Déduction des investissements des sociétés minières du fonds minier pour le développement local: le niet de Houndé 

Le maire de la commune minière de Houndé a initié dans la matinée du samedi 27 juillet 2019, une rencontre d’information et d’échanges avec les populations. Objectif, porter à leur connaissance le contenu d’une note du ministre des mines et des carrières adressée au président de l’association des municipalités du Burkina (AMBF).

Dissan Gnoumou Boureima a échangé avec ses administrés autour de la question

Dans cette note n°2019-241/MMC/SG/DAJC datée du 22 mars 2019, le ministre des mines Oumarou Idani, informait le président de l’AMBF de ce que l’état burkinabè entend signer avec les sociétés minières et ce dans la cadre de l’opérationnalisation du fonds minier pour le développement local adopté en 2015 par la transition, un protocole d’accord qui « porte modalités de contribution desdites sociétés au fonds ».

S’il venait à être signé, ce protocole d’accord prévoit « la déduction des investissements socio-économiques réalisés et attestés au profit des communes minière ainsi que des investissements déjà prévus et budgétisés ».

Autrement dit, les montants des investissements déjà réalisés ou prévus d’être réalisés par les sociétés minières au profit de leurs communes hôtes, seront déduits du fonds minier local pour le développement local qui représente 1% de leur chiffre d’affaire annuel, et ce, à compter de 2017, «  date de signature du décret d’application du fonds ».

A Houndé, cette note a du mal à passer ; car rejetée en bloc par les participants à cette rencontre d’échange avec le maire Dissan Boureima Gnoumou que sont essentiellement les coutumiers, les organisations de la société civile (OSC), les femmes, les religieux, les élus locaux, l’administration municipale.

Ces derniers se posent des questions sur les réelles motivations du ministre à prendre cette décision sur la déductibilité des investissements des sociétés minières sur le fonds minier alors que disent-ils, ces investissements sont des obligations qu’impose la responsabilité sociale des entreprises (RSE).

Révoltées, ces populations n’excluent pas des mouvements de protestation pour dénoncer ce qu’elles qualifient de « manœuvre des sociétés minières pour piller les ressources minières avec la complicité du gouvernement ».
B. Badjo/Houndé

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