Cités, communes et capitales du Burkina : Développer ou ne pas développer!

Ouagadougou et Bobo-Dioulasso : deux grandes villes africaines qui se ventent à juste titre d’un passé historique qui les oblige à répondre aux exigences d’une certaine forme de grandeur, au sens physique comme morale du terme. Ce n’est certes pas un hasard si les burkinabè ont décidé d’en faire leurs capitales. L’une politique, et l’autre économique même si cette perspective suscite sans cesse des critiques, parce que jugée irréelle sur le terrain.

« Bobo-Dioulasso est délaissé», entend-on dire souvent dans la faconde populaire de la citée des silures. On reproche aux politiciens successifs de ces dernières décennies d’avoir spolié la deuxième ville du pays des hommes intègres de tous ses arguments pouvant lui permettre de jouer pleinement son rôle de capitale régionale de l’ouest et de capitale économique du Burkina.

Et comme preuves, on cite quelques projets et entreprises déménagés ailleurs, alors qu’ils étaient initialement implantés, ou prévus pour être installés à Sya.  « Dans tous les pays du monde la capitale économique  est plus riche et plus présentable que la capitale politique! Comment se fait-il que c’est le contraire au Burkina Faso? Bobo-Dioulasso est victime des politiciens », s’énervait un candidat de l’opposition lors de la campagne de la dernière élection couplée…

De fait, il n’est de candidat lors de ces présidentielles-législatives qui ne soit allé dans ce sens en s’adressant à l’électorat bobolais, jusqu’au chef de file de l’opposition politique de l’époque, Zéphirin Diabré devenu depuis peu, ministre d’état chargé de la réconciliation et de la cohésion sociale: « Bobo-Dioulasso mérite mieux en matière de développement, et le désengagement politique est la cause première de son retard ».

Mais des progrès récents, on en a vu l’esquisse, du point de vue de la voirie, et de certaines réalisations infrastructurelles à venir, comme cet hôpital de référence qui a fait grand bruit avant de voir sa première pierre posée par le Premier ministre Christophe Dabiré.

On n’attend toujours que la deuxième pierre soit posée….L’actuel maire de Bobo-Dioulasso semble d’un certain atout pour la ville par son dynamisme, mais cet atout reste là, par manque de moyen, le déplorable handicap de cette cité à vocation sous-régionale depuis l’époque coloniale.

Bourahima Fabéré Sanou veut pousser sa ville vers sa grandeur méritée, mais comme une femme qui manque de force le jour de l’enfantement, la vision tarde à accoucher de concrètes réalisations de taille.

Comme Ouagadougou qui progresse tant bien bque mal, dont l’ancien maire aujourd’hui président du parti majoritaire est pris comme exemple par son Bourahima Sanou, l’actuel maire de Bobo-Dioulasso.

Du « grand Ouaga » au « grand Bobo »

Simon Compaoré est en effet le principal architecte de Ouagadougou du dernier quart de siècle sous la gouvernance du Président Compaoré. Mais ce qu’on ne devrait pas manquer de souligner à ce sujet, c’est le  »dynamisme entêté » de Simon Compaoré lorsqu’il dirigeait la ville de Ouagadougou.

Il fut l’architecte du  »Grand Ouaga » qui doit tout en tant que vision de développement communal à la base de ce qu’on voit actuellement dans la capitale burkinabè. Pour Simon Compaoré,  le slogan semblait être « développé la ville ou ne pas la développer ». 

Et s’il faut la développer, quels sont les sacrifices à consentir, quels sont  « les œufs à casser » contre l’avis des réfractaires installés pelle mêle et parfois dans un désordre qu’il faut résorber pour avancer!

Si Bobo-Dioulasso veut avancer, il faudra bien consentir à payer le même prix en sacrifices de rigueur et fermeté dans sa gestion et son administration. Que de plaintes pourtant face au travail des maires d’arrondissements… Parce qu’ils  « veulent arracher la terre des pauvres dans les non-lotis » au profit d’agences immobilières …

S’il y’a du vrai dans ces plaintes à cause des brebis galeuses aux transactions douteuses parmi ces « agences immobilières », force est de reconnaitre aussi qu’il faut bien passer par certains « déguerpissements » pour pouvoir avancer.

La municipalité bobolaise doit se montrer davantage ferme et professionnelle dans la gestion de ces questions foncières qui semblent être à l’image du mal de développement de la commune de Bobo-Dioulasso en général.

Ne pas léser les pauvres dans ces questions de parcelles, mais aussi ne pas céder au « terrorisme » de quelques groupuscules d’individus « parlant au nom des populations et qui nuisent sérieusement à de sérieuses réformes allant dans le sens du progrès de la citée et ses environnants.

Thomas Niger/collaborateur

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