Crise liée à la réalisation du barrage de Samendeni: des populations victimes d’actes de vandalisme réclament justice

Des populations des villages de Sadina et de Soungalodaga, affectées par la construction du barrage de Samendéni et victimes d’actes de vandalisme perpétrés les 29 et 30 décembre 2017, ont animé mardi 23 février 2021 à Bobo-Dioulasso, une conférence de presse pour non seulement disent-elles, réclamer justice mais aussi exprimer leur inquiétude quant à la méfiance qui s’installe entre les « victimes » et leurs « présumés bourreaux ».

Par cette conférence de presse animée avec le soutien du mouvement citoyen Y en a marre, ces populations, victimes de vandalisme depuis décembre 2017, ont voulu attirer l’attention des autorités du pays notamment judiciaires quant à la nécessité de donner une suite à cette affaire.

Les faits se sont, en effet, déroulés les 29 et 30 décembre 2017 dans les villages de Sadina et Soungalodaga ou les populations se sont affrontées. 

Cette crise, à entendre les conférenciers, a occasionné d’énormes dégâts : une dizaine de blessés, 22 motos et 5 vélos incendiés, des habitats détruits ont été enregistrés à l’époque selon eux. Les dégâts, à en croire les conférenciers, sont évalués à plusieurs dizaines de millions de FCFA.

Alors que les victimes attendent que justice leur soit rendu, sur le terrain, les choses semblent piétiner selon les conférenciers : « A la suite des interpellations qui s’en sont suivies, certains acteurs ont été placés sous mandat de dépôt. Trois jours plus tard, les uns ont été relaxés. Et une année après, le reste du groupe retrouvera la liberté. Ils rejoindront triomphalement et en fanfare leurs domiciles, comme pour narguer le camp d’en face ». Et depuis lors, les deux camps s’observent avec méfiance, selon les conférenciers du jour.

Une vue des victimes au point de presse

Cette situation à en croire ces derniers, n’est pas de nature à favoriser « le vivre ensemble dans ces villages où jadis les populations vivaient en parfaite harmonie ». « Celui qui a brûlé ma maison à l’époque, a construit de nouvelles maisons dans lesquelles il dort paisiblement pendant que moi je peine à m’en construire une. Comment voulez-vous que ce dernier et moi puissions être en de bons termes » a fustigé Dembélé Salia, un conseiller municipal de Sadina.

Et Sanogo Moussa qui a perdu sa moto dans cette crise d’ajouter : « Ma moto a été incendiée 9 jours après que je l’ai acheté. Celui qui l’a incendié circule aujourd’hui à moto pendant que moi je marche à pied. Pensez-vous que ce dernier et moi sommes capables d’être encore en de bons termes » !

Pour la cohésion, il faut que la justice se prononce sur cette affaire, clament-ils. « Avant cette crise, nous vivions en parfaite harmonie. Aujourd’hui, des chefs de familles se regardent en chien de faïence » ont-ils fait savoir.

Plus de trois (03) ans d’attente, les victimes, face à des journalistes, souhaitent qu’une suite soit donnée au dossier pour, disent-il éviter que la situation ne se détériore davantage dans ces deux villages. « Tant que la justice ne se prononce pas sur cette affaire, il serait difficile qu’on puisse vivre ensemble comme c’était le cas de par le passé », foi de Outtara Daouda, une victime des événements de décembre 2017.

Jack Koné/Ouest-info.net

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