en intrants de bonne qualité ; voir à la baisse le prix des intrants à la portée des producteurs ; et fixer le prix du coton graine assez motivant et selon les prix des pays voisins.

« Un comité de haut niveau du suivi de la relance durable de la production cotonnière, composé des représentants de l’administration publique, des acteurs de la filière cotonnière a été mis en place » a également été mis en place.

Baisse du prix des intrants

Présidé par le ministère en charge du commerce, ce comité selon lui, a pour mission de relancer la filière cotonnière au bout des 3 prochaines campagnes agricoles. « Dans le cadre de la mise en œuvre de sa feuille de route, le comité a travaillé afin d’examiner la qualité des semences de coton destinées à la campagne agricole 2019/2020 et aussi, rassurer les producteurs avant de le début de ladite campagne », a dit le SG de l’UNPCB, avant d’ajouter que : « dans la perspectives d’un bon déroulement de la campagne cotonnière 2019/2020 et de permettre une relance durable de la production cotonnière, le gouvernement a examiné et adopté en conseil de ministres du 3 avril 2019, une réduction des prix de cession des engrais et des insecticides grâce à une subvention de 13,621 milliards de francs fca ».

Les producteurs sont venus s’imprégner des mesures prises par l’état pour les accompagner

Aussi informe-t-il que le prix d’achat plancher du coton graine a été augmenté à 265 fca/Kg et ce, avec un « soutien exceptionnel de l’état de 5fcfa/kg de coton graine ». Dans le même ordre d’idée de la relance de la production, a-t-il ajouté, « le gouvernement a octroyé une subvention de 11 milliards 331 millions 109 mille 008 fcfa en vue de l’apurement des impayés internes des producteurs enregistrés aux titre des campagnes 2017/2018 et 2018/2019 ».

Les mesures prises par le gouvernement en vue de donner un souffle nouveau à la filière coton, ont été salué par les acteurs. Pour eux, l’ensemble de ces mesures prises par le gouvernement et les sociétés cotonnières témoignent de la volonté de tous à créer les conditions favorables durables de la production cotonnière au Burkina Faso.

« Le prix est vraiment motivant », se réjouit Yacouba Koura, premier vice-président de l’UNPCB. Si Dieu nous gratifie d’une bonne pluviométrie rassure-t-il, « notre objectif qui est de 800 000 tonnes de coton graine sera atteint si les producteurs des 9000 GPC (groupements des producteurs de coton) produisent le coton cette année ».

Jack Traoré

image_pdfEn PDFimage_printImprimer le contenu

Laisser un commentaire