FasoKooz : Déclaration sur “la mal-gouvernance notoire” dans les communes rurales

image_pdfimage_print

Ceci est une déclaration du Mouvement “Fasokooz” relative à l’emprisonnement du maire de la commune rurale de Fô et par delà tout, la gouvernance dans les communes rurales au Burkina Faso.

« Le Maire de Fô condamné à six mois de prison fermes pour célébrations irrégulières de mariages avec mandat de dépôt immédiat… ». C’est par ce titre d’un article de presse (Sidwaya) publié le mardi 29 juin 2021 que remontaient à l’opinion publique burkinabè, des nouvelles de la commune rurale de Fô dirigée par Monsieur Kassoum SANOU maire en poste depuis mai 2016.

En rappel, la commune de Fô est située à une centaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso, dans la province du Houet, région des Hauts-Bassins, sur l’axe Bobo-Faramana.

S’il y a des communes qui font honneur au processus de décentralisation à travers l’appropriation effective et la conduite vertueuse de sa mise en œuvre au profit des populations, il n’en est pas de même pour toutes. Et au nombre de ces communes rurales où la mauvaise gouvernance brillée de toutes ses dérives, il y a la commune de Fô. Une commune presque absente des radars de l’actualité et dont le nom ne fait surface qu’au travers des révélations aussi rocambolesques les unes que les autres.

Si ce n’est de détournement ou de malversations dans la gestion du patrimoine communal (foncier, recette fiscale, …) qu’il est question, il s’agit d’abus de pouvoir et d’influence pour manipuler et spolier les populations sans défense.

Cette fois-ci, de quoi s’agit-il ?

Une affaire de célébration irrégulière de mariages hors de son ressort territorial de Fô pour laquelle le maire Kassoum SANOU a été épinglé par la justice. Un flagrant délit qui lui a valu une comparution en audience correctionnelle le mardi 29 juin 2021 devant le TGI de Banfora.

Le maire Kassoum SANOU a été condamné à six mois de prison, une amende de 500 000 FCFA, le tout ferme,  et un mandat de dépôt a été décerné à l’audience.

FASOKOOZ salut cette sanction qui n’est que méritée. Nous félicitons et encourageons la justice à aller plus loin dans le rôle noble qui est le sien en assumant ainsi sa responsabilité pleine et entière vis à vis des nombreux délits et de leurs auteurs. Elle contribuera ainsi à décourager et même freiner les velléités de nos administrateurs sans foi ni loi, toute chose qui assainira la gouvernance à tous les niveaux : local ou national.

Au moment où certaines communes rurales de notre pays traversent les moments les plus tragiques de leur histoire et tout le Burkina Faso avec, il est inconcevable et inacceptable que dans d’autres communes rurales, les maires, au lieu de marquer leur solidarité avec leurs communes sœurs, n’ont aucun répit et s’adonnent à leur sport favori au quotidien : détournement, malversations, abus de pouvoir, spoliation, manipulations au grand dam des populations.

Depuis l’effectivité de la communalisation intégrale dans notre pays, les maires se succèdent dans la commune de Fô sans que rien ne bouge. Les uns et les autres ne rivalisant que dans la gabegie, l’accaparement des ressources et l’enrichissement illicite.

Après près de six ans de mandat, le bilan du conseil municipal sous l’impulsion du maire Kassoum SANOU est négatif. Aucun lotissement n’a été enregistré à ce jour. Le maire s’est fortement illustré comme affairiste dans la construction et la gestion des auberges et maquis dans d’autres communes délaissant du coup le développement de sa propre commune.

Toutes ces pratiques anciennes et nuisibles pour les communes rurales et particulièrement dans la commune rurale de Fô doivent impérativement cesser.

La condamnation à une peine de prison ferme du maire Kassoum SANOU est une première mais qui doit sonner le début de la fin de cette liberté prise par les responsables de nos exécutifs locaux dans la gestion de nos mairies.

C’est l’occasion pour FASOKOOZ d’interpeller les populations des secteurs et villages de la Commune de Fô (et en général de toutes les communes rurales du Burkina Faso) sur la prise de conscience et la jouissance de leurs droits de citoyens de la commune qui s’aligne sur leurs droits de citoyens burkinabè.

FASOKOOZ qui œuvre déjà pour l’éveil des consciences des populations locales et leur renforcement de capacités organisationnelles, continuera en accentuant ses actions dans le même sens en vue de l’émergence d’acteurs nouveaux du leadership local capables de mener la veille citoyenne et d’organiser si besoin en est, la pression citoyenne locale (interpellation, redevabilité); mais capables aussi de conduire efficacement et avec intégrité le développement local en occupant les différents postes dans la gouvernance locale (conseillers, maire, …).

Dans ce cadre et en prélude aux prochaines élections municipales prévues pour mai 2022, FASOKOOZ envisage des actions d’envergure allant de l’identification, la formation et le soutien de candidatures citoyennes indépendantes des citoyens connus et reconnus pour leur compétence et leur intégrité et proposés par les populations elles-mêmes et sur lesquelles leurs choix et leurs votes devront désormais être portés lors des consultations locales.

Afin d’éviter tout amalgame, FASOKOOZ tient à rappeler à l’opinion nationale qu’il n’est pas un parti politique et n’aspire pas à le devenir.

FASOKOOZ est un mouvement citoyen pour la cause du Faso qui vise à contribuer à l’avènement de la société burkinabè nouvelle et s’est donné pour mission d’œuvrer pour l’émergence d’une nouvelle génération d’acteurs de notre leadership à travers de nouveaux leaders du futur politiquement conscients, techniquement compétents et citoyennement responsables.

Fait à Ouagadougou le, 25 juillet 2021

Pour  le Bureau national/FASOKOOZ,

Le Président

Mussa Serge DAO

Abonnez-vous à notre newsletter
Entrez votre e-mail pour recevoir un récapitulatif quotidien de nos meilleures publications.