En attendant la mise en place des délégations spéciales : La commune de Bobo peine à payer ses 3 milliards de F CFA de dette

La commune de Bobo-Dioulasso, selon une source interne, devrait plus de 3 milliards FCFA à des entreprises privées. Juste parce que, comme partout ailleurs, les collectivités territoriales n’ont plus d’organes de délibération, depuis le coup d’Etat du 24 janvier. En effet, initialement prévues au plus tard le 08 février, les délégations spéciales tardent à voir le jour, bloquant ainsi, le fonctionnement normal des collectivités. Pourquoi ça traine donc ?

Le 1er février dernier en effet, la junte au pouvoir, qui venait de renverser le régime du président Roch Marc Christian Kaboré le 24 janvier, avait procédé à la dissolution des conseils des collectivités par décret. Tout en autorisant les chefs des circonscriptions administratives à assurer l’expédition des affaires courantes des collectivités, elle a annoncé dans la foulée, la mise en place des délégations spéciales, qui tiendront lieu d’organes délibérant. Mais, cela fait plus de deux (02) mois que les collectivités territoriales n’ont plus d’organes de délibération.

En attendant, les communes se meurent. Car ce retard, en plus de bloquer le fonctionnement normal des administrations locales, joue négativement sur les entreprises privées, fournisseurs de biens et services aux collectivités. « La situation est déjà suffisamment compliquée. On fait juste le strict minimum. Je crains surtout pour les créanciers des collectivités territoriales qui attendaient d’être payés pour finir d’autres chantiers entamés », regrette un cadre supérieur de l’administration.

En illustration, la commune de Bobo-Dioulasso, selon une source interne, devrait plus de 3 milliards FCFA à des entreprises privées. « Le Haut-commissaire qui assure l’expédition des affaires courantes ne peut, jusqu’à preuve du contraire, engager des actions dans ce domaine.  Et cette situation, en plus de provoquer ‘’la mort’’ de la commune, complique la situation des entreprises, donc, le développement local », se lamente notre cadre.

Pourquoi ce retard

Nombreuses raisons pourraient expliquer cela, selon diverses sources. D’abord, le processus de relecture du décret de 2013 qui définit la composition des délégations spéciales en vue « de corriger certaines imperfections », mais aussi, de prendre en compte la « vision de la junte » en matière de refondation.

Valable comme raison certes, mais la relecture d’un décret selon certains observateurs avisés, n’a pas besoin de tout ce temps. « On n’a pas besoin de 2 mois pour relire un décret. Il y a des techniciens pour cela. C’est un processus qui ne devrait pas trainer », lâche le cadre supérieur.

Pour ce dernier, la raison fondamentale de ce retard dans la mise en place des délégations spéciales se trouve ailleurs. « D’après ce qui se dit, les nouvelles autorités veulent d’abord, placer leurs hommes à la tête des circonscriptions administratives avant la mise en place des délégations spéciales. On devrait, dans les jours ou semaines à venir, assister à un grand mouvement de nominations des chefs de circonscriptions administratives (Hauts-commissaires et Préfets). L’idée, c’est de remplacer une bonne partie des civils, chefs de circonscriptions administratifs, par des FDS », explique-t-il.

Dans quel intérêt ? « Dans le but peut-être de contenter des FDS », tente-t-il d’expliquer, même s’il pense que les chefs de circonscriptions administratives en poste feraient l’affaire des collectivités, car, maitrisant déjà les dossiers pendants. « Ils seront rapidement plus opérationnels que ceux qui vont parachuter et qui ne connaissent pas les milieux », en est-il convaincu.

De toute façon, pour notre interlocuteur, il faut vite mettre en place les délégations spéciales pour éviter que les collectivités ne sombrent.

Jack Koné/Ouest-info.net

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