Filière anacarde : les opportunités de financements publics présentées aux producteurs de la Sissili

La tournée d’information et de sensibilisation sur les mécanismes de financements publics au profit des acteurs de la filière anacarde se poursuit. Après Bobo-Dioulasso et Banfora, ce sont les acteurs de la filière anacarde de la Sissili qui ont été informés, ce mardi 6 octobre 2020, des différentes initiatives prises par l’État burkinabè pour financer la filière anacarde. Cette occasion a été saisie par les différents acteurs qui n’ont pas marchandés leur participation.

Initiée par le Conseil burkinabè de l’anacarde (CBA) en collaboration avec l’AFP/PME, cette tournée d’information et de sensibilisation sur les mécanisme de financements publics au profit des acteurs de la filière anacarde a pour but de mettre à la disposition des acteurs dynamiques de la filière anacarde des informations relatives entre autres aux Fonds dégagés par l’État pour soutenir le développement de la filière, aux critères et conditions d’accès aux financements et aux mécanismes de garanties existants au Burkina Faso. Et pour ne rien rater de cette activité, les producteurs d’anacarde de la Sissili ont pris d’assaut la salle de conférence de la Mairie de Léo pour suivre les différentes communications prévues.

Les acteurs de la filière ont pris part aux échanges

Après une présentation du conseil burkinabè de l’anacarde, c’est Mamadou Dissa, représentant le Directeur général de l’AFP-PME qui a pris la parole pour présenter sa structure, les missions qui lui sont dévolues et les fonds disponibles à leur niveau pour les acteurs de la filière anacarde.

Mamadou Dissa a expliqué que l’AFP/PME est un établissement public de l’État qui travaille pour la promotion des Petites et moyennes entreprises au Burkina Faso. Elle met ainsi à la disposition des promoteurs et entrepreneurs des fonds assortis de garanties pour booster leur développement. Et suite à la pandémie de la covid-19 et ses impacts sur l’économie nationale, l’État burkinabè a pris des initiatives pour atténuer ses impacts.

C’est ainsi qu’un fonds de relance économique doté d’une somme de 100 milliards de franc cfa a été créé avec pour objectif de permettre aux entreprises de renouer avec la croissance.

Sur ces 100 milliards de franc cfa à repartir entre les différents fonds, l’AFP/PME a bénéficié de 4 milliards de franc cfa dont 3 milliards à utiliser en 2020 et 1 milliard en 2021.

Mamadou Dissa a indiqué que ce fonds devrait servir à financer les besoins en fonds de roulement et/ou en investissement des entreprises. Le montant maximal du prêt est de 60 millions de franc cfa pour un délai maximum de remboursement de 60 mois. Le taux d’intérêt a été fixé à 3,5% l’an.  Les domaines les plus privilégiés sont entre autres le tourisme, l’hôtellerie et surtout l’agriculture.

C’est pourquoi, Mamadou Dissa a invité les producteurs d’anacarde à approcher les services de l’AFP/PME pour bénéficier de leur accompagnement, surtout qu’ils évoluent dans un secteur jugé prioritaire par le Fonds.

Suite à la communication de l’AFP/PME, Yvette Sawadogo/Yabré du Fonds burkinabè pour le développement économique et social (FBDES) a fait savoir que sa structure a été créée en 1998 pour accompagner le développement du Burkina Faso en contribuant à dynamiser le secteur privé. Pour cela, le FBDES finance les entreprises ayant des projets innovants ayant un fort impact social.

Elle a par ailleurs fait savoir que le FBDES peut  financer également de la création d’entreprises pour peu qu’elles soient innovantes. Yvette Sawadogo a indiqué que le FBDES a conduit entre autres le programme Burkina Start-up et le programme Agrinova doté d’un fonds de 12 milliards de franc cfa destiné à financer les projets des structures agricoles.

Le FBDES a alors invité les producteurs d’anacarde ayant des projets innovants et pertinents a postulé pour le programme Burkina Start-Up au regard également de la capacité du FBDES à mettre dans un délai assez raisonnable les fonds à la disposition des entreprises.  

La garantie. C’est là une question qui donne du fil à retordre aux différents acteurs de la filière anacarde en particulier et aux promoteurs agricole en général. Pour apporter une solution à cette question, le Burkina Faso s’est doté d’une structure spécialisée dans la garantie : La SOFIGIB. La SOFIGIB était présente dans cette salle de la mairie de Léo pour présenter ses services aux acteurs de la filière anacarde.

La présentation a été faite par Wenoupa Gédéon, Analyste financier à la SOFIGIB. Il a expliqué que sa structure, créée en 2006, est présente pour faciliter l’accès au financement des promoteurs par les banques et les différents Fonds. Elle est là pour servir les promoteurs qui ont un projet pertinent, mais qui manquent de garantie pour rassurer leur Banque.

Dès lors, la SOFIGIB, après avoir analysé le dossier du soumissionnaire, prend sur elle la responsabilité d’apporter 70 % de garantie demandée par la Banque avant financement ; les 30 % restant sont à la charge du promoteur.

Relancer la filière anacarde pour son financement, c’est l’objectif de cette tournée

A l’issue des différentes présentations, s’en est suivi des échanges à bâtons rompus entre les producteurs d’anacardes et les différents communicateurs. Les échanges ont essentiellement tournés autour de la question de la garantie.

Les solutions proposées par la SOFIGIB sont jugés insuffisantes et les opportunités de financement présentées par l’AFP-PME et le FBDES butent sur la question de la garantie.

Mamadou Dissa a par ailleurs rappelé aux producteurs que la question de la garantie ne doit pas expliquer le fait qu’ils nourrissent une certaine méfiance vis-à-vis des fonds.

Il a fait savoir que la garantie est là pour une raison fondamentale: Celle de garantir la pérennité du fonds. Il a expliqué que les fonds étaient mis à la disposition des producteurs sans aucune garantie, mais les bénéficiaires ne remboursaient pas les prêts octroyés.  Cette situation a contribué à mettre à mal la pérennité des fonds.

Les producteurs ont salué l’initiative du Conseil burkinabè et de l’AFP-PME et ont pris l’engagement d’approcher les différentes structures pour être accompagnés.

Cheick Traoré (De retour de Léo)

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