Commande publique /Arcop : Il n’y a pas de « Mouta Mouta » avec l’Arcop dans la passation de marchés publics

L’Arcop (l’autorité de régulation de la commande publique)  reste une structure libre qui travaille en toute indépendance et en toute transparence pour que les passations de marchés publics se fassent dans les règles de l’art. C’est qu’a indiqué Dramane Milloho ce mercredi 14 octobre 2020 à Ouagadougou. C’était au cours d’une rencontre d’information et d’échange avec la presse autour de la question de la mauvaise exécution des travaux publics et sur le contenu du rapport d’activité 2019 de la nationale de la régulation des marchés publics.

Partager des informations relatives aux procédures de passation de marchés publics et échanger directement avec la presse pour lever certaines zones d’ombres relatives à la commande publique. Ce sont là, les objectifs de cette rencontre entre l’Arcop et les journalistes. Cette rencontre, présidée par le directeur général de l’Arcop Dramane Milloho, a été marquée par la présentation de trois communications suivies d’échange avec les hommes et femmes de média.

La première communication a été faite par Hervé Kafimbou. Dans sa communication, il est revenu sur les méthodes d’évaluation des offres dans les marchés publics. Il ressort de sa présentation que la procédure de passation de marchés publics est laborieuse car elle doit suivre une démarche rigoureuse afin de permettre à l’autorité contractante d’avoir la meilleure entreprise à même de pouvoir exécuter le marché auquel elle a soumissionné.

Hervé Kafimbou a expliqué que l’entreprise qui propose l’offre conforme la moins disante est privilégiée. Cependant, il indiqué qu’il ne s’agit pas pour une entreprise d’apporter une offre sous-évaluée dans le seul but de pouvoir décrocher le marché. Il existe des méthodes définies par les textes pour se rassurer que l’offre présentée est conforme et que les prix alléchants proposés peuvent effectivement permettre au bénéficiaire de pouvoir exécuter sans problème le marché.

La deuxième communication a été présentée par Tahirou Sanou, le Secrétaire permanent de l’Arcop. Malgré la rigueur appliquée dans l’attribution des marchés publics par l’Arcop, le constat est que ces marchés sont mal exécutés. Tahirou Sanou l’a relevé dans sa communication. Il explique que selon les acteurs intervenant dans le secteur du BTP par exemple, la faute est imputable certes aux entreprises bénéficiaires, mais aussi aux autorités contractantes qui ignorent bien souvent de prendre en compte des pans importants dans la mise en œuvre réussie d’un marché donné.

Pour contrer ce phénomène qui prend de l’ampleur, l’Arcop envisage de conduire une étude sur la mauvaise exécution des marchés publics afin de corriger les insuffisances et réussir les prochains projets.

Elle entend également renforcer le suivi-contrôle de l’exécution des travaux publics pour prévenir et corriger les insuffisances. En plus, l’Arcop envisage appliquer rigoureusement les dispositions répressives en vigueur afin d’inciter les entreprises bénéficiaires à s’engager sans réserve pour une meilleure exécution des marchés publics.

A la suite du Secrétaire permanent, c’est Amadou Consigui qui a présenté le rapport d’activité 2019 de l’Arcop aux journalistes. L’année 2019 aura été bien chargée pour l’Arcop, selon la présentation faite par le chargé de mission de l’institution. Plusieurs textes ont été modifiés pour une plus grande efficacité de l’institution et de nouveaux textes ont été adoptés pour servir le même but.

Une vue des journalistes à la rencontre d’échanges

L’Arcop aura également pris des dispositions pour renforcer les capacités de ses membres et de certaines structures publiques. Toujours au cours de cette année 2019, l’Arcop a conclut 4.769 marchés avec des entreprises privées pour un montant de 419.572.450.908 franc cfa.

                                  L’indépendance de l’Arcop en question

L’Arcop est-elle une structure réellement indépendante qui se trouve à équidistance des différentes entreprises soumissionnaires ? Cette question est revenue sous plusieurs formes lors des échanges avec les journalistes. Et sur cette question, le Président de l’Arcop est on ne peut plus clair. L’Arcop est une structure indépendante qui n’est sous aucune influence.

Il admet que le « nom de la commande publique est gâté », mais il ne s’agit que de persistants préjugés. Selon lui, aucun acteur politique n’a une mainmise sur son institution et aucun acteur politique ne peut peser de son poids pour qu’un marché soit attribué à X ou à Y.

Et d’ailleurs que lui-même en tant que Président de l’Arcop n’a aucune possibilité d’aider une entreprise à bénéficier d’un marché puisque les textes ne lui donnent aucunement pas cette possibilité.

Cheick Traoré /Ouest Info

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