Dr Mohamed Lamine Koné : « Nous avons des stratégies pour placer l’UPC comme première force politique dans le Houet »

A 35 ans, médecin de formation, le Dr Mohamed Lamine Koné, précédemment responsable des jeunes de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), section du Houet et premier vice-président de l’union nationale des jeunes du parti, a été porté à la tête de la section provinciale de l’UPC samedi 15 juin 2019. Son ambition, faire de l’UPC la première force politique au niveau de la province du Houet. Dans cette interview, le lionceau tacle le parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) et annonce « un coup KO » en faveur du candidat UPC en 2020, Zéphirin Diabré. Pour lui, le salut de la province du Houet, particulièrement la ville de Bobo-Dioulasso qui se trouvait dans l’offre politique de l’UPC en 2015, sera revue à la hausse en vue de redonner à la ville son lustre d’antan.

Ouest Info : Comment se porte l’UPC ?

Dr Mohamed Koné : L’UPC se porte très bien tant sur le plan national que provincial. Il y a deux ans nous étions allés pour la restructuration de toutes nos structures, hier c’était la mise en place de la nouvelle section. Nous allons donc continuer le travail déjà amorcé par nos devanciers et élargir la plate-forme de telle sorte que notre parti puisse avoir l’assentiment des populations de toute la province. C’est ce que je peux dire concernant l’état de santé du parti, il se porte à merveille.

Sous quel signe placez-vous votre mandat à la tête de la section ?

Ma candidature était partie sous le signe du renouveau et du rassemblement des militants et des sympathisants du parti autour de notre personne pour que nous puissions construire le parti. Parce que notre parti, l’UPC, est un grand parti qui a l’assentiment et la sympathie de bon nombre de Burkinabé. Ce qu’il faudra faire donc, c’est de s’organiser. En politique, selon nous, le plus important c’est l’organisation, pour aller loin ;en plus il faut être serein. Nous avons tout un plan d’action qui sera déroulé pour avoir un fichier assez large de sympathisants et militants du parti dans les arrondissements, dans les départements, dans les villages.

En tant que responsable actuel de l’UPC Houet, avez-vous un message particulier à l’endroit de vos militants ?

C’est d’abord un message de remerciement pour tous les militants et sympathisants de l’UPC qui nous ont fait confiance. Désormais le parti repose sur nos épaules. Nous allons travailler pour relever les défis. Je les invite surtout au rassemblement autour de l’essentiel pour que nous puissions effectivement dérouler notre vision et notre plan d’action, pour l’intérêt supérieur de notre parti. Dans notre vision, nous voulons travailler à ce que notre parti soit au premier rang dans le Houet. Dans ce sens, nous avons prévu de travailler avec les sensibilités coutumières, religieuses, avec toutes les couches de la localité. Comme je l’ai dit, on s’est déjà situé dans les départements, les arrondissements, les secteurs et les villages. Le travail sera d’avoir un bon sens de la coordination, un engagement, une disponibilité. Nous avons des stratégies assez profilées que nous allons mettre en place. Nous sommes sereins et confiants que ces stratégies vont permettre de placer notre parti comme première force politique dans le Houet.

Vous qui êtes de l’opposition, avez-vous le sentiment que le chef de l’Etat a respecté ses engagements à Bobo-Dioulasso et dans la province du Houet ?

En ce qui concerne la gouvernance actuelle, j’ai un sentiment d’insatisfaction, vu les propositions qui avaient été faites par le candidat Roch Marc Christian Kaboré en comparaison avec ce qui est sur le terrain. C’est vraiment un sentiment de déception. Quand on regarde, en termes de réalisations, Bobo-Dioulasso a été délaissée carrément. On ne peut pas dire de façon objective quels sont les chantiers qui ont été réalisés et qui ont permis aux Bobolais d’être satisfaits du parti au pouvoir. Personnellement, je pense que c’est un échec.

Vous de l’UPC, quelle serait donc la place Bobo dans votre gouvernance, au cas où votre candidat Zéphirin Diabré venait à être élu en 2020 ?

Déjà si vous prenez le programme de Zéphirin Diabré en 2015, Bobo-Dioulasso occupe une place de choix dans notre programme. En 2015 il Y avait déjà tout un chantier qu’on avait proposé aux Burkinabè de réaliser dans la province du Houet, au cas où notre champion arriverait au pouvoir. La province du Houet représente une priorité pour notre parti. Si en 2020 l’UPC arrive au pouvoir, la différence sera nette parce que les ambitions que nous avons pour Bobo, et l’intérêt même que nous avons pour cette ville, parce que nous connaissons la place de Bobo qui est un carrefour en Afrique de l’Ouest.

Mais êtes-vous rassurés de gagner les élections de 2020 ?

Oui, nous sommes très rassurés. Vu tout ce qui se passe dans le pays depuis l’accession du MPP au pouvoir. Tous les voyants sont rouges et les Burkinabè de façon générale sont déçus sur tous les plans, sur le plan économique comme sur celui du vivre ensemble. Depuis que notre pays existe, je ne pense pas qu’il a vécu des moments aussi troublants que pendant ces cinq dernières années. En tout cas, vu le travail que nous sommes en train de faire sur le terrain, nous pensons que toutes les chances sont de notre côté pour pouvoir conduire notre champion à Kosyam. Nous sommes confiants. Le coup KO en 2020 sera peut-être notre slogan sur le terrain. Avec le travail que nous effectuons sur le terrain, nous espérons également que les Burkinabè pourront placer leur confiance à notre champion, pour amener notre pays vers le chemin du développement vrai.

Pour les élections, on a souvent besoin des jeux d’alliance. Avec quels partis l’UPC compte s’allier en cas de ballotage ?

En tout cas l’opposition est en concertations. Mais comme notre objectif est de faire un coup KO, nous n’envisageons pas pour le moment une situation de ce genre. Nous sommes sereins. Mais au bon moment le parti va se réunir pour prendre les décisions qui vont s’imposer.

C’est déjà la période des précampagnes et au même moment, les candidatures se déclarent. Pensez-vous, par exemple que la candidature de Kadré Désiré Ouédraogo puisse chambouler le jeu ?

Nous sommes en république et tout citoyen a le droit de se présenter s’il a de l’ambition pour son pays. Moi personnellement je n’ai pas d’apriori concernant sa candidature, on lui souhaite bon vent. En tout cas, nous sommes sereins, nous ne pensons pas que la candidature de quiconque pourra nous faire trembler. Nous constatons effectivement qu’il n’y a pas mal de Burkinabé qui se sont déclarés candidats dans ces derniers moments. Cela dénote de la santé de la démocratie et de l’intérêt que les gens ont à vouloir développer notre pays avec des visions. Mais au niveau de l’UPC, nous sommes sereins et confiants pour 2020.

Un sujet qui fait couler beaucoup d’encre et de salive, la construction du futur CHU de Bobo. Un de vos cadres de parti, en l’occurrence Moussa Zerbo, dit ne pas être d’accord pour le choix du site de la forêt de Kua pour abriter ce centre. Dès lors il est sérieusement critiqué par une partie de la population par rapport à sa position. L’UPC est-elle d’accord avec lui ? Est-ce que le parti le soutient dans sa prise de position ?

De toutes les façons, concernant ce projet sur le site de la forêt de Kua, présentement nous attendons tous la décision du comité qui devra effectuer l’étude d’impact environnement. C’est dans ce sens que je pense que cette question est close pour l’instant.

Interview réalisée par Jack, Wourodini et retranscrite par AK

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