Embargo contre le Mali : Coup dur pour les commerçants de Bobo

L’embargo de la CEDEAO contre le Mali causera de sérieuses pertes à l’économie dans la région des Hauts- Bassins. Les transporteurs burkinabè qui desservent Bamako sont particulièrement éplorés par cette situation.

El hadj Amadé Sawadogo, le président régional du Haut conseil des transporteurs du Burkina, était tout désolé lorsque nous l’avons joint par téléphone dans la matinée du lundi 10 janvier 2022.

En effet, les sanctions issues du sommet conjoint CEDEAO- UEMOA du dimanche 9 janvier 2022 contre les autorités maliennes tombent, pour le moins, comme une volumineuse massue sur l’activité économique à Bobo- Dioulasso et ses alentours.

A peine les autorités burkinabè ont-elles autorisé la réouverture des frontières (1er décembre 2021) jusqu’alors fermées du fait de la COVID 19, voilà que l’embargo de la CEDEAO sur le Mali intervient pour encore étouffer les espoirs chez les opérateurs économiques bobolais et bamakois.

Le premier secteur à en pâtir est sans doute le transport. La région des Hauts- Bassins, à travers sa capitale Bobo-Dioulasso, représente un important carrefour en matière de commerce dans la sous-région région ouest- africaine. Et ce sont des millions de marchandises qui y transitent pour Bamako et Sikasso notamment.

El hadj Amadé Sawadogo

Selon El hadj Amadé Sawadogo, ils sont nombreux, ces commerçants maliens qui achètent le ciment du côté de Bobo- Dioulasso. Et pour ce faire, ils collaborent avec les opérateurs économiques bobolais pour transporter leurs marchandises. Les camions burkinabè sont également mis à contribution pour convoyer la graine de coton de Kara au Benin vers le Mali, fait savoir l’opérateur économique.

Ce qui représente également une importante plus-value pour les transporteurs burkinabè qui servent de pont entre commerçants béninois et maliens. Car, ce sont encore les camions burkinabè qui sont toujours utilisés pour amener la graine de coton du Benin au Mali, après avoir effectué leur déchargement de coton à Lomé. Cet embargo tombe sérieusement mal d’autant plus que, selon El hadj Amadé Sawadogo, c’est présentement la période de campagne.

« Nous avions pourtant salué la décision de réouverture des frontières. Nous avons même reçu la visite de responsables d’un syndicat de transporteurs maliens. Avec  ce syndicat nous étions même sur le point de nous organiser pour nous rencontrer à Sikasso en vue de la mise en place d’une convention de partenariat », a par ailleurs confié El hadj Amadé Sawadogo, obligé de se résigner face à cet embargo qui, au-delà même du transport causera énormément de chagrin dans les marchés de Bobo-Dioulasso ; inondés de produits venant du Mali (pagnes bazin, encens, thé et autres objets de parures).

Wourodini Sanou

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