Couvre-feu à Nouna : Ce « mal nécessaire » qui agace les populations

La province de la Kossi dans la région de la Boucle du Mouhoun connait depuis novembre 2019, un couvre-feu qui va de 19h à 6h du matin. Cette mesure suscitée par l’insécurité est toujours d’actualité. Ce qui n’est pas sans conséquences sur l’activité économique à Nouna, principale ville de la province. Un constat sur le terrain nous a permis de comprendre la situation.

Depuis novembre 2019, les habitants de la province de la Kossi ne sont plus libres de leurs mouvements au-delà de 19h. Pour cause, un couvre-feu décrété par le gouverneur de la région de la Boucle du Mouhoun dans certaines provinces de la région du fait de l’insécurité.

Ce couvre-feu qui va de 19h à 6h commence à inquiéter les habitants de la localité notamment celles du monde économique. Pour ces populations, cette mesure qui vise à restaurer la sécurité dans la province porte un coup à l’économie car elle limite les activités économiques qui, auparavant allaient jusqu’à 0h et même au delà.

L’interrogation la plus récurrente au sein des habitants est celle de savoir l’apport réel de cette mesure quand on sait que les déplacés internes dans la province continuent de se multiplier à cause des attaques terroristes.

Alors que la situation de couvre-feu qui visait le retour de la sécurité n’arrive pas non seulement à atteindre ses objectifs mais elle crée aussi une situation qui impacte négativement l’économie.

Toute chose qui exaspère les populations. Pour ces dernières, en plus de l’impact économique du couvre-feu, le vol des biens se multiplient à l’intérieur de la ville de Nouna. Hamidou Ouédraogo est boutiquier à Nouna.

A sa rencontre, nous l’avons trouvé dans sa boutique l’air déboussolé et en espérant que la mesure de couvre-feu prenne incessamment fin afin que leurs activités reprenne leur vitesse de croisière.

A la question de savoir l’appréciation qu’il fait du couvre-feu. Sans ambages, il répond: « le couvre-feu nous cause beaucoup de pertes. On sent déjà l’impact sur nos recettes. Nous sommes obligés de fermer à 18h pour ne pas se faire rattraper après 19h. Pourtant avant, nous pouvions vendre jusqu’à 00h. Mais pour nous, boutiquier encore c’est moins grave, imaginez un peu le cas de ceux dont les activités ne se font que la nuit. C’est certainement la catastrophe pour eux. Mais comme c’est pour notre sécurité nous ne pouvons que nous soumettre à cette décision. En tout état de cause, nous suggérons une révision des horaires pour nous permettre de mieux mener nos activités » a souhaité Hamidou Ouédraogo.

C’est ainsi que vivent la situation de couvre-feu par les habitants de Nouna depuis novembre 2019. Ainsi, beaucoup d’entre ces populations à l’instar de Hamidou Ouédraogo proposent que les horaires du couvre-feu soient revus.

Elles proposent pour la plupart un couvre-feu allant de 22h à 5h du matin en espérant que la paix revienne afin que toutes les activités reprennent leurs cours normal.

Adama Dama/ Nouna

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