Déguerpissement à l’arrondissement 4: les misères d’une veuve

L’opération de déguerpissement qui a lieu au secteur 32 de Bobo a fait de nombreuses familles des sans-abris. Pour les victimes, cette situation est d’autant effroyable que la vie même semble s’arrêter pour certaines. Comme en témoigne la situation de cette veuve, Salamata…

L’opération a fait de nombreuses familles des sans-abris

Dame Salamata ne sait plus à quel saint se vouer. Depuis que le buldozer de la mairie a démoli sa maison, il y a huit jours, la sexagénaire et sa famille (4 filles, 4 petits-enafnts- des mineurs) dorment à la belle étoile. A la merci des intempéries, leur vie familiale est désormais sans aucune discrétion.

Ils habitent sous un nimier, les affaires déposées dans un méli-mélo, Salamata et sa famille passent le plus de leur temps à scruter avec désolation les ruines de leur maison; font leur cuisine et prennent leur repas sous ce nime, leur habitat de fortune.

Avec l’opération de déguerpissement lancé le 11 avril 2019 par les autorités de l’arrondissement n°4 de Bobo, les dizaines de familles dont les concessions ont été détruites au passage des bulldozer, sur les berges du marigot Kwa, au secteur n°32, vivent dans un profonds désarrois. Qui obligé désormais d’aller squatter chez un voisin chanceux et altruiste, ou bien chez un parent dans un autre quartier; qui encore à fouiller dans les détritus, quelques affaires ensevelies.

Pour qui d’autre, il faut tenter de récupérer les rares briques, briquettes, tôles ou chevrons, pouvant peut-être encore servir à quelque chose.
Toujours est-il qu’aucune construction ne devrait encore se faire sur les traces laissées par les machines. Selon les consignes du maire d’arrondissement, décidé à en finir avec les habitats illégaux sur ce site, une zone lotie mais qu’on dirait non-lotie.

Arnaque,marchandage,l’école des enfants en péril…

Malgré le fait qu’elle et sa famille sont installées depuis une vingtaine d’années sur le site, la veuve Salamata n’a pas eu la chance d’être attributaire de parcelle dans la zone. Infortune qu’elle lie à la disparition prématurée de son de mari et à son ignorance à elle, pour s’être laissé faire croire que rien ne pouvait lui arriver dans  »sa parcelle ».

Dame Salamata confie aussi avoir été victime d’une arnaque de la part de certains démarcheurs véreux. Elle aurait misé plusieurs fois beaucoup d’argent (elle en ignore aujourd’hui le montant), pour se rassurer de pouvoir garder  »sa parcelle ». Ce marchandage, dit-elle, aurait débuté depuis qu’elle a eu vent de l’entreprise du maire d’arrondissement de vouloir détruire les habitats anarchiques sur le site.

La famille de Dame Salamata n’a pas les moyens pour totalement se prendre en charge. Les membres de la famille font du petit commerce (vente de galettes, de fruits…) pour survivre. Et avec cette dernière situation qui lui est tombée dessus, dans la tête de la pauvre dame, aucune lumière ne semble lui indiquer où aller pour l’instant.

Que dire, sachant que la scolarité des enfants pourrait en prendre un coup? Aussi, Salamata et sa famille se sont résolues à rester sous leur nime, en attendant un hypothétique soutien providentiel.

Wourodini Sanou

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