Fadouga II, le chef contesté de Banfora

Visiblement, les cœurs ne se sont toujours pas apaisés à Banfora. Puisque le chef traditionnel intronisé n’est toujours pas reconnu par ses détracteurs qui se disent prêts à aller jusqu’au bout de leur lutte. Alda Pascaline Diarma, une des petites-filles de l’avant-dernier chef sort de sa réserve pour dénoncer ce qu’elle appelle usurpation du trône.

Alda Pascaline Diarma, une des petites-filles de l’avant-dernier chef

Alors qu’il se disait légitime pour succéder au chef défunt, à sa grande surprise, Il s’est vu remplacé par le fils de ce dernier. Une situation normale a priori. Sauf que selon Sibiri Héma et ses partisans, la succession à la chefferie coutumière de Banfora se fait uniquement de frère en frère, et non pas de père en fils, comme l’aurait fait Aboubacar Gnambon Héma, autoproclamé chef et qui désormais répond au nom de Fadouga II.

Les partisans de Sibiri Héma refusent de reconnaitre l’autorité d’Aboubacar Gnambon Héma. Selon eux, il aurait eu entorse au règlement de la tradition depuis-même le règne du chef défunt Yoayé Héma, père d’Aboubacar Gnambon Héma et qui est décédé au cours du deuxième semestre de 2018.

Du coup, les ressortissants de Banfora se retrouvent divisés en deux camps, d’un côté les partisans de Sibiri Héma et de l’autre ceux d’Aboubacar Gnambon Héma dit Fadouga II. Une inimitié qui affecte même toute la province de la Comoé. Y compris même toutes les autres chefferies liées à celle de Banfora.

Depuis le 15 avril 2019, les rivalités entre les deux camps ne font qu’exacerber, l’on se regarde en chiens de faïence et certains-mêmes se disent prêts à aller à l’affrontement s’il le faut.

Le 15 avril 2019, en effet, le camp de Fadouga II a organisé une cérémonie à la cour royale, pour faire les funérailles de l’ancien chef. Toute chose qui suppose aussi une certaine intronisation de son fils. Cela n’a pas été du goût du camp d’en-face.

Visiblement, ils sont nombreux ceux qui se sentent indignés dans cette affaire. Même les chefs des différents villages rattachés qui, selon Alda Pascaline Diarma, la petite-fille de Sibiri Héma, refusent également de reconnaitre Aboubacar Gnambon Héma comme chef de Banfora.

Cette dame que nous avons rencontrée le jeudi 9 mai dernier, nous a expliqué que « l’usurpation du trône » s’est faite depuis-même l’accession au trône par le père d’Aboubacar Gnambon Héma, le dernier chef Yoayé Héma. Selon elle, celui-ci aurait fait un passage en force en 2003 pour remplacer Fadouga décédé en 2002. Alors qu’il n’était que le neveu de ce dernier.

Puisque la succession au trône de Banfora se fait uniquement de frère en frère, ni Yoayé Héma ni son fils Aboubacar Gnambon Héma ne devrait y prétendre, selon cette dame.Pour elle, le trône de Banfora revient uniquement à Sibiri Héma, frère de Fadouga (le premier), tous deux ses grand-pères à elle.

Mais dans cette situation le malheureux candidat, Sibiri Héma donc, en veut surtout à certains politiciens tapis dans l’ombre et qui auraient poussé au trône un des leurs, pour une histoire de vengeance. Ce que nous a confié également dame Alda Pascaline Diarma dont le langage est très amer contre ces derniers. Mais, pour une question d’éthique nous nous réservons de citer les noms de ceux qu’elle accuse.
Affaire à suivre…

Wourodini Sanou

image_pdfEn PDFimage_printImprimer le contenu

Une réflexion sur “Fadouga II, le chef contesté de Banfora

Laisser un commentaire