Fêtes de fin d’année 2021 à Bobo: Les uns sont inquiets et les autres se frottent les mains

Les fêtes de fin d’année sont généralement des périodes de dépenses pour les chefs de ménages mais de bons chiffres d’affaires pour les opérateurs économiques. Ainsi après la fête de Noël, Ouest Info a décidé de prendre l’ambiance des préparatifs de la Saint Sylvestre et du nouvel an 2022. Mais le constat semble peu différent des autres années.

Il est 12h ce mardi 29 décembre 2021. Moussa Ouédraogo, gérant de la boutique Merveilles des enfants attend toujours des clients. Il n’y a qu’une cliente dans sa boutique, cliente qui discute avec la vendeuse à propos des articles. Le constat est là. Ce n’est vraiment pas l’affluence des grands jours comme d’habitude pendant les périodes de fin de fin d’année.

« Il n’y a vraiment pas d’affluence cette année avec la situation actuelle du pays. Déjà de notre côté pour commander les articles c’est très difficile avec la maladie à coronavirus. Les prix ont augmenté. Malgré cela, nous arrivons à avoir les produits mais les clients diminuent car les prix des articles ont augmenté. Certains même qui avaient l’habitude d’acheter chez moi passent maintenant et regardent simplement, sans s’approcher. Il y a aussi l’insécurité qui a démotivé les gens et beaucoup de gens n’ont pas la tête à la fête en ce moment. D’ailleurs, plus les années passent, plus les ventes chutent à l’approche des fêtes», explique Moussa Ouedraogo.

Spécialisé dans la vente des vêtements de fête pour enfants uniquement, Moussa assiste impuissant au changement de fréquence dans ses ventes en ces périodes de fêtes de fin d’année 2021.

Loin du commerce de Moussa, Léontine Bama et Lassina Sanou quant à eux se frottent les mains.  Les clients ne se font pas du tout rares à leur niveau. Pour Léontine, détentrice d’un salon de coiffure, jamais elle n’a eu autant de clientes que cette fin d’année 2021. « Cette année est pénible mais c’est mon gagne-pain. Je ne peux pas laisser tomber toutes ces femmes et ces fillettes que j’ai à coiffer. A l’accoutume,  nous travaillons de 8h à 19h, mais depuis quelques jours, à peine j’arrive à dormir ainsi que mes apprenties. Nous commençons maintenant à 6h et fermons le salon à 23h. C’est bientôt la fête du nouvel An et tout le monde court partout pour se faire belle».

Lassina Sanou est vendeur de viande de bœuf à quelques encablures du marché central de Bobo-Dioulasso. Ce dernier affirme que ni le coronavirus, ni la situation sécuritaire du pays n’ont impacté ses ventes. « Du matin jusqu’au soir, je peux recevoir des centaines d’acheteurs dans ma boucherie. Mon stock a triplé depuis quelques jours, et il s’épuise complètement chaque jour. Ç’a toujours été comme ça. Je pense que cela est dû au fait que le prix de la viande soit toujours abordable. Si les prix des céréales montent, ç’en est pas le cas pour la viande » se réjoui Lassina Sanou.

Du côté des clients, les fêtes sont de belles occasions pour se déstresser. Hors de question donc pour eux de trouver des alibis pour ne pas fêter.

Rosemonde Diao, cliente de la coiffeuse Clémentine prépare sa fête en grande pompe. Elle assure ne pas être influencée par la maladie à coronavirus. Pour elle, « les fêtes de fin d’année sont une occasion pour s’égayer et célébrer la nouvelle année. Il est donc primordial d’en profiter au maximum avant de faire face à la janviose, ou le mois de janvier avec ses difficultés, comme d’habitude » a fait savoir Rosemonde Diao.

De ce constat des préparatifs des fêtes de fin d’année 2021, si les uns indexent la double situation sécuritaire et sanitaire qui ont compliqué les choses, d’autres par contre sont restés résilients et décidé à faire face aux difficultés en fêtant au lieu de les laisser leur prendre le dessus.

Mais cette conception des choses ne peut qu’être admise que dans les grandes villes de Bobo-Dioulasso, de Ouagadougou et quelques autres où il y a une sécurité apparente. Sinon dans certaines régions du pays, les têtes et les cœurs sont plutôt à la survie et cela à cause de l’insécurité et de la famine qui profile à l’horizon. Comme quoi « celui qui a entendu parler du lion et celui qui a vu le lion n’ont pas la même manière de courir » dit-on.

Linda Maïssar Gueye/ Stagiaire.

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